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 <title>The Dominion - Vivien Jaboeuf</title>
 <link>http://www.dominionpaper.ca/taxonomy/term/212/0</link>
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 <title>L’immortel inconnu</title>
 <link>http://www.dominionpaper.ca/articles/1064</link>
 <description>&lt;fieldset class=&quot;fieldgroup group-content&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field field-type-text field-field-subhead&quot;&gt;
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                    Un portrait de l’arbre        &lt;/div&gt;
        &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
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                    &lt;p&gt;Omniprésent, géant ou miniature, millénaire avéré et témoin du temps, l’arbre est tout simplement l’un des éléments clefs de notre écosystème et de la construction des civilisations. Or, à en croire les biologistes, l’homme n’a pas encore rencontré cet être surprenant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La simple évocation de son nom induit instinctivement celui de bois, comme si l’arbre ne pouvait être utile que par son abattage. Un sort bien ironique puisque cette partie de son corps est déjà quasiment morte. Aveuglé par le visiblement utile, l’homme est passé à côté de l’arbre et de ses secrets. Si on échangeait alors un instant le dogme de l’ « arbre-tronc » contre un regard pausé sur la cime, les branches et les feuilles, où l’arbre garde un vrai trésor génétique et biochimique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, les chercheurs s’acharnent toujours à percer le mystère du code génétique de l’arbre. Une certitude, son génome est dix fois plus important que celui de l’homme et diffère dans chaque grande branche d’un même individu. Pour expliquer cet étonnant trait de caractère, Francis Hallé, biologiste et spécialiste de l’architecture des arbres, propose une hypothèse ingénieuse, mais impossible à vérifier : un arbre centenaire ou millénaire, bien sûr incapable de se mouvoir, s’adapterait aux changements climatiques en se transformant grâce à sa réserve génétique.&lt;/p&gt;
        &lt;/div&gt;
        &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
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            &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;
                    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Voir plus haut&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd’hui, la recherche de plante médicinale dans les forêts équatoriales s’effectue toujours au niveau du sous-bois alors que le filon biochimique se trouve bien perché. Pour s’en rapprocher, les chercheurs, avec l’aide d’ingénieurs, ont inventé le « radeau des cimes », une toile d’araignée mobile reposant sur la canopée. Leurs efforts ont été récompensés puisqu’ils y ont découvert une quantité cinq fois plus élevée de molécules actives, celles dont la médecine moderne raffole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce déplacement de valeur est remarquable car il donne à la cime un intérêt économique supérieur à celui du tronc. Prenez 500 kg de feuilles, elles repousseront en un mois ; couper le bois, vous n’aurez plus de forêt et un écosystème endommagé ou détruit. Selon F. Hallé, si les compagnies pharmaceutiques jetaient leur dévolu sur la canopée, les ressources en molécules actives seraient économiquement protégées.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mieux connaître l’arbre, c’est aussi découvrir sa personnalité et imaginer une entité timide, comme le chêne vert d’Europe. Celui-ci préfère garder un espace de 80 cm, une fente sinueuse et compliquée, entre sa couronne de feuilles et celle d’un congénère de la même espèce. Personne n’en connaît le fonctionnement ni l’utilité. On suppose seulement l’existence de sens et d’organes très développés.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos connaissances sur sa vie souterraine ne sont pas plus étendues, car aucun scientifique n’a pensé à déterrer un arbre pour en étudier vraiment le comportement. On sait malgré tout que les arbres correspondent chimiquement entre eux grâce à des champignons, les micorises, vivant en symbiose avec les racines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un être complexe, sensible, communicatif et doté d’un pouvoir presque surnaturel : le contrôle de sa propre pluie. Car une énigme se pose aux scientifiques : comment expliquer, en effet, la présence de forêts fortement arrosées jouxtant des milieux plus arides comme les savanes ? L’hypothèse des molécules volatiles libérées par l’arbre pour influencer la pluviométrie de son milieu de vie ne résulte encore que d’une vague idée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que l’homme soit incapable de comprendre le rôle joué par un être végétal aussi proche et essentiel est symptomatique de son ignorance vis-à-vis de son écosystème. F. Hallé s’en amuse avec talent : « Demandez au plus compétent des architectes de concevoir une tour de 60 mètres avec 20 hectares de surface à son sommet, des fondations de deux mètres de profondeur dans un sol meuble, il vous prendra pour un fou. Pourtant, il ne s’agit que d’un arbre… »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Texte inspiré d’un entretien de Radio Canada avec Francis Hallé.&lt;br /&gt;
A lire absolument : Francis Hallé, &lt;/em&gt;Plaidoyer pour l’arbre&lt;em&gt;, Editions Actes Sud, 2005.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
        &lt;/div&gt;
        &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
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                    &lt;a href=&quot;/images/1063&quot;&gt;Un portrait de l&amp;#039;arbre&lt;/a&gt;        &lt;/div&gt;
        &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/fieldset&gt;
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 <category domain="http://www.dominionpaper.ca/author/vivien_jaboeuf">Vivien Jaboeuf</category>
 <category domain="http://www.dominionpaper.ca/section/francais">Français</category>
 <pubDate>Sun, 12 Mar 2006 20:58:19 +0000</pubDate>
 <dc:creator>hillarybain</dc:creator>
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 <title>Le destin des Bushmen est en suspens</title>
 <link>http://www.dominionpaper.ca/francais/2006/02/01/le_destin_.html</link>
 <description>&lt;fieldset class=&quot;fieldgroup group-content&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field field-type-text field-field-subhead&quot;&gt;
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            &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;
                    Les bushmen luttent pour leur survie dans un proc&amp;amp;egrave;s intent&amp;amp;eacute; contre le gouvernement du Botswana        &lt;/div&gt;
        &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
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                    &lt;div class=&quot;imagebox&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;sesana-portrait_web.jpg&quot; src=&quot;http://dominionpaper.ca/img/environment/sesana-portrait_web.jpg&quot; width=&quot;250&quot; height=&quot;310&quot; /&gt;&lt;br /&gt;Roy Sesana, aussi connu sous le nom de Tobee Tcori, porte-parole et chef de file de l&#039;organisation First People of Kalahari&lt;/div&gt;&amp;laquo; Je me demande de quel d&amp;eacute;veloppement il s&#039;agit lorsque les gens vivent moins longtemps qu&#039;avant ? Le sida fait des ravages parmi nous. Nos enfants sont maltrait&amp;eacute;s dans les &amp;eacute;coles et ne veulent plus y aller. Certains d&#039;entre nous se prostituent. Nous n&#039;avons pas l&#039;autorisation de chasser. Les gens se battent entre eux par ennui et parce qu&#039;ils boivent. On commence &amp;agrave; constater des suicides. Nous n&#039;avions jamais vu cela. Cela fait mal &amp;agrave; dire. Est-ce cela le d&amp;eacute;veloppement ? &amp;raquo;

&lt;p&gt;Voici le triste constat dress&amp;eacute; par Roy Sesana, le porte-parole de First people of Kalahari (FPK), une organisation qui regroupe les Bushmen Gana et Gwi du Botswana, des populations de chasseurs-cueilleurs vivant dans le d&amp;eacute;sert du Kalahari depuis 20 000 ans. Lors d&#039;une visite de sensibilisation en Europe, R. Sesana a re&amp;ccedil;u &amp;agrave; Stockholm le Right Livelihood Award 2005, plus connu sous le nom de Prix Nobel Alternatif, pour sa &amp;laquo; d&amp;eacute;termination &amp;agrave; r&amp;eacute;sister &amp;agrave; l&#039;expulsion de leurs terres ancestrales &amp;raquo;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Une oppression qui date&lt;br /&gt;
&amp;laquo; La question de notre terre est depuis longtemps un enjeu de taille et les probl&amp;egrave;mes ont commenc&amp;eacute; dans les ann&amp;eacute;es 80. Le gouvernement du Botswana a tent&amp;eacute; de nous expulser de notre terre ancestrale, la r&amp;eacute;serve du Kalahari, et ses attaques se sont faites &amp;agrave; r&amp;eacute;p&amp;eacute;tition &amp;raquo;, rappelle le leader de FPK.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le combat des Bushmen s&#039;est intensifi&amp;eacute; en 1997 lorsque le gouvernement botswanais a d&amp;eacute;log&amp;eacute; 2 000 habitants de la R&amp;eacute;serve du Kalahari Centrale (CKGR) pour les installer dans les camps de Kaudwane, New Xade et Xere. La derni&amp;egrave;re expulsion massive s&#039;est produite en 2002, la m&amp;ecirc;me ann&amp;eacute;e o&amp;ugrave; le nombre de licences d&#039;exploration diamantif&amp;egrave;re a plus que tripl&amp;eacute; dans la r&amp;eacute;gion. Quelques 700 personnes vivant encore dans la r&amp;eacute;serve ont &amp;eacute;t&amp;eacute; envoy&amp;eacute;es de force vers ces camps de relocalisation, baptis&amp;eacute;s &amp;laquo; lieux de la mort &amp;raquo; par ses occupants.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Selon l&#039;organisation internationale Survival, tr&amp;egrave;s engag&amp;eacute;e dans la d&amp;eacute;fense des peuples autochtones, Gana et Gwi &amp;laquo; ont &amp;eacute;t&amp;eacute; arr&amp;ecirc;t&amp;eacute;s, battus, tortur&amp;eacute;s et interdits de chasse et de cueillette &amp;raquo;. Le 24 septembre dernier, les membres du FPK ont &amp;eacute;t&amp;eacute; emmen&amp;eacute;s et brutalis&amp;eacute;s par les forces de l&#039;ordre au moment m&amp;ecirc;me o&amp;ugrave; ils apprenaient l&#039;attribution du Prix Nobel Alternatif.&lt;/p&gt;

&lt;div class=&quot;imagebox&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;first-people-of-the-kalahar.jpg&quot; src=&quot;http://dominionpaper.ca/img/environment/first-people-of-the-kalahar.jpg&quot; width=&quot;250&quot; height=&quot;301&quot; /&gt;&lt;br /&gt;L&#039;organisation First People of the Kalahari (FPK) a &amp;eacute;t&amp;eacute; cr&amp;eacute;e en 1991 pour d&amp;eacute;fendre les droits de l&#039;homme et sp&amp;eacute;cialement le droit &amp;agrave; la terre&lt;/div&gt;Le gouvernement pris en d&amp;eacute;faut
Ce sont alors 248 expuls&amp;eacute;s qui ont plaid&amp;eacute; leur cause devant la Haute Cour de justice du Botswana &amp;agrave; partir de juillet 2004. Le gouvernement du pr&amp;eacute;sident Festus Mogae s&#039;est alors retrouv&amp;eacute; en position de d&amp;eacute;fense dans un son propre pays.

&lt;p&gt;Malgr&amp;eacute; les interruptions et les reports d&#039;audience, les t&amp;eacute;moignages et contre-interrogatoires ont tourn&amp;eacute; en faveur des Bushmen, d&amp;eacute;montrant que la d&amp;eacute;fense de l&#039;accus&amp;eacute; se basait sur de nombreux mensonges, contradictions, rapports fallacieux et attestations d&#039;experts corrompus.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Cons&amp;eacute;quence tangible de cette attitude mystificatrice, le principal avocat de la d&amp;eacute;fense et conseiller sp&amp;eacute;cial du pr&amp;eacute;sident Festus Mogae s&#039;est vu ordonn&amp;eacute; sa propre arrestation et incarc&amp;eacute;ration pour outrage &amp;agrave; la Cour. Celui-ci, refusant qu&#039;un officier de police porte la main sur lui, s&#039;est enfui &amp;agrave; l&#039;aide d&#039;un t&amp;eacute;moin cit&amp;eacute; par le gouvernement.&lt;/p&gt;

&lt;div class=&quot;imagebox&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;bushmen_web.jpg&quot; src=&quot;http://dominionpaper.ca/img/environment/bushmen_web.jpg&quot; width=&quot;250&quot; height=&quot;179&quot; /&gt;&lt;br /&gt;Dans la R&amp;eacute;serve du Kalahari Central, au Botswana&lt;/div&gt;Un rapport de force in&amp;eacute;gal
Le gouvernement, ne voulant &amp;eacute;pargner aucun moyen pour parvenir &amp;agrave; ses fins, a cherch&amp;eacute; &amp;agrave; d&amp;eacute;stabiliser ses accusateurs en employant des moyens de pression souvent ignobles et allant &amp;agrave; l&#039;encontre de la justice. Ainsi, le p&amp;eacute;rim&amp;egrave;tre de la r&amp;eacute;serve a &amp;eacute;t&amp;eacute; boucl&amp;eacute;, emp&amp;ecirc;chant toute communication, apport de soin et de nourriture. L&#039;approvisionnement en eau des derniers opposants &amp;agrave; la d&amp;eacute;portation a &amp;eacute;galement &amp;eacute;t&amp;eacute; coup&amp;eacute;. Malgr&amp;eacute; l&#039;autorisation de la Haute Cour, les avocats n&#039;ont pas pu consulter leurs clients rest&amp;eacute;s dans la r&amp;eacute;serve.

&lt;p&gt;Enfreignant la loi en vigueur, les autorit&amp;eacute;s locales ont supprim&amp;eacute; les permis de chasse qui permettaient aux habitants des camps d&#039;&amp;eacute;chapper &amp;agrave; une famine cruellement orchestr&amp;eacute;e par le gouvernement. De nombreuses personnes sont r&amp;eacute;guli&amp;egrave;rement arr&amp;ecirc;t&amp;eacute;es pour avoir outrepass&amp;eacute; cet ordre inique. En Juin dernier, sur le m&amp;ecirc;me motif, sept personnes ont &amp;eacute;t&amp;eacute; tortur&amp;eacute;es par des fonctionnaires du D&amp;eacute;partement de la faune et la flore dans le camp de relocalisation de Kaudwane. L&#039;un d&#039;entre eux, Selelo Tshiamo, a succomb&amp;eacute; &amp;agrave; ses blessures. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Sentant cependant le vent de la justice tourn&amp;eacute; en sa d&amp;eacute;faveur, le gouvernement a d&amp;eacute;cid&amp;eacute; de red&amp;eacute;finir les cartes du jeu en changeant, ni plus ni moins, la Constitution du pays. Le Parlement a alors vot&amp;eacute; un amendement supprimant une clause qui offrait une protection attentive de la R&amp;eacute;serve et de ses habitants et sur laquelle les Bushmen appuyaient leur cause.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Selon Stephen Corry, directeur de Survival International, &amp;laquo; le gouvernement affirme vouloir changer la Constitution afin de la rendre &amp;laquo; ethniquement neutre &amp;raquo;. En fait, supprimer cette clause revient &amp;agrave; retirer la seule protection constitutionnelle accord&amp;eacute;e &amp;agrave; un peuple d&amp;eacute;j&amp;agrave; tr&amp;egrave;s vuln&amp;eacute;rable au moment o&amp;ugrave; il en a le plus besoin. (&amp;hellip;) Tout cela confirme la tendance du gouvernement &amp;agrave; faire plier la loi et m&amp;ecirc;me la Constitution pour arriver &amp;agrave; ses fins &amp;raquo;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;En attente de justice&lt;br /&gt;
La tournure des &amp;eacute;v&amp;egrave;nements semble de mauvais augure pour les populations Bushmen du Kalahari d&#039;autant plus que les agressions et les menaces de mort &amp;agrave; leur encontre se sont intensifi&amp;eacute;es ces derniers mois. Les lenteurs et les &amp;eacute;garements de la Cour prolongeant le proc&amp;egrave;s le plus co&amp;ucirc;teux de l&#039;histoire du pays ne font qu&#039;ajouter &amp;agrave; leur interminable souffrance.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt; &amp;laquo; Si le gouvernement du Botswana ne revient pas rapidement &amp;agrave; la raison et (&amp;hellip;) si la Cour fl&amp;eacute;chit, ce proc&amp;egrave;s mettra un terme d&amp;eacute;finitif &amp;agrave; l&#039;existence des Bushmen gana et gwi. Leur dernier espoir repose probablement sur l&#039;opinion internationale, la plus Haute Cour qui soit &amp;raquo;, avertit S. Corry avec un pessimisme relatif.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Toutefois, les juges semblent faire preuve d&#039;impartialit&amp;eacute; en n&#039;&amp;eacute;cartant aucun t&amp;eacute;moignage et en refusant l&#039;attitude autoritaire de la d&amp;eacute;fense. Une r&amp;eacute;cente d&amp;eacute;cision de la Haute Cour allant dans le sens du retour des d&amp;eacute;plac&amp;eacute;s offre une lueur d&#039;espoir quant &amp;agrave; la suite du proc&amp;egrave;s. Un &amp;eacute;leveur et sa famille ont re&amp;ccedil;u l&#039;autorisation de rejoindre la R&amp;eacute;serve, de r&amp;eacute;cup&amp;eacute;rer leur troupeau de ch&amp;egrave;vres tout en ayant acc&amp;egrave;s &amp;agrave; l&#039;eau potable.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le proc&amp;egrave;s intent&amp;eacute; par les Bushmen au gouvernement du Botswana a &amp;eacute;t&amp;eacute; ajourn&amp;eacute; le 15 septembre jusqu&#039;en f&amp;eacute;vrier 2006 pour permettre aux Bushmen de r&amp;eacute;unir les fonds n&amp;eacute;cessaires &amp;agrave; la poursuite de leur action.&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;A para&amp;icirc;tre, le second volet de l&#039;article.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;        &lt;/div&gt;
        &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/fieldset&gt;
&lt;fieldset class=&quot;fieldgroup group-optional&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field field-type-text field-field-deck&quot;&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
            &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;
                    &lt;img alt=&quot;sesana-portrait_fp.jpg&quot; src=&quot;http://dominionpaper.ca/img/environment/sesana-portrait_fp.jpg&quot; width=&quot;230&quot; height=&quot;133&quot; /&gt;La lutte des Bushmen du Botswana pour leur terre et mode de vie arrive &amp;agrave; son point critique. Le Dominion tente de cerner les &amp;eacute;volutions de ce cas flagrant de non-respect des Droits fondamentaux des peuples autochtones.         &lt;/div&gt;
        &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/fieldset&gt;
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 <category domain="http://www.dominionpaper.ca/author/vivien_jaboeuf">Vivien Jaboeuf</category>
 <category domain="http://www.dominionpaper.ca/issue/33">33</category>
 <category domain="http://www.dominionpaper.ca/section/francais">Français</category>
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 <category domain="http://www.dominionpaper.ca/place/botswana">Botswana</category>
 <pubDate>Wed, 01 Feb 2006 22:20:02 +0000</pubDate>
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 <title>Génocide rwandais : La presse française au ban des accusés</title>
 <link>http://www.dominionpaper.ca/francais/2005/08/17/genocide_r.html</link>
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                    Entretien avec Jean-Paul Gouteux        &lt;/div&gt;
        &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
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                    &lt;p&gt;   Le rapport de la &lt;a href=&quot;http://www.enquete-citoyenne-rwanda.org&quot;&gt;Commission d&#039;enqu&amp;ecirc;te citoyenne&lt;/a&gt; sur le r&amp;ocirc;le de la France durant le g&amp;eacute;nocide rwandais L&#039;horreur qui nous prend au visage est paru en mars dernier. Il d&amp;eacute;nonce entre autres l&#039;implication fran&amp;ccedil;aise sur le plan m&amp;eacute;diatique. Jean-Paul Gouteux, sp&amp;eacute;cialiste de la question rwandaise, nous rappelle la tendance n&amp;eacute;ocolonialiste de la presse fran&amp;ccedil;aise en Afrique.&lt;/p&gt;

&lt;div class=&quot;imagebox&quot; style=&quot;width:auto; float:none; text-align:center;&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;rwanda1_web.jpg&quot; src=&quot;http://dominionpaper.ca/img/francais/rwanda1_web.jpg&quot; width=&quot;350&quot; height=&quot;242&quot; /&gt;&lt;br /&gt;Tribunal Gacaca. &lt;span class=&quot;photocredit&quot;&gt;Photographe: &lt;a href=&quot;http://www.juliepudlowski.com&quot;&gt;www.juliepudlowski.com&lt;/a&gt; &lt;/span&gt; &lt;/div&gt; &lt;strong&gt;Le Dominion : La plupart des m&amp;eacute;dias fran&amp;ccedil;ais ont d&amp;eacute;crit dans un premier temps le conflit rwandais de 1994 comme le r&amp;eacute;sultat de l&#039;exacerbation d&#039;un antagonisme culturel et s&amp;eacute;culaire entre Hutus et Tutsis. D&#039;un point de vue religieux, social, linguistique et historique, peut-on dire que Hutu et Tutsi font parties de deux ethnies distinctes ?&lt;/strong&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jean-Paul Gouteux :&lt;/strong&gt; Hutu et Tutsi sont des cat&amp;eacute;gories sociales, d&amp;eacute;termin&amp;eacute;es autrefois par leur activit&amp;eacute; socioprofessionnelle : &amp;eacute;levage pour les Tutsi, agriculture pour les Hutu. Ils parlent la m&amp;ecirc;me langue et ont la m&amp;ecirc;me culture. Aujourd&#039;hui cette distinction en agriculteurs et &amp;eacute;leveurs n&#039;a plus de sens. En revanche la vision racialiste des administrateurs coloniaux allemands, puis belges et surtout de l&#039;&amp;Eacute;glise catholique s&#039;est peu &amp;agrave; peu impos&amp;eacute;e. Ces cat&amp;eacute;gories ont &amp;eacute;t&amp;eacute; reprises par les colons belges, racialis&amp;eacute;es et inscrites sur les cartes d&#039;identit&amp;eacute;s rwandaises. Monseigneur Perraudin, repr&amp;eacute;sentant le Vatican au Rwanda, parlait des &amp;laquo; races &amp;raquo; hutu et tutsi. Il fut l&#039;un des initiateurs d&#039;une &amp;laquo; r&amp;eacute;volution &amp;raquo; sur fond ethnique qui &amp;agrave; conduit aux premiers massacres de la population civile tutsi au d&amp;eacute;but des ann&amp;eacute;es soixante.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Historiquement, les guerres qui ont permis d&#039;agrandir le royaume du Rwanda tout au long des si&amp;egrave;cles, opposaient l&#039;arm&amp;eacute;e rwandaise, comprenant Tutsi, Hutu et Twa &amp;agrave; d&#039;autres arm&amp;eacute;es des diff&amp;eacute;rents royaumes de la r&amp;eacute;gion. La tradition des conflits entre Hutu et Tutsi, pr&amp;eacute;sent&amp;eacute;e trivialement comme l&#039;explication du g&amp;eacute;nocide, n&#039;existe tout simplement pas, elle n&#039;est qu&#039;un des ingr&amp;eacute;dients de la propagande servant &amp;agrave; attiser ces conflits.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le soi-disant conflit ethnique fut donc une construction id&amp;eacute;ologique servant les fins politiques du gouvernement et des extr&amp;eacute;mistes de l&#039;&amp;eacute;poque ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;D&amp;eacute;signer un bouc &amp;eacute;missaire, en l&#039;occurrence la population civile tutsi, est &amp;eacute;minemment politique. C&#039;est une vieille recette us&amp;eacute;e jusqu&#039;&amp;agrave; la corde pas les populismes et les fascismes europ&amp;eacute;ens. Les deux r&amp;eacute;publiques hutu successives, la premi&amp;egrave;re domin&amp;eacute;e par des Hutu du centre, la seconde par des Hutu du nord, se sont largement servies de cette &amp;laquo; arme de manipulation massive &amp;raquo;. Avec l&#039;av&amp;egrave;nement du Hutu Power, mouvement raciste transcendant les partis politiques, cette d&amp;eacute;rive prit la forme du &amp;laquo; nazisme tropical &amp;raquo; que l&#039;on conna&amp;icirc;t et qui a abouti au g&amp;eacute;nocide de la population tutsi en 1994.&lt;/p&gt;

&lt;div class=&quot;imagebox&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;rwanda2_web.jpg&quot; src=&quot;http://dominionpaper.ca/img/francais/rwanda2_web.jpg&quot; width=&quot;250&quot; height=&quot;175&quot; /&gt;&lt;br /&gt;M&amp;eacute;morial. &lt;span class=&quot;photocredit&quot;&gt;Photographe: &lt;a href=&quot;http://www.juliepudlowski.com&quot;&gt;www.juliepudlowski.com&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;   &lt;/div&gt; La vision racialiste des colonisateurs a fini par &amp;ecirc;tre totalement int&amp;eacute;gr&amp;eacute;e par les intellectuels rwandais et certainement beaucoup moins par le menu peuple. Si les dirigeants pouvaient organiser p&amp;eacute;riodiquement des s&amp;eacute;ries de pogromes antitutsi en exacerbant la haine ethnique, c&#039;est parce que nombre d&#039;intellectuels hutu l&#039;acceptaient et trouvaient l&amp;agrave; le moyen d&#039;entretenir leur conviction et leur bonne conscience. Ce sont en effet ces intellectuels qui b&amp;eacute;n&amp;eacute;ficiaient de l&#039;exclusion des Tutsi de la comp&amp;eacute;tition pour les postes administratifs. Le jeu est donc complexe entre la manipulation du racisme par le pouvoir - qui permettait d&#039;occulter les probl&amp;egrave;mes sociaux en d&amp;eacute;signant un bouc &amp;eacute;missaire - et l&#039;acceptation ou la surench&amp;egrave;re de ceux qui en tiraient de petits privil&amp;egrave;ges.

&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Des victimes rwandaises du g&amp;eacute;nocide ont m&amp;ecirc;me saisi la justice fran&amp;ccedil;aise de plainte contre X. Pensez-vous sinc&amp;egrave;rement que des responsables fran&amp;ccedil;ais, politiques ou militaires, puissent un jour &amp;ecirc;tre jug&amp;eacute;s et que la France fassent des excuses publiques aux victimes du g&amp;eacute;nocide ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Je suis intimement persuad&amp;eacute; que la v&amp;eacute;rit&amp;eacute; sur un g&amp;eacute;nocide ne peut &amp;ecirc;tre totalement occult&amp;eacute;e. Le ph&amp;eacute;nom&amp;egrave;ne est trop grave et fait appel &amp;agrave; une conscience universelle, celle de l&#039;humanit&amp;eacute; tout enti&amp;egrave;re. Ceux qui pensent que leurs turpitudes politiques, parce qu&#039;elles se d&amp;eacute;roulaient dans &amp;laquo; le trou noir &amp;raquo; de l&#039;Afrique, &amp;laquo; au c&amp;oelig;ur des t&amp;eacute;n&amp;egrave;bres &amp;raquo; pour reprendre l&#039;expression de Joseph Conrad,  serait &amp;agrave; jamais m&amp;eacute;connu, se trompent.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Cette plainte de victimes rwandaises est donc d&#039;une importance fondamentale. Nous verrons bien dans la suite qui lui sera donn&amp;eacute;e o&amp;ugrave; en est l&#039;information et l&#039;&amp;eacute;tat des consciences en France sur ce drame, &amp;agrave; la fois des juges et de la population. Mais il y en aura d&#039;autres, comme il y aura d&#039;autres r&amp;eacute;v&amp;eacute;lations, toujours plus embarrassantes pour l&#039;&amp;Eacute;tat fran&amp;ccedil;ais.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dix ans apr&amp;egrave;s le g&amp;eacute;nocide et autant d&#039;ann&amp;eacute;es de d&amp;eacute;nonciation de la part des victimes et des associations militantes, la gravit&amp;eacute; de la complicit&amp;eacute; fran&amp;ccedil;aise commence seulement &amp;agrave; faire surface. Les m&amp;eacute;dias sont-ils pour beaucoup dans la lenteur de la sensibilisation du public et des politiques ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Pour ce qui concerne l&#039;Afrique, il y a une tradition journalistique qui est de limiter l&#039;information aux clich&amp;eacute;s ethniques, sans aucune analyse digne de ce nom et surtout de r&amp;eacute;percuter la politique africaine de la France sans aucune critique. Les m&amp;eacute;dias fran&amp;ccedil;ais ne s&#039;int&amp;eacute;ressent jamais aux questions de fond sur l&#039;Afrique. L&#039;image cultiv&amp;eacute;e est celle de l&#039;ethnicit&amp;eacute; et du tribalisme, c&#039;est-&amp;agrave;-dire qu&#039;ils ne parlent que de la forme et des moyens de ces manipulations politiques, jamais des manipulations politiques en elles-m&amp;ecirc;mes. En France les m&amp;eacute;dias restent ob&amp;eacute;issants et l&#039;opinion est toujours sous contr&amp;ocirc;le. Cela peut changer.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Il faut que l&#039;opinion europ&amp;eacute;enne s&#039;&amp;eacute;mancipe de l&#039;expertise fran&amp;ccedil;aise en ce qui concerne l&#039;Afrique. On peut consid&amp;eacute;rer deux cas de figure : ou l&#039;Europe refuse l&#039;h&amp;eacute;g&amp;eacute;monie des dirigeants fran&amp;ccedil;ais sur la politique africaine et constituera le moteur du changement de l&#039;opinion publique fran&amp;ccedil;aise, ou nos sp&amp;eacute;cialistes, les diplomates et leurs officines, parviennent &amp;agrave; la contr&amp;ocirc;ler, ce qui serait un sc&amp;eacute;nario catastrophe que l&#039;Afrique payerait tr&amp;egrave;s cher.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;En 1994, on &amp;eacute;tait en plein dans ce sch&amp;eacute;ma de d&amp;eacute;sinformation larv&amp;eacute;e. Il est r&amp;eacute;trospectivement accablant, devant l&#039;horreur et la dimension du drame qui s&#039;est d&amp;eacute;roul&amp;eacute; pendant trois mois au Rwanda, de relire la presse fran&amp;ccedil;aise de cette &amp;eacute;poque. La couverture a &amp;eacute;t&amp;eacute; minimaliste. Certes, la responsabilit&amp;eacute; de la presse a &amp;eacute;t&amp;eacute; ainsi engag&amp;eacute;e. Il y avait au moins deux fa&amp;ccedil;ons d&#039;emp&amp;ecirc;cher le drame. La premi&amp;egrave;re &amp;eacute;tait de r&amp;eacute;v&amp;eacute;ler l&#039;ampleur du crime d&amp;egrave;s avril 1994 et ainsi de susciter un mouvement d&#039;opinion pour arr&amp;ecirc;ter l&#039;intol&amp;eacute;rable. La seconde &amp;eacute;tait de r&amp;eacute;v&amp;eacute;ler l&#039;implication des autorit&amp;eacute;s fran&amp;ccedil;aises, qui auraient alors &amp;eacute;t&amp;eacute; oblig&amp;eacute;es de bloquer leurs alli&amp;eacute;s g&amp;eacute;nocidaires. Ni l&#039;un ni l&#039;autre n&#039;a &amp;eacute;t&amp;eacute; fait. La presse et les autres m&amp;eacute;dias fran&amp;ccedil;ais ont &amp;eacute;t&amp;eacute; au-dessous de tout, restant fid&amp;egrave;les &amp;agrave; leurs habitudes sur l&#039;Afrique.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Globalement, l&#039;information sur ce domaine en France reste toujours d&amp;eacute;sertifi&amp;eacute;e, limit&amp;eacute;e &amp;agrave; la langue de bois des discours officiels que critique, tr&amp;egrave;s mal, les incompr&amp;eacute;hensions de la presse contestataire. &lt;em&gt;&amp;laquo; C&#039;est le discours de &quot;la France, meilleure amie de l&#039;Afrique&quot;, &quot;plus grande donatrice&quot;, &quot;patrie des droits de l&#039;homme&quot;, &quot;avocate de l&#039;Afrique&quot;, tous ces slogans politico m&amp;eacute;diatiques que l&#039;on entend si souvent et qui ont encore une &amp;eacute;tonnante efficacit&amp;eacute; &amp;raquo;&lt;/em&gt; comme l&#039;explique Fran&amp;ccedil;ois-Xavier Verschave de l&#039;ONG &lt;a href=&quot;http://www.survie-France.org&quot;&gt;Survie&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Citons un exemple assez r&amp;eacute;cent, un entretien avec le r&amp;eacute;dacteur en chef de La lettre du Continent paru dans le journal contestataire fran&amp;ccedil;ais Charlie Hebdo du 23 f&amp;eacute;vrier 2005 et dont le titre r&amp;eacute;sume l&#039;essentiel du message de d&amp;eacute;sinformation : &lt;em&gt;&amp;laquo; La France n&#039;a plus les moyens de jouer les bons p&amp;egrave;res de famille en Afrique &amp;raquo;&lt;/em&gt;. La Lettre du continent est une publication bien renseign&amp;eacute;e, trop bien m&amp;ecirc;me, de toute &amp;eacute;vidence tr&amp;egrave;s proche des services secrets fran&amp;ccedil;ais et pour cela tr&amp;egrave;s pris&amp;eacute;e dans les milieux de la &lt;em&gt;&amp;laquo; Fran&amp;ccedil;afrique &amp;raquo;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Il semble aujourd&#039;hui que la situation change lentement, mais s&amp;ucirc;rement. Ainsi la r&amp;eacute;pression du pouvoir togolais contre la population civile qui s&#039;oppose &amp;agrave; son hold-up &amp;eacute;lectoral ne passe plus comme une lettre &amp;agrave; la poste. M&amp;ecirc;me RFI ne semble plus totalement contr&amp;ocirc;l&amp;eacute; par le pouvoir chiraquien, l&#039;information est beaucoup plus objective et les journalistes de cette radio ont protest&amp;eacute; contre la suppression du site Internet de RFI et des informations qui contrevenaient au soutien que Paris apporte toujours &amp;agrave; la dictature togolaise.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Dans votre livre,&lt;cite&gt; &lt;cite&gt;Le Monde&lt;/cite&gt;, un contre-pouvoir ?&lt;/cite&gt;, vous critiquez s&amp;eacute;v&amp;egrave;rement les m&amp;eacute;thodes de d&amp;eacute;sinformation et de manipulation sur le g&amp;eacute;nocide rwandais, et notamment l&#039;attitude malhonn&amp;ecirc;te des envoy&amp;eacute;s sp&amp;eacute;ciaux de l&#039;&amp;eacute;poque. Vous dites entre autres que &lt;em&gt;&amp;laquo; &lt;cite&gt;Le Monde&lt;/cite&gt;, en tant qu&#039;instrument docile [de la politique fran&amp;ccedil;aise de collaboration avec le Rwanda] a sa part de responsabilit&amp;eacute; dans l&#039;incompr&amp;eacute;hension des Fran&amp;ccedil;ais et leur passivit&amp;eacute; devant l&#039;horreur qui s&#039;accomplissait &amp;raquo;&lt;/em&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Les conclusions provisoires de la Commission d&#039;enqu&amp;ecirc;te citoyenne sur les m&amp;eacute;dias et id&amp;eacute;ologies nuancent leurs accusations. Je cite : &lt;em&gt;&amp;laquo; La plupart des envoy&amp;eacute;s sp&amp;eacute;ciaux ont fait leur travail et rapport&amp;eacute; les faits (...), ils n&#039;ont pas d&amp;eacute;guis&amp;eacute; la responsabilit&amp;eacute; de la France depuis 1990 &amp;raquo;&lt;/em&gt;, puis &lt;em&gt;&amp;laquo; Cependant, certains de ces envoy&amp;eacute;s sp&amp;eacute;ciaux, des &amp;eacute;ditorialistes et des r&amp;eacute;dactions parisiennes ont eu tendance &amp;agrave; r&amp;eacute;percuter le discours de diabolisation du FPR (...) &amp;raquo;&lt;/em&gt;. Souscrivez-vous &amp;agrave; cette analyse des faits ?&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Pas exactement. D&#039;abord je ne pense pas qu&#039;il y ait une &lt;em&gt;&amp;laquo; responsabilit&amp;eacute; de la France &amp;raquo;&lt;/em&gt;. Il s&#039;agit de diverses responsabilit&amp;eacute;s de dirigeants fran&amp;ccedil;ais, politiques et militaires, engag&amp;eacute;s dans une &amp;eacute;troite collaboration avec un &amp;Eacute;tat pr&amp;eacute;-g&amp;eacute;nocidaire, puis g&amp;eacute;nocidaire. Parler de &amp;laquo; La France &amp;raquo; &amp;eacute;vite simplement d&#039;avoir &amp;agrave; les identifier et d&#039;avoir &amp;agrave; analyser les responsabilit&amp;eacute;s de chacun. L&#039;utilisation de cette expression globalisante &amp;eacute;vite l&#039;analyse et r&amp;eacute;v&amp;egrave;le clairement les limites de cette commission, ou plut&amp;ocirc;t l&#039;intention de certains de ses membres, notamment ceux qui ont travaill&amp;eacute; sur le dossier m&amp;eacute;diatique. Mais heureusement les faits sont l&amp;agrave;, et ce sont eux qui ont eu le dernier mot.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;L&#039;occultation m&amp;eacute;diatique du g&amp;eacute;nocide a &amp;eacute;t&amp;eacute; tr&amp;egrave;s consensuelle et s&#039;est poursuivit jusqu&#039;en 1998. Elle a &amp;eacute;t&amp;eacute; bris&amp;eacute;e par la s&amp;eacute;rie d&#039;articles de Patrick de Saint-Exup&amp;eacute;ry publi&amp;eacute;e dans &lt;cite&gt;Le Figaro&lt;/cite&gt; au d&amp;eacute;but de 1998. Ces articles ont lib&amp;eacute;r&amp;eacute; la presse et provoqu&amp;eacute; imm&amp;eacute;diatement la mise sur pied d&#039;une Mission d&#039;information par le pouvoir fran&amp;ccedil;ais pour &amp;eacute;touffer le scandale. Il y a &amp;eacute;videmment des nuances sur la responsabilit&amp;eacute; de la presse. Relever comme je l&#039;ai fait la d&amp;eacute;sinformation dans un journal comme &lt;cite&gt;Le Monde&lt;/cite&gt; n&#039;emp&amp;ecirc;che pas de reconna&amp;icirc;tre qu&#039;il y a d&#039;excellents journalistes dans ce journal et qu&#039;il s&#039;y &amp;eacute;crit de tr&amp;egrave;s bons articles.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pensez-vous &amp;eacute;galement que la d&amp;eacute;sinformation a pour origine une discordance des points de vue entre journalistes et r&amp;eacute;dactions ou bien qu&#039;il s&#039;agit d&#039;un probl&amp;egrave;me de m&amp;eacute;connaissance du contexte historique, social et politique des &amp;eacute;v&amp;egrave;nements de l&#039;&amp;eacute;poque de la part des journalistes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Il est clair qu&#039;il existe un journalisme de connivence et une ind&amp;eacute;cente proximit&amp;eacute; entre hommes politiques et hommes de m&amp;eacute;dias, c&#039;est-&amp;agrave;-dire journalistes, r&amp;eacute;dacteurs en chefs, directeurs et propri&amp;eacute;taires. La connivence entre &lt;cite&gt;Le Monde&lt;/cite&gt; et le chef des services fran&amp;ccedil;ais, la DGSE, est m&amp;ecirc;me apparue au grand jour de l&#039;aveu m&amp;ecirc;me du directeur de la DGSE, Claude Silberzahn. Il &amp;eacute;crit que le directeur de ce journal, Jean-Marie Colombani, et son sp&amp;eacute;cialiste militaire, &amp;eacute;taient &amp;laquo; ses amis &amp;raquo; avec qui il &amp;laquo; complotait &amp;raquo; quelques bons coups m&amp;eacute;diatiques.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Mais d&#039;autres journalistes &amp;eacute;vitent de rentrer dans ce jeu, dangereux pour la libert&amp;eacute;, avec les officines du pouvoir. Corinne Lesnes par exemple a &amp;eacute;crit dans &lt;cite&gt;Le Monde&lt;/cite&gt;, en 1994 de tr&amp;egrave;s bons articles, s&#039;engageant dans l&#039;analyse et apportant ainsi des &amp;eacute;l&amp;eacute;ments indispensables pour la compr&amp;eacute;hension de la crise. Disons aussi, et je le tiens d&#039;une amie commune, qu&#039;elle a &amp;eacute;t&amp;eacute; censur&amp;eacute;e par sa r&amp;eacute;daction au point d&#039;en pleurer.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Il en est de m&amp;ecirc;me pour Agn&amp;egrave;s Rotivel, journaliste au journal chr&amp;eacute;tien La Croix. Elle l&#039;explique tr&amp;egrave;s bien elle-m&amp;ecirc;me : &lt;em&gt;&amp;laquo; Le probl&amp;egrave;me s&#039;est pos&amp;eacute; avec la r&amp;eacute;daction lorsque j&#039;ai ramen&amp;eacute; un papier sur l&#039;&amp;Eacute;glise au Rwanda, (&amp;hellip;) La Croix n&#039;a pas &amp;eacute;t&amp;eacute; capable d&#039;assumer cela jusqu&#039;au bout. C&#039;&amp;eacute;tait un article qui s&#039;appuyait sur des faits r&amp;eacute;els [&amp;eacute;voquant notamment Monseigneur Perraudin]. (&amp;hellip;). J&#039;&amp;eacute;tais tr&amp;egrave;s furieuse. Je lui ai dit [au r&amp;eacute;dacteur en chef] qu&#039;il fallait faire tr&amp;egrave;s attention, que l&#039;on avait affaire &amp;agrave; des pr&amp;ecirc;tres et que cela arrangeait tout &lt;cite&gt;Le Monde&lt;/cite&gt;  de voir les probl&amp;egrave;mes &amp;agrave; travers l&#039;ethnie. Cela arrangeait le gouvernement fran&amp;ccedil;ais et l&#039;&amp;Eacute;glise. Il ne s&#039;agissait que d&#039;une histoire de Tutsi et de Hutu. (&amp;hellip;) Mon texte est pass&amp;eacute; pendant que j&#039;&amp;eacute;tais absente. Le responsable du service religieux a censur&amp;eacute; mon papier d&#039;environ deux tiers. &amp;raquo;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Tous les journalistes n&#039;ont h&amp;eacute;las pas eu la m&amp;ecirc;me probit&amp;eacute;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jean-Paul gouteux est entomologiste &amp;agrave; l&#039;Institut fran&amp;ccedil;ais de Recherche pour le D&amp;eacute;veloppement (IRD). Il est l&#039;auteur de trois ouvrages majeurs et de nombreux articles sur le g&amp;eacute;nocide rwandais.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&amp;Agrave; lire :&lt;/strong&gt; &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;cite&gt;Un g&amp;eacute;nocide secret d&#039;&amp;Eacute;tat. La France au Rwanda 1990-1997.&lt;/cite&gt; Editions Sociales, 1998.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;cite&gt;Le Monde, un contre-pouvoir ? D&amp;eacute;sinformation et manipulation sur le g&amp;eacute;nocide rwandais.&lt;/cite&gt; L&#039;esprit Frappeur, 1999.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;cite&gt;Un g&amp;eacute;nocide sans importance. La Fran&amp;ccedil;afrique au Rwanda.&lt;/cite&gt; Editions Tahin-Party, 2001.&lt;/p&gt;        &lt;/div&gt;
        &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/fieldset&gt;
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 <category domain="http://www.dominionpaper.ca/author/vivien_jaboeuf">Vivien Jaboeuf</category>
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 <pubDate>Wed, 17 Aug 2005 11:31:32 +0000</pubDate>
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 <title>Pour une redéfinition des rapports entre Israéliens et Palestiniens</title>
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&lt;p&gt;Depuis juin 2004, ces jeunes Isra&amp;eacute;liens et Isra&amp;eacute;liennes ont fait conna&amp;icirc;tre, de fa&amp;ccedil;on anonyme,  leurs troublantes exp&amp;eacute;riences de service militaire par &amp;agrave; une exposition intitul&amp;eacute;e &lt;a href=&quot;http://www.breakingthesilence.org.il&quot;&gt;Breaking the silence&lt;/a&gt;. Celle-ci exhibe une soixantaine de photos accompagn&amp;eacute;es d&#039;enregistrements audio et vid&amp;eacute;o &amp;eacute;voquant les crimes et les abus commis principalement envers les habitants d&#039;H&amp;eacute;bron. Aujourd&#039;hui relay&amp;eacute; par la presse nationale et internationale, les t&amp;eacute;moignages de ces &amp;laquo; refuzniks &amp;raquo; de l&#039;occupation ont fait le tour d&#039;Isra&amp;euml;l et r&amp;eacute;veill&amp;eacute; les consciences. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&amp;laquo; Cette exposition n&#039;a rien de politique &amp;raquo;, car elle pr&amp;eacute;sente &amp;laquo; une part de ce qu&#039;il y a de plus fondamental, de plus humain, elle est une r&amp;eacute;flexion apr&amp;egrave;s coup &amp;raquo;, pr&amp;eacute;vient Y&amp;eacute;huda Shaul. Le catalyseur de l&#039;initiative est en effet une r&amp;eacute;volte individuelle et sinc&amp;egrave;re qui s&#039;affirme comme un retour p&amp;eacute;dagogique voire th&amp;eacute;rapeutique sur un &amp;eacute;tat de conditionnement mental collectif. &amp;laquo; Quand on est dans l&#039;action, on est incapable, on ne veut pas et on fait tout pour ne pas comprendre. On cr&amp;eacute;e une vraie muraille de silence pour ignorer la r&amp;eacute;alit&amp;eacute;, car si on en prenait conscience, on ne se l&amp;egrave;verait plus le matin. Et ce n&#039;est qu&#039;apr&amp;egrave;s avoir pris du recul par rapport &amp;agrave; nos actions qu&#039;on en comprend la gravit&amp;eacute; &amp;raquo;, atteste l&#039;ancien soldat.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cons&amp;eacute;quences de l&#039;occupation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Y. Shaul ne cherche pas &amp;agrave; discourir sur la l&amp;eacute;gitimit&amp;eacute; ou non de cette guerre, l&amp;agrave; n&#039;est pas son but. Ses observations partent d&#039;une r&amp;eacute;alit&amp;eacute; et de ses implications intrins&amp;egrave;ques : &amp;laquo; Dans une guerre, il y a des morts et des bless&amp;eacute;s, et ce n&#039;est pas facile &amp;agrave; assumer. Mais le vrai probl&amp;egrave;me est l&#039;influence d&#039;une occupation et le contr&amp;ocirc;le sur une population (palestinienne) et sur la morale et les sentiments de toute une g&amp;eacute;n&amp;eacute;ration (isra&amp;eacute;lienne). D&#039;un c&amp;ocirc;t&amp;eacute;, il y a la lutte contre le terrorisme, de l&#039;autre, la volont&amp;eacute; d&#039;imposer un pouvoir &amp;agrave; une population et ses effets sur notre soci&amp;eacute;t&amp;eacute; &amp;raquo;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Les intellectuels isra&amp;eacute;liens parlent de &amp;laquo; corruption morale &amp;raquo;, une expression critique qui d&amp;eacute;finit ici le d&amp;eacute;clin de la raison au profit d&#039;int&amp;eacute;r&amp;ecirc;ts ubuesques. Et d&#039;apr&amp;egrave;s Y. Shaul, cette corruption est le contrecoup de la guerre, &amp;laquo; un prix &amp;agrave; payer en terme de g&amp;eacute;n&amp;eacute;ration &amp;raquo;. &amp;laquo; Et sommes-nous pr&amp;ecirc;t &amp;agrave; le payer ? Si on me dit que mon fils frappe des vieilles dames ou casse les murs d&#039;une &amp;eacute;picerie pour se fournir en cigarettes, moi, je n&#039;ai plus rien &amp;agrave; lui dire. S&#039;il est pr&amp;ecirc;t &amp;agrave; le faire, le dialogue est termin&amp;eacute; entre nous &amp;raquo;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&amp;laquo; La soci&amp;eacute;t&amp;eacute; enti&amp;egrave;re est donc responsable &amp;raquo;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Qui doit endosser alors le r&amp;ocirc;le du coupable : l&#039;arm&amp;eacute;e, la soci&amp;eacute;t&amp;eacute; isra&amp;eacute;lienne, le gouvernement, les soldats ? Y. Shaul d&amp;eacute;voile alors la cible vis&amp;eacute;e par l&#039;exposition : &amp;laquo; Nous n&#039;accusons pas l&#039;arm&amp;eacute;e car elle est mise dans une situation o&amp;ugrave; elle peut am&amp;eacute;liorer les choses, &amp;eacute;viter certaines bavures, mais, en g&amp;eacute;n&amp;eacute;ral, les agissements de l&#039;arm&amp;eacute;e sont le r&amp;eacute;sultat d&#039;une politique. La soci&amp;eacute;t&amp;eacute; enti&amp;egrave;re est donc responsable, c&#039;est elle qui nous envoie et qui nous dit : faites le sale boulot l&amp;agrave;-bas, et lorsque vous revenez le jeudi soir pour votre permission surtout souriez, ne nous parlez pas de ce qui s&#039;y passe, on ne veut pas le savoir &amp;raquo;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Selon lui, ce refus de savoir, de comprendre et d&#039;accepter la r&amp;eacute;alit&amp;eacute; persiste m&amp;ecirc;me devant l&#039;&amp;eacute;vidence des faits et la puissance des t&amp;eacute;moignages des soldats. &amp;laquo; La r&amp;eacute;action de la soci&amp;eacute;t&amp;eacute; &amp;agrave; l&#039;&amp;eacute;gard de notre exposition est le d&amp;eacute;ni. Ils refusent d&#039;endosser la responsabilit&amp;eacute; des bavures en imaginant que leurs enfants ne feraient jamais ce genre de choses. Pour eux, ce ne sont que quelques salopards qui commettent ces crimes &amp;raquo;. Sachant que la prise de conscience est l&#039;&amp;eacute;tape la plus dure &amp;agrave; passer, Y. Shaul souhaite que la soci&amp;eacute;t&amp;eacute; puisse &amp;laquo; se regarder dans un miroir et voir son vrai visage &amp;raquo;. &amp;laquo; Et lorsque la m&amp;egrave;re embrasse son fils le jeudi soir, elle devrait savoir que ce m&amp;ecirc;me fils a donn&amp;eacute;, dimanche, une claque &amp;agrave; une vieille dame et s&#039;est fait photographier, lundi, avec des cadavres &amp;raquo;, poursuit-il.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&amp;laquo; La banalit&amp;eacute; est l&#039;enjeu central &amp;raquo;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&amp;laquo; C&#039;est le retour &amp;agrave; la banalit&amp;eacute; du mal &amp;raquo; souligne D. Mermet, l&#039;installation d&#039;un univers o&amp;ugrave; l&#039;homme perd tous ses acquis, ses rep&amp;egrave;res sociaux et humains qui lui permettaient d&#039;avoir sa propre justesse de raisonnement, une rectitude du comportement et de la morale. &amp;laquo; C&#039;est l&#039;impossibilit&amp;eacute; de voir et de comprendre la r&amp;eacute;alit&amp;eacute; dans laquelle on se trouve et de discerner le bien du mal. En entrant dans l&#039;arm&amp;eacute;e, toutes nos valeurs et id&amp;eacute;ologies disparaissent compl&amp;egrave;tement comme si on les avait mises dans un mixeur et m&amp;eacute;lang&amp;eacute;es. D&amp;egrave;s lors, le bien et le mal n&#039;ont plus aucune signification &amp;raquo;, d&amp;eacute;plore l&#039;ancien r&amp;eacute;serviste qui a servi &amp;agrave; H&amp;eacute;bron.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Pour lui, &amp;laquo; la banalit&amp;eacute; est l&#039;enjeu central. Apr&amp;egrave;s trois ann&amp;eacute;es dans l&#039;arm&amp;eacute;e, ce qui n&#039;&amp;eacute;tait pas banal, c&#039;est-&amp;agrave;-dire se faire photographier avec des cadavres, tirer n&#039;importe comment sur la  population, devient la routine. Tous ces vices suivent un processus d&#039;&amp;eacute;volution : on commence &amp;agrave; entrer dans les magasins pour prendre des cigarettes, au barrage on va piquer &amp;agrave; quelqu&#039;un son chapelet, puis ce sont des choses beaucoup plus graves comme le vol de mat&amp;eacute;riel &amp;eacute;lectronique, d&#039;ordinateurs. Ce qui &amp;eacute;tait au d&amp;eacute;part de simples bavures devient la norme. Et nous ne voulons pas voir cette norme se d&amp;eacute;velopper dans les territoires occup&amp;eacute;s &amp;raquo;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;L&#039;exposition d&amp;eacute;sire alors &amp;laquo; Briser le silence &amp;raquo;, comme briser l&#039;apparente banalit&amp;eacute; des photos qui cachent la pr&amp;eacute;sence des actes imbus de m&amp;eacute;pris, de violence, d&#039;humiliation et de vengeance d&amp;eacute;guis&amp;eacute;e. L&#039;une des photographies de l&#039;exposition pr&amp;eacute;sente une vue panoramique d&#039;un quartier de la ville d&#039;H&amp;eacute;bron, un clich&amp;eacute; dont l&#039;&amp;eacute;tonnante normalit&amp;eacute; visuelle refl&amp;egrave;te parfaitement le divorce mental entre le per&amp;ccedil;u et le r&amp;eacute;el. &amp;laquo; Cette photo est typique de notre exposition : si on ne conna&amp;icirc;t pas son histoire, elle n&#039;a aucune signification &amp;raquo;, avertit Y. Shaul. &amp;laquo; Celle-ci a &amp;eacute;t&amp;eacute; prise d&#039;une position de mitrailleur. Chaque fois que les Palestiniens tirent des coups de feu, on riposte. (&amp;hellip;) Le lance-grenades n&#039;est certainement pas une arme pr&amp;eacute;cise. En fonction de l&#039;attaque adverse tu corriges le tire un peu &amp;agrave; droite, plus en haut, pour arriver enfin &amp;agrave; l&#039;objectif. D&amp;egrave;s lors, tu commences &amp;agrave; arroser et tu pries au fond de ton c&amp;oelig;ur que personne n&#039;a &amp;eacute;t&amp;eacute; touch&amp;eacute;, mais tu n&#039;en sais absolument rien. Tu rentres dans un v&amp;eacute;ritable jeu. Tu t&#039;es entra&amp;icirc;n&amp;eacute; et tu attends le moment o&amp;ugrave; on va te donner l&#039;ordre de tirer ; tu prends ton pied, car c&#039;est pour &amp;ccedil;a que tu es l&amp;agrave;. Finalement, tu comprends et tu ne comprends pas &amp;agrave; la fois qu&#039;il y a quelque chose de vraiment tordu dans cette histoire &amp;raquo;. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Sur une autre photo, on aper&amp;ccedil;oit &amp;agrave; quelques m&amp;egrave;tres d&#039;un soldat isra&amp;eacute;lien deux jeunes Palestiniens accroupis, les yeux band&amp;eacute;s. Une image qui, selon le porte-parole du mouvement, raconte pour le mieux le message qu&#039;ils essayent de faire passer &amp;agrave; travers l&#039;exposition. &amp;laquo; Que se passe-t-il dans la routine du soldat ? &amp;raquo;, lance-t-il. &amp;laquo; Tu commences tous les soirs &amp;agrave; revenir avec ton butin : ton Palestinien, captur&amp;eacute; apr&amp;egrave;s avoir jet&amp;eacute; des pierres. Il devient alors une entit&amp;eacute;, il n&#039;est plus personne, tu n&#039;as pour lui aucun sentiment. Pendant que tu fumes et te reposes, lui, il va rester dans son coin durant 10 ou 12 heures. Tu joues aux cartes tranquillement et tu oublies compl&amp;egrave;tement qu&#039;il est l&amp;agrave;. &amp;Ccedil;a devient quelque chose de vraiment banal &amp;raquo;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un vent d&#039;espoir&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Touch&amp;eacute; dans son &amp;ecirc;tre, Y. Shaul t&amp;eacute;moigne de l&#039;&amp;eacute;tat de mutation de la personnalit&amp;eacute; dont sont l&#039;objet les soldats isra&amp;eacute;liens. Une pathologie inh&amp;eacute;rente &amp;agrave; la politique de domination qu&#039;il serait vain, selon lui, de taire : &amp;laquo; Une fois arriv&amp;eacute; l&amp;agrave;-bas, le fusil &amp;agrave; la main, tu commences &amp;agrave; changer, et, lorsque tu reviens au sein de la soci&amp;eacute;t&amp;eacute;, tu te retrouves transform&amp;eacute;. Quelles que soient tes opinions politiques et les formations ou initiatives initi&amp;eacute;es par le d&amp;eacute;partement de l&#039;&amp;eacute;ducation de l&#039;arm&amp;eacute;e rien ne peut arr&amp;ecirc;ter ce processus, car il est li&amp;eacute; &amp;agrave; la r&amp;eacute;alit&amp;eacute; de cette domination. Et aucune enqu&amp;ecirc;te qui tenterait de nous mettre en garde contre la divulgation de ce qui se passe l&amp;agrave;-bas ne changera cette r&amp;eacute;alit&amp;eacute; &amp;raquo;. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La prise de conscience mise en avant par Y. Shaul est inexorable et s&#039;affirme de jour en jour avec l&#039;aide de la presse et de la justice isra&amp;eacute;lienne. Parall&amp;egrave;lement, la popularit&amp;eacute; croissante des mouvements pacifistes des deux bords accompagne le processus de d&amp;eacute;colonisation entam&amp;eacute; par les autorit&amp;eacute;s officielles. Bien plus qu&#039;un plaidoyer pour un changement de la politique du gouvernement isra&amp;eacute;lien, cette exposition est une r&amp;eacute;flexion universelle sur la condition humaine et laisse entrevoir l&#039;&amp;eacute;mergence d&#039;un r&amp;eacute;el d&amp;eacute;sir de cohabitation entre les communaut&amp;eacute;s.&lt;/p&gt;        &lt;/div&gt;
        &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/fieldset&gt;
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 <category domain="http://www.dominionpaper.ca/author/vivien_jaboeuf">Vivien Jaboeuf</category>
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 <pubDate>Mon, 23 May 2005 23:45:11 +0000</pubDate>
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 <title>L&#039;invasion du mégot</title>
 <link>http://www.dominionpaper.ca/francais/2005/04/06/linvasion_.html</link>
 <description>&lt;fieldset class=&quot;fieldgroup group-content&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field field-type-text field-field-extended&quot;&gt;
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                    &lt;div class=&quot;imagebox&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;megot5.jpg&quot; src=&quot;http://dominionpaper.ca/img/francais/megot5.jpg&quot; width=&quot;250&quot; height=&quot;250&quot; /&gt;&lt;br /&gt;photo: Dru Oja Jay&lt;/div&gt; La cigarette est non seulement n&amp;eacute;faste pour la sant&amp;eacute; des fumeurs et de leur entourage, mais son r&amp;eacute;sidu, appel&amp;eacute; famili&amp;egrave;rement m&amp;eacute;got, cause &amp;eacute;galement de s&amp;eacute;rieux dommages dans le milieu aquatique, forestier et humain. Profond&amp;eacute;ment absent des th&amp;eacute;matiques environnementales, le m&amp;eacute;got est cependant un &amp;eacute;l&amp;eacute;ment constant de la d&amp;eacute;t&amp;eacute;rioration des &amp;eacute;cosyst&amp;egrave;mes et de la mise en p&amp;eacute;ril de la sant&amp;eacute; et de la s&amp;eacute;curit&amp;eacute; publique. A l&#039;heure du renforcement de la Loi sur le tabac au Qu&amp;eacute;bec, il est n&amp;eacute;cessaire que les autorit&amp;eacute;s s&#039;engagent d&amp;egrave;s maintenant dans une politique globale et efficace en reconsid&amp;eacute;rant les effets &amp;laquo; collat&amp;eacute;raux &amp;raquo; de la cigarette.

&lt;p&gt;La cigarette comme on la conna&amp;icirc;t aujourd&#039;hui a &amp;eacute;t&amp;eacute; invent&amp;eacute;e en 1560 par l&#039;ambassadeur de France &amp;agrave; Lisbonne Jean Nicot, mais ce n&#039;est que vers 1867 que la premi&amp;egrave;re machine &amp;agrave; cigarettes est apparue. Les premiers filtres ont &amp;eacute;t&amp;eacute; d&amp;eacute;velopp&amp;eacute;s avant la seconde guerre mondiale, vers 1930, et leur essor commercial a suivi les premiers travaux sur les dangers du tabac pour la sant&amp;eacute; dans les ann&amp;eacute;es 50. Apr&amp;egrave;s un pic historique de 9 millions de tonnes en 1997, la consommation mondiale de tabac avoisinait, en 2002, les 6 millions de tonnes. En 2001, les ventes de cigarettes (la majorit&amp;eacute; avec filtre) sur le march&amp;eacute; int&amp;eacute;rieur canadien d&amp;eacute;passaient la barre des 40 milliards d&#039;unit&amp;eacute;s. &lt;/p&gt;

&lt;div class=&quot;imagebox&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;megot3.jpg&quot; src=&quot;http://dominionpaper.ca/img/francais/megot3.jpg&quot; width=&quot;250&quot; height=&quot;250&quot; /&gt;&lt;/div&gt;  On retrouve d&amp;eacute;sormais le m&amp;eacute;got sous chacun de nos pas. Il a colonis&amp;eacute; le pavage des trottoirs, le seuil de nos portes, les sentiers des for&amp;ecirc;ts et le sable des plages. Partout o&amp;ugrave; l&#039;homme passe, le m&amp;eacute;got laisse son empreinte.

&lt;p&gt;&lt;h4&gt;Un nettoyage symptomatique&lt;/h4&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Cette invasion du m&amp;eacute;got n&#039;est pas unique en son genre car elle s&#039;int&amp;egrave;gre dans un large constat de pollution des &amp;eacute;cosyst&amp;egrave;mes parmi lesquels le milieu aquatique re&amp;ccedil;oit en permanence les effluents terrestres provenant des activit&amp;eacute;s humaines.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Pour sensibiliser les citoyens &amp;agrave; ce probl&amp;egrave;me, l&#039;Aquarium de Vancouver organise chaque ann&amp;eacute;e le &amp;laquo; Grand nettoyage des rives canadiennes &amp;raquo;, une initiative nationale incluant les 10 provinces et 3 territoires, et qui est raccord&amp;eacute;e &amp;agrave; un mouvement mondial de &amp;laquo; nettoyage de printemps &amp;raquo;.  Le ramassage de 2003 avait permis aux 20 000 b&amp;eacute;n&amp;eacute;voles de collecter environ 50 tonnes de d&amp;eacute;chets sur les 1 000 km de rivages parcourus. Un comptage minutieux des participants a r&amp;eacute;v&amp;eacute;l&amp;eacute; des chiffres &amp;eacute;tonnants : sur total de 213 000 objets recueillis, presque 160 000 &amp;eacute;taient des cigarettes ou des filtres de cigarettes.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;En vue de l&#039;ouverture du &amp;laquo; grand nettoyage &amp;raquo; de septembre 2004, des centaines d&#039;&amp;eacute;tudiants se sont r&amp;eacute;unis, en juin dernier, sur les plages de Vancouver et de Toronto. Les &amp;eacute;l&amp;egrave;ves ontariens ont ramass&amp;eacute; environ 10 000 m&amp;eacute;gots de cigarettes en moins d&#039;une heure, tandis que leurs coll&amp;egrave;gues de la Colombie Britannique ont collect&amp;eacute;, en aussi peu de temps, 38 kilos de d&amp;eacute;chets dont 2 100 m&amp;eacute;gots. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div class=&quot;imagebox&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;megot2.jpg&quot; src=&quot;http://dominionpaper.ca/img/francais/megot2.jpg&quot; width=&quot;250&quot; height=&quot;250&quot; /&gt;&lt;/div&gt;  Cette quantit&amp;eacute; impressionnante de m&amp;eacute;gots sur les rives canadiennes s&#039;explique par la d&amp;eacute;sinvolture des promeneurs, des rares baigneurs et des plaisanciers, mais surtout par le d&amp;eacute;versement, contr&amp;ocirc;l&amp;eacute; ou non, des &amp;eacute;gouts d&#039;eaux us&amp;eacute;es ou pluviales. Sa dur&amp;eacute;e de vie variant de 5 &amp;agrave; 10 ans, le m&amp;eacute;got a le temps de coloniser le milieu aquatique tr&amp;egrave;s loin en aval. Ainsi, on estime qu&#039;au moins 80 % des d&amp;eacute;chets marins proviennent de la terre via les r&amp;eacute;seaux de ruisseaux, rivi&amp;egrave;res, terres humides et lacs.  &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;h4&gt;Sympt&amp;ocirc;mes du m&amp;eacute;got&lt;/h4&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Face &amp;agrave; la duret&amp;eacute; des pollutions issues des rejets industriels et p&amp;eacute;troliers, des d&amp;eacute;chets domestiques, du ruissellement agricole et des mar&amp;eacute;es noires, l&#039;impact du m&amp;eacute;got sur le milieu aquatique semble d&amp;eacute;risoire. Cependant, l&#039;&amp;eacute;quilibre des &amp;eacute;cosyst&amp;egrave;mes est sensible &amp;agrave; toute intervention de l&#039;homme, et sa d&amp;eacute;t&amp;eacute;rioration s&#039;&amp;eacute;value &amp;agrave; long terme en prenant compte des moindres d&amp;eacute;tails, aussi insignifiants qu&#039;ils puissent para&amp;icirc;tre.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;De ce point de vue, Clean Ocean Action, une coalition qui travaille &amp;agrave; la protection des eaux de New York, consid&amp;egrave;re le m&amp;eacute;got comme un danger potentiel pouvant causer la mort d&#039;animaux par &amp;eacute;tranglement. Selon l&#039;organisation &amp;eacute;cologiste am&amp;eacute;ricaine Main county stormwater pollution prevention program, les oiseaux, les baleines et d&#039;autres cr&amp;eacute;atures marines peuvent succomber en avalant ce petit d&amp;eacute;tritus (en le confondant avec de la nourriture) dont les petites parties en plastique troublent le syst&amp;egrave;me digestif. Il convient &amp;eacute;galement de consid&amp;eacute;rer le m&amp;eacute;got comme un objet toxique car, selon les estimations de Ocean conservacy, le taux de nicotine captur&amp;eacute; dans 200 filtres est suffisant pour tuer un &amp;ecirc;tre humain. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Outre cette nicotine, le filtre est constitu&amp;eacute; d&#039;un m&amp;eacute;lange complexe appel&amp;eacute; goudrons dans lequel se dissimule plus de 4000 mol&amp;eacute;cules dont une cinquantaine est canc&amp;eacute;rog&amp;egrave;ne . Les risques d&#039;empoisonnement, de troubles digestifs et de probl&amp;egrave;mes intestinaux sont importants chez les personnes atteintes d&#039;un ph&amp;eacute;nom&amp;egrave;ne appel&amp;eacute; Pica. Il est d&amp;eacute;fini en tant que &amp;laquo; mourir d&#039;envie compulsive de manger, de m&amp;acirc;cher ou de l&amp;eacute;cher des substances &amp;raquo; qui ne sont pas d&#039;origine alimentaire. Comportement maladif chez l&#039;adulte, il est assez fr&amp;eacute;quent chez les femmes enceintes et les enfants de moins de trois ans, mais peut persister chez ceux qui souffrent de carences nutritionnelles, d&#039;un retard mental, d&#039;autisme ou d&#039;autres probl&amp;egrave;mes de d&amp;eacute;veloppement.  &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Ainsi, l&#039;enfant qui joue dans les airs de jeux ext&amp;eacute;rieurs (carr&amp;eacute;s de sable, plages, parcs) risque fort d&#039;avaler des restes de cigarettes, particuli&amp;egrave;rement entre 18 mois et 2 ans o&amp;ugrave; l&#039;acte est consid&amp;eacute;r&amp;eacute; comme &amp;laquo; normal &amp;raquo;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;S&#039;il est reconnu que la cigarette est n&amp;eacute;faste pour la sant&amp;eacute; humaine et la s&amp;eacute;curit&amp;eacute; des enfants, elle est &amp;eacute;galement responsable, chaque ann&amp;eacute;e, de nombreux incendies mortels et de feux de for&amp;ecirc;t.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div class=&quot;imagebox&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;megot4.jpg&quot; src=&quot;http://dominionpaper.ca/img/francais/megot4.jpg&quot; width=&quot;250&quot; height=&quot;250&quot; /&gt;&lt;/div&gt;  D&#039;apr&amp;egrave;s le Conseil canadien de la s&amp;eacute;curit&amp;eacute;, &amp;laquo; les incendies imputables &amp;agrave; la cigarette sont &amp;agrave; l&#039;origine d&#039;un d&amp;eacute;c&amp;egrave;s sur cinq alors que le tabagisme n&amp;eacute;gligeant demeure la principale cause des d&amp;eacute;c&amp;egrave;s attribuables aux incendies r&amp;eacute;sidentiels au Canada &amp;raquo;. En 2000, les articles pour fumeurs (principalement les m&amp;eacute;gots mal &amp;eacute;teints) ont provoqu&amp;eacute; 3 929 incendies et des pertes mat&amp;eacute;rielles se chiffrant &amp;agrave; 56,7 millions de dollars CAD. Sant&amp;eacute; Canada rapporte, pour sa part, que &amp;laquo; la cigarette engendre annuellement pr&amp;egrave;s de 3 000 feux qui occasionnent plus de 70 d&amp;eacute;c&amp;egrave;s, 300 bless&amp;eacute;s ainsi que des pertes mat&amp;eacute;rielles sup&amp;eacute;rieures &amp;agrave; 40 millions $ &amp;raquo;. Entre 1992 et 2002, les articles pour fumeurs ont &amp;eacute;t&amp;eacute; la cause de 4 % des incendies signal&amp;eacute;s &amp;agrave; la S&amp;eacute;curit&amp;eacute; publique du Qu&amp;eacute;bec. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;L&#039;analyse de l&#039;origine des 820 feux de for&amp;ecirc;t annuels au Qu&amp;eacute;bec, dont 70 % sont le r&amp;eacute;sultat de l&#039;activit&amp;eacute; humaine, t&amp;eacute;moigne de l&#039;inconscience qui existe autour des actes n&amp;eacute;glig&amp;eacute;s des fumeurs en milieu naturel. Les statistiques &amp;eacute;labor&amp;eacute;es par la Soci&amp;eacute;t&amp;eacute; de protection des for&amp;ecirc;ts contre le feu en montrent l&#039;ampleur : parmi les 27 % des feux issus des activit&amp;eacute;s li&amp;eacute;es &amp;agrave; la r&amp;eacute;cr&amp;eacute;ation, &amp;laquo; les articles de fumeurs sont nettement en t&amp;ecirc;te de liste. Les allumettes et les m&amp;eacute;gots de cigarette se retrouvent trop souvent au sol sans qu&#039;on ait pris la pr&amp;eacute;caution de les &amp;eacute;teindre &amp;raquo;. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;h4&gt;Petit &amp;eacute;cho pour un vaste probl&amp;egrave;me&lt;/h4&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;En consid&amp;eacute;rant l&#039;&amp;eacute;tendue de l&#039;impact du m&amp;eacute;got sur ces diff&amp;eacute;rents environnements (milieu aquatique, forestier et humain), ce petit objet n&#039;a plus rien d&#039;inoffensif et m&amp;eacute;rite d&#039;&amp;ecirc;tre jug&amp;eacute; selon son potentiel de destruction. Pourtant, personne ou presque ne semble s&#039;y int&amp;eacute;resser et encore moins &amp;agrave; r&amp;eacute;fl&amp;eacute;chir &amp;agrave; des solutions concr&amp;egrave;tes pour endiguer ce fl&amp;eacute;au.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div class=&quot;imagebox&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;megot1.jpg&quot; src=&quot;http://dominionpaper.ca/img/francais/megot1.jpg&quot; width=&quot;250&quot; height=&quot;250&quot; /&gt;&lt;/div&gt;  Le triste &amp;eacute;tat des rives canadiennes, r&amp;eacute;v&amp;eacute;l&amp;eacute; par le &amp;laquo; grand nettoyage &amp;raquo;, n&#039;a pas vraiment passionn&amp;eacute; la presse qu&amp;eacute;b&amp;eacute;coise &amp;agrave; gros tirage puisque aucun article ne fait directement r&amp;eacute;f&amp;eacute;rence aux programmes de 2003 et 2004 lanc&amp;eacute;s par l&#039;Aquarium de Vancouver. Les journaux n&#039;ont mentionn&amp;eacute; que d&#039;h&amp;eacute;t&amp;eacute;roclites initiatives locales (sans rapport apparent avec le mouvement national), &amp;eacute;voquant surtout des rassemblements de plusieurs dizaines de b&amp;eacute;n&amp;eacute;voles plus ou moins bien soutenus et aid&amp;eacute;s par leur municipalit&amp;eacute;. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Les m&amp;eacute;dias sont d&#039;ailleurs plus captiv&amp;eacute;s par les nuisances esth&amp;eacute;tiques qu&#039;aux probl&amp;egrave;mes intrins&amp;egrave;ques pos&amp;eacute;s du m&amp;eacute;got. Le lecteur doit se satisfaire de quelques coups de gueule de citoyens las de voir leur quartier envahi de d&amp;eacute;tritus et de m&amp;eacute;gots, et des rares articles critiques de journalistes tentant de r&amp;eacute;veiller l&#039;opinion publique quant &amp;agrave; l&#039;inexorable insalubrit&amp;eacute; citadine.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Dans La Presse du mois d&#039;avril 2004, deux articles questionnent sinc&amp;egrave;rement la politique d&#039;am&amp;eacute;nagement de la ville de Montr&amp;eacute;al, men&amp;eacute;e par le maire G&amp;eacute;rald Tremblay.   &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Pour rem&amp;eacute;dier &amp;agrave; cette insalubrit&amp;eacute;, la ville a lanc&amp;eacute;, au d&amp;eacute;but du printemps, &amp;laquo; une vaste campagne de publicit&amp;eacute; de 100 000 $ pour inciter les Montr&amp;eacute;alais &amp;agrave; remplir quelques sacs verts et &amp;agrave; &amp;eacute;viter de jeter papiers et m&amp;eacute;gots sur la voie publique &amp;raquo;. Initiative timide qui s&#039;ajoute &amp;agrave; l&#039;op&amp;eacute;ration &amp;laquo; grand m&amp;eacute;nage du printemps &amp;raquo; o&amp;ugrave; environ 700 &amp;laquo; cols bleus &amp;raquo; ont particip&amp;eacute; &amp;agrave; l&#039;exercice dans les 27 arrondissements.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;L&#039;armada de nettoyeur d&amp;eacute;ploy&amp;eacute;e sur quelques jours s&#039;apparente &amp;agrave; un leurre, une initiative sporadique qui r&amp;eacute;v&amp;egrave;le l&#039;absence d&#039;une politique antipollution exhaustive. Il s&#039;agit de r&amp;eacute;pondre &amp;agrave; la demande pressante des citadins et d&#039;effacer une salet&amp;eacute; trop voyante. Concernant les responsabilit&amp;eacute;s de chacun, M. Tremblay semble du reste avoir une vision r&amp;eacute;ductrice du probl&amp;egrave;me : &amp;laquo; C&#039;est vrai que vous payez des taxes, c&#039;est vrai que nous avons la responsabilit&amp;eacute; de tenir la ville propre, mais vous avez &amp;eacute;galement une responsabilit&amp;eacute; de faire un effort de mettre vos d&amp;eacute;chets dans la poubelle &amp;raquo;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Les pauvres r&amp;eacute;sultats de cette campagne 2004 ont r&amp;eacute;v&amp;eacute;l&amp;eacute; un manque flagrant d&#039;autorit&amp;eacute; politique en mati&amp;egrave;re de propret&amp;eacute;. D&#039;apr&amp;egrave;s le porte-parole du cabinet du maire de Montr&amp;eacute;al, Darren Decker, &amp;laquo; politiquement, il n&#039;y a aucun &amp;eacute;lu qui s&#039;occupe de cette question. Toutes les d&amp;eacute;cisions qui ont trait au nettoyage des rues et &amp;agrave; la propret&amp;eacute; rel&amp;egrave;vent directement des arrondissements &amp;raquo;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&amp;Agrave; Toronto, &amp;laquo; une ligne 1-800 servant &amp;agrave; d&amp;eacute;noncer les pollueurs et o&amp;ugrave; les personnes prises &amp;agrave; jeter leurs d&amp;eacute;chets dans la rue sont susceptibles de se voir imposer une amende de 325$ &amp;raquo; a &amp;eacute;t&amp;eacute; mis en place.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Un R&amp;egrave;glement sur la propret&amp;eacute; et la protection du domaine public et du mobilier urbain  existe bien &amp;agrave; Montr&amp;eacute;al, et il pr&amp;eacute;voit des amendes de 85 &amp;agrave; 225 $ pour les contrevenants. Mais aux yeux du maire, les mesures coercitives sont inad&amp;eacute;quates pour &amp;laquo; sensibiliser les Montr&amp;eacute;alais &amp;agrave; leur responsabilit&amp;eacute; en mati&amp;egrave;re de propret&amp;eacute; &amp;raquo;. Contrairement &amp;agrave; Toronto, M. Tremblay pr&amp;eacute;f&amp;egrave;re r&amp;eacute;soudre le probl&amp;egrave;me par une &amp;laquo; approche conviviale plut&amp;ocirc;t qu&#039;avec des menaces &amp;raquo;. Deux types de politiques jouant sur des extr&amp;ecirc;mes id&amp;eacute;ologiques et qui m&amp;eacute;riteraient plus de complexit&amp;eacute; dans leurs r&amp;eacute;flexions.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;h4&gt;Des infrastructures inadapt&amp;eacute;es&lt;/h4&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Face &amp;agrave; l&#039;agression esth&amp;eacute;tique des d&amp;eacute;chets, la r&amp;eacute;action est vive et consid&amp;eacute;r&amp;eacute;e, mais elle est reste ignorante des &amp;eacute;vidences du long terme. Si, par n&amp;eacute;cessit&amp;eacute; et dans un consensus st&amp;eacute;rile, on s&#039;accorde &amp;agrave; consid&amp;eacute;rer le m&amp;eacute;got comme une plaie visuelle dommageable &amp;agrave; la qualit&amp;eacute; de vie, en revanche, on tait avec laxisme la r&amp;eacute;alit&amp;eacute; sur la capacit&amp;eacute; d&amp;eacute;vastatrice de ce petit d&amp;eacute;tritus. Pourquoi ne pas &amp;eacute;voquer les cons&amp;eacute;quences perverses, notamment sur le milieu aquatique, des syst&amp;egrave;mes d&#039;&amp;eacute;vacuation des eaux urbaines par lesquels voyage entre autres le m&amp;eacute;got ?&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Au Canada, le drainage urbain se fait principalement par deux types d&#039;&amp;eacute;coulement des eaux. Dans les localit&amp;eacute;s un peu anciennes, le r&amp;eacute;seau d&#039;&amp;eacute;gouts unitaire transporte conjointement les eaux pluviales et les eaux us&amp;eacute;es vers une station de traitement. Dans les localit&amp;eacute;s plus r&amp;eacute;centes, on utilise des canalisations s&amp;eacute;par&amp;eacute;es pour les eaux pluviales, qui se d&amp;eacute;versent directement dans les cours d&#039;eau, et les eaux us&amp;eacute;es, qui sont achemin&amp;eacute;es jusqu&#039;&amp;agrave; la station de traitement.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;M&amp;ecirc;me si le r&amp;eacute;seau d&#039;&amp;eacute;gouts unitaire &amp;agrave; l&#039;avantage de permettre le traitement total des eaux &amp;eacute;vacu&amp;eacute;es, en cas de fortes pr&amp;eacute;cipitations, les eaux de d&amp;eacute;bordements fortement pollu&amp;eacute;es peuvent contaminer les eaux r&amp;eacute;ceptrices (lacs, rivi&amp;egrave;res, zones humides) pour plusieurs jours.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;De son c&amp;ocirc;t&amp;eacute;, le r&amp;eacute;seau d&#039;&amp;eacute;gouts s&amp;eacute;par&amp;eacute; &amp;eacute;carte tout danger de contamination par le d&amp;eacute;bordement des eaux. Par contre, la &amp;laquo; pollution diffuse urbaine, qui provient du ruissellement de surface, se trouve en tr&amp;egrave;s grande partie canalis&amp;eacute;e et rejet&amp;eacute;e au cours d&#039;eau de fa&amp;ccedil;on ponctuelle &amp;raquo;   par l&#039;interm&amp;eacute;diaire des &amp;eacute;gouts pluviaux. On imagine alors la quantit&amp;eacute; de d&amp;eacute;tritus et de substances toxiques que peuvent charrier ces eaux de pluie : canettes, plastiques, huiles automobiles, m&amp;eacute;taux lourds, peintures, produits nettoyants, insecticides, herbicides, m&amp;eacute;gots, etc. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;A l&#039;instar du programme environnemental du gouvernement qu&amp;eacute;b&amp;eacute;cois de 2002, la probl&amp;eacute;matique pos&amp;eacute;e par l&#039;impasse technique des r&amp;eacute;seaux d&#039;&amp;eacute;gouts n&#039;est malheureusement pas consid&amp;eacute;r&amp;eacute;e comme un enjeu de premier plan. La nouvelle politique &amp;laquo; l&#039;eau, la vie, l&#039;avenir &amp;raquo; est prometteuse puisqu&#039;elle pr&amp;eacute;voit d&#039;&amp;laquo; assurer la protection de cette ressource unique &amp;raquo;, de &amp;laquo; g&amp;eacute;rer l&#039;eau dans une perspective de d&amp;eacute;veloppement durable &amp;raquo; et de &amp;laquo; s&#039;assurer de mieux prot&amp;eacute;ger la sant&amp;eacute; publique et celle des &amp;eacute;cosyst&amp;egrave;mes &amp;raquo;. Cependant, et malgr&amp;eacute; un important projet d&#039;am&amp;eacute;lioration du traitement des eaux us&amp;eacute;es, les contrecoups de la g&amp;eacute;n&amp;eacute;ralisation du syst&amp;egrave;me en r&amp;eacute;seau s&amp;eacute;par&amp;eacute;  n&#039;y sont nullement abord&amp;eacute;s.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Autrement dit, il y a peu de chance que la pollution du milieu aquatique par les rejets urbains soit r&amp;eacute;duite &amp;agrave; court terme par l&#039;am&amp;eacute;nagement d&#039;infrastructures ad&amp;eacute;quates. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;h4&gt;Futilit&amp;eacute; du court terme&lt;/h4&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Si l&#039;invasion du m&amp;eacute;got donne cette impression d&#039;in&amp;eacute;luctabilit&amp;eacute;, il ne faut cependant pas oublier qu&#039;elle a une origine clairement identifiable : l&#039;homme, et en particulier le fumeur. Ce qui laisse au moins l&#039;espoir de s&#039;attaquer &amp;agrave; la cause premi&amp;egrave;re. D&#039;ailleurs, les solutions techniques et administratives ne manquent pas, et elles sont d&#039;autant plus performantes qu&#039;elles sont compl&amp;eacute;mentaires : mat&amp;eacute;riel et am&amp;eacute;nagement appropri&amp;eacute;s, pr&amp;eacute;vention et information, avertissement et contravention.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;L&#039;exemple est donn&amp;eacute; par un citoyen r&amp;eacute;volt&amp;eacute;  de voir Montr&amp;eacute;al en &amp;laquo; cendrier monstre &amp;raquo; : l&#039;installation de r&amp;eacute;ceptacles &amp;agrave; l&#039;entr&amp;eacute;e de chaque &amp;eacute;difice ou r&amp;eacute;sidence limiterait une partie de la pollution.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;L&#039;espace public d&#039;affichage pourrait &amp;ecirc;tre utilis&amp;eacute; comme un moyen d&#039;&amp;eacute;ducation et de sensibilisation, en esp&amp;eacute;rant un changement des comportements &amp;agrave; moyen terme. De nombreuses plages, notamment en Australie, sont d&amp;eacute;sormais interdites aux fumeurs. Investir tout d&#039;abord les forces de s&amp;eacute;curit&amp;eacute; d&#039;un devoir de pr&amp;eacute;vention qu&#039;ils transformeraient au fur et &amp;agrave; mesure en un r&amp;eacute;el pouvoir de coercition puis de contravention serait dissuasif sans &amp;ecirc;tre brutal.  D&#039;autre part, la loi sur les cigarettes peu combustibles, qui permettrait d&#039;imposer des normes en mati&amp;egrave;re de s&amp;eacute;curit&amp;eacute;-incendie, est toujours rest&amp;eacute;e &amp;agrave; l&#039;&amp;eacute;tat de projet au Canada. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La th&amp;eacute;orie du sang latin, des g&amp;ecirc;nes de l&#039;incivilit&amp;eacute;, est une l&amp;eacute;gende opportune au pessimisme et &amp;agrave; l&#039;immobilisme. Comme l&#039;a savamment montr&amp;eacute; Normand Maurice, &amp;laquo; le p&amp;egrave;re de la r&amp;eacute;cup&amp;eacute;ration et du recyclage &amp;raquo; au Qu&amp;eacute;bec, il suffit de donner aux citoyens les moyens d&#039;assimiler de nouvelles r&amp;egrave;gles soci&amp;eacute;tales pour changer leurs habitudes. Si le syst&amp;egrave;me suisse ou allemand sont reconnus pour leurs efficacit&amp;eacute;s, c&#039;est qu&#039;il est devenu plus difficile, mat&amp;eacute;riellement et psychologiquement, de jeter les d&amp;eacute;tritus que de recycler et de d&amp;eacute;poser son m&amp;eacute;got l&amp;agrave; o&amp;ugrave; il se doit. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Ironie de la situation, ce sont des int&amp;eacute;r&amp;ecirc;ts priv&amp;eacute;s qui ont su appr&amp;eacute;cier &amp;agrave; sa juste valeur la probl&amp;eacute;matique du m&amp;eacute;got en lan&amp;ccedil;ant sur le march&amp;eacute; des cendriers de poche sans odeur et facile &amp;agrave; transporter. De m&amp;ecirc;me, l&#039;Association canadienne des industries du plastique est presque la seule, sur Internet , &amp;agrave; souligner l&#039;importance du &amp;laquo; grand nettoyage &amp;raquo; national et &amp;agrave; inviter les citoyens &amp;agrave; y participer. Puisque le cynisme industriel est opportun lorsque la politique environnementale est d&amp;eacute;faillante, on peut s&#039;attendre &amp;agrave; voir les multinationales du tabac lancer une campagne de pr&amp;eacute;vention contre les m&amp;eacute;faits du m&amp;eacute;got sur l&#039;&amp;eacute;cosyst&amp;egrave;me. Avec l&#039;arriv&amp;eacute;e de gros capitaux, certains s&#039;engageront peut-&amp;ecirc;tre dans une politique environnementale rentable.&lt;/p&gt;        &lt;/div&gt;
        &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/fieldset&gt;
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                    &lt;img alt=&quot;megot3_fp.jpg&quot; src=&quot;http://dominionpaper.ca/img/francais/megot3_fp.jpg&quot; width=&quot;230&quot; height=&quot;133&quot; /&gt; Le m&amp;eacute;got cause &amp;eacute;galement de s&amp;eacute;rieux dommages dans le milieu aquatique, forestier et humain, &amp;eacute;crit &lt;strong&gt;Vivien Jaboeuf&lt;/strong&gt;        &lt;/div&gt;
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 <category domain="http://www.dominionpaper.ca/author/vivien_jaboeuf">Vivien Jaboeuf</category>
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 <pubDate>Wed, 06 Apr 2005 04:38:37 +0000</pubDate>
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 <title>L&#039;oléoduc Tchad Cameroun ou le cynisme de la Banque Mondiale</title>
 <link>http://www.dominionpaper.ca/francais/2004/12/13/loleoduc_t.html</link>
 <description>&lt;fieldset class=&quot;fieldgroup group-content&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field field-type-text field-field-body-main&quot;&gt;
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                    &lt;div class=&quot;imagebox&quot; style=&quot;width:250px;&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;chad.jpg&quot; src=&quot;http://dominionpaper.ca/img/francais/chad.jpg&quot; width=&quot;250&quot; height=&quot;168&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;br /&gt;Président de Tchad Idriss Derby inaugurant le terminal de l&#039;oléoduc. &lt;/div&gt;&lt;p&gt;Le projet de construction et d’exploitation de l’oléoduc tchado camerounais, supervisé par le Groupe de la Banque Mondiale (GBM) &lt;a class=&quot;footnote&quot; href=&quot;#_ftn1&quot; name=&quot;_ftnref1&quot;&gt;[1]&lt;/a&gt;, intervient au moment où les Institutions Financières Internationales (IFI)&lt;a class=&quot;footnote&quot; href=&quot;#_ftn2&quot; name=&quot;_ftnref2&quot;&gt;[2]&lt;/a&gt; voient leurs programmes pour le développement économique et social de plus en plus contestés. Malgré les deux années de consultations, de conférences, de débats et de discussions qui ont précédé la signature du contrat, les décisions prises par le GBM, font encore l’objet de vives critiques. De nombreuses organisations non gouvernementales (ONG), des scientifiques, des analystes de la politique internationale et la société civile tchadienne et camerounaise discutent les supposés bienfaits qu’apporterait une telle réalisation. &lt;/p&gt;        &lt;/div&gt;
        &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
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                    &lt;p&gt;Inaugur&amp;eacute; en octobre 2003 et mis en service en juillet 2004, l&#039;ol&amp;eacute;oduc, long de 1070 km, relie les 300 puits de p&amp;eacute;trole de la r&amp;eacute;gion de Doba (Sud du Tchad) au terminal d&#039;exportation du brut de Kribi, sur la c&amp;ocirc;te camerounaise. Les gisements devraient g&amp;eacute;n&amp;eacute;rer 225 000 barils de p&amp;eacute;trole par jour sur une p&amp;eacute;riode de 30 ans. Autrement dit, le plus grand projet priv&amp;eacute; en Afrique dans lequel la Banque Mondiale se soit impliqu&amp;eacute;e. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un dossier gonfl&amp;eacute; de promesses &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La cr&amp;eacute;ation de l&#039;ol&amp;eacute;oduc repr&amp;eacute;sente &amp;laquo; un cadre sans pr&amp;eacute;c&amp;eacute;dent pour transformer la richesse p&amp;eacute;troli&amp;egrave;re au profit direct des pauvres, des plus d&amp;eacute;munis et de l&#039;environnement &lt;a class=&quot;footnote&quot; href=&quot;#_ftn3&quot; name=&quot;_ftnref3&quot;&gt;[3]&lt;/a&gt;&amp;raquo;. C&#039;est avec une vision prometteuse que, le 6 juin 2000, la Banque mondiale donnait son aval au projet de construction dont la valeur totale de 4,6 milliards de dollars canadiens (CAD) est financ&amp;eacute;e en majeure partie par le consortium p&amp;eacute;trolier &lt;a class=&quot;footnote&quot; href=&quot;#_ftn4&quot; name=&quot;_ftnref4&quot;&gt;[4]&lt;/a&gt; Exxon Mobil-Chevron-Petronas. Sous la pression de la communaut&amp;eacute; internationale et pour parer &amp;agrave; un &amp;eacute;ventuel &amp;eacute;chec du bras de fer d&amp;eacute;ontologique, le GBM a pris de multiples pr&amp;eacute;cautions, en affichant notamment sa transparence dans le montage du dossier. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Ainsi, une &amp;laquo; structure de suivi et d&#039;&amp;eacute;tablissement de rapports &amp;raquo;, examinant les aspects sociaux et environnementaux du projet, a &amp;eacute;t&amp;eacute; constitu&amp;eacute;e. Elle comporte principalement un dispositif de supervision &lt;a class=&quot;footnote&quot; href=&quot;#_ftn5&quot; name=&quot;_ftnref5&quot;&gt;[5]&lt;/a&gt; qui s&#039;attache &amp;agrave; ce que la soci&amp;eacute;t&amp;eacute; civile participe aux activit&amp;eacute;s des deux gouvernements, et travaille &amp;agrave; l&#039;adoption d&#039;une gestion saine des d&amp;eacute;penses publiques et au renforcement des institutions nationales. Un groupe consultatif international (GIS) compl&amp;eacute;mentaire, compos&amp;eacute; de conseillers internationaux &amp;laquo; impartiaux et ind&amp;eacute;pendants &amp;raquo;, rend compte &amp;eacute;galement de ses observations au GBM et aux &amp;Eacute;tats tchadien et camerounais par l&#039;&amp;eacute;mission de rapports et de recommandations &lt;a class=&quot;footnote&quot; href=&quot;#_ftn6&quot; name=&quot;_ftnref6&quot;&gt;[6]&lt;/a&gt;. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;De plus, la Soci&amp;eacute;t&amp;eacute; Financi&amp;egrave;re Internationale (SFI) &lt;a class=&quot;footnote&quot; href=&quot;#_ftn7&quot; name=&quot;_ftnref7&quot;&gt;[7]&lt;/a&gt;, membre du GBM, a initi&amp;eacute; un programme d&#039;aide aux Petites et Moyennes Entreprises (PME) du Tchad pour leur permettre de participer &amp;agrave; l&#039;activit&amp;eacute; &amp;eacute;conomique cr&amp;eacute;&amp;eacute;e autour de l&#039;ol&amp;eacute;oduc. En s&#039;associant avec la Financial Bank Tchad, la SFI supporte la cr&amp;eacute;ation de 12000 emplois, finance les travaux d&#039;am&amp;eacute;lioration des infrastructures &amp;agrave; hauteur de 500 millions CAD, et offre 500 millions CAD de &amp;laquo; march&amp;eacute;s &amp;raquo; aux entreprises locales. &lt;/p&gt;

&lt;div class=&quot;imagebox&quot; style=&quot;width:250px;&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;cameroon1.jpg&quot; src=&quot;http://dominionpaper.ca/img/francais/cameroon1.jpg&quot; width=&quot;250&quot; height=&quot;172&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;
&lt;br /&gt;photo: Greenpeace&lt;/div&gt;De son c&amp;ocirc;t&amp;eacute;, la Banque Europ&amp;eacute;enne d&#039;Investissement (BEI) soutient cette d&amp;eacute;marche en injectant 220 millions CAD dans le budget total. La BEI y voit de multiples avantages comme la formation de la main d&#039;&amp;oelig;uvre, l&#039;accroissement de l&#039;activit&amp;eacute; &amp;eacute;conomique, la stabilit&amp;eacute; politique &amp;agrave; long terme, des recettes annuelles assur&amp;eacute;es pour 28 ans &lt;a class=&quot;footnote&quot; href=&quot;#_ftn8&quot; name=&quot;_ftnref8&quot;&gt;[8]&lt;/a&gt;, et l&#039;am&amp;eacute;lioration des infrastructures (routes, ponts, voies ferr&amp;eacute;es). Afin d&#039;obtenir la r&amp;eacute;solution du Parlement europ&amp;eacute;en (janvier 2000) sur son engagement, elle assurait qu&#039;aucun d&amp;eacute;placement de population n&#039;&amp;eacute;tait pr&amp;eacute;vu au Cameroun et que seulement 150 familles tchadiennes se verraient expuls&amp;eacute;es et correctement indemnis&amp;eacute;es. La BEI s&#039;appuyait &amp;eacute;galement sur les &amp;eacute;tudes publi&amp;eacute;es par le GBM, en juin 99, pour montrer que le projet n&#039;aurait qu&#039;une &amp;laquo; incidence nette relativement minime sur l&#039;environnement naturel et humain &amp;raquo;, et qu&#039;un plan &amp;laquo; de pr&amp;eacute;vention et de proc&amp;eacute;dures d&#039;urgences sp&amp;eacute;cifiques &amp;agrave; la lutte contre la pollution &amp;raquo; &amp;eacute;tait en place. 

&lt;p&gt;Enfin, le Parlement tchadien, sous la pression de la Banque Mondiale et des compagnies internationales, a adopt&amp;eacute; une loi relative &amp;agrave; la gestion des revenus p&amp;eacute;troliers (d&amp;eacute;c.1998) dont l&#039;application est suivie par une commission ind&amp;eacute;pendante. Cette loi pr&amp;eacute;voit que 10% des revenus seront vers&amp;eacute;s sur un compte bloqu&amp;eacute; &amp;agrave; Londres et destin&amp;eacute;s au Fonds pour les Futures G&amp;eacute;n&amp;eacute;rations, que 80% serviront &amp;agrave; financer des projets de d&amp;eacute;veloppement socio-&amp;eacute;conomiques avec l&#039;objectif de r&amp;eacute;duire la pauvret&amp;eacute;, et 5% iront en aide &amp;agrave; la r&amp;eacute;gion de Doba -le gouvernement tchadien ne b&amp;eacute;n&amp;eacute;ficiant que de 5% restants &lt;a class=&quot;footnote&quot; href=&quot;#_ftn9&quot; name=&quot;_ftnref9&quot;&gt;[9]&lt;/a&gt;. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le ton de la campagne de s&amp;eacute;duction orchestr&amp;eacute;e par la Banque Mondiale est donn&amp;eacute; : transparence, &amp;eacute;thique, contr&amp;ocirc;le des mouvements d&#039;argent, structure anti-corruption, participation et consultation des populations, lutte contre la pauvret&amp;eacute;, respect de l&#039;environnement. Toutes les garanties des b&amp;eacute;n&amp;eacute;fices et du bon d&amp;eacute;roulement du projet sont pr&amp;eacute;sentes. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Retour &amp;agrave; la r&amp;eacute;alit&amp;eacute; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Cependant, la construction d&#039;un tel chantier sur le territoire de pays &amp;agrave; la politique instable n&#039;est pas aussi simple et les r&amp;eacute;sultats observ&amp;eacute;s semblent loin des promesses idylliques. Le bilan &amp;eacute;volutif, dress&amp;eacute; par les ONG nationales et &amp;eacute;trang&amp;egrave;res et les nombreux observateurs, interpelle par l&#039;accumulation de points n&amp;eacute;gatifs. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Selon l&#039;organisation &amp;eacute;cologiste &lt;i&gt;Les Amis de la Terre&lt;/i&gt;&lt;a class=&quot;footnote&quot; href=&quot;#_ftn10&quot; name=&quot;_ftnref10&quot;&gt;[10]&lt;/a&gt;, l&#039;ol&amp;eacute;oduc s&amp;egrave;me &amp;laquo; mis&amp;egrave;re et d&amp;eacute;vastation &amp;raquo;. Contrairement aux pr&amp;eacute;visions du GBM, des milliers de Camerounais ont &amp;eacute;t&amp;eacute; expropri&amp;eacute;s de leur terre, les cultures et la v&amp;eacute;g&amp;eacute;tation ont &amp;eacute;t&amp;eacute; d&amp;eacute;truites, les r&amp;eacute;serves d&#039;eau et les &amp;eacute;cosyst&amp;egrave;mes de grands fleuves pollu&amp;eacute;s et les compensations insuffisantes. Au Tchad, des villages sont pratiquement &amp;laquo; emprisonn&amp;eacute;s &amp;raquo; entre les puits de p&amp;eacute;trole, les stations de pompage et l&#039;ol&amp;eacute;oduc. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;D&#039;apr&amp;egrave;s Jacques Ngun&lt;a class=&quot;footnote&quot; href=&quot;#_ftn11&quot; name=&quot;_ftnref11&quot;&gt;[11]&lt;/a&gt; de l&#039;association &lt;i&gt;Survival&lt;/i&gt; , l&#039;&amp;eacute;tude d&#039;impact sur le mode de vie des populations Bakola et Bagyeli du Cameroun a &amp;eacute;t&amp;eacute; b&amp;acirc;cl&amp;eacute;e par les experts mandat&amp;eacute;s par le GBM, duquel ils n&#039;ont re&amp;ccedil;u aucune indemnit&amp;eacute;. Subissant une exploitation par le travail, un ostracisme d&#039;&amp;eacute;tat et le d&amp;eacute;veloppement des maladies exog&amp;egrave;nes, ils font face d&amp;eacute;sormais &amp;agrave; la d&amp;eacute;forestation implicite du projet. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Concernant les emplois, sur les 5000 promis aux populations locales du Cameroun, la plupart ont &amp;eacute;chu &amp;agrave; des &amp;eacute;trangers. La migration sur les lieux de travail a provoqu&amp;eacute; des troubles sociaux dans les communaut&amp;eacute;s, une recrudescence de l&#039;alcoolisme et de maladies sexuellement transmissibles, et attir&amp;eacute; de jeunes prostitu&amp;eacute;es venues de tout le pays. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Du c&amp;ocirc;t&amp;eacute; financier, le projet montre aussi des faiblesses. Le pr&amp;eacute;sident Idriss D&amp;eacute;by a utilis&amp;eacute; le premier versement de 5,6 millions CAD, pay&amp;eacute; par le consortium p&amp;eacute;trolier, pour l&#039;achat de mat&amp;eacute;riel militaire. Par ailleurs, le FMI a constat&amp;eacute; que 9,3 millions CAD avaient &amp;eacute;t&amp;eacute; d&amp;eacute;tourn&amp;eacute;s par son gouvernement. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La loi sur les revenus p&amp;eacute;troliers adopt&amp;eacute;e par le Parlement tchadien est elle-m&amp;ecirc;me fortement critiqu&amp;eacute;e pour son manque d&#039;efficacit&amp;eacute; et son flou pragmatique. Selon le rapport de l&#039;ONG &lt;i&gt;Catholic Relief Services&lt;/i&gt; de juin 2003, &amp;laquo; l&#039;application de cette loi fait appara&amp;icirc;tre d&#039;importantes lacunes &amp;raquo;, principalement son cadre l&amp;eacute;gislatif qui n&#039;inclut pas &amp;laquo; les revenus tir&amp;eacute;s des taxes et des droits de douanes &amp;raquo; &lt;a class=&quot;footnote&quot; href=&quot;#_ftn12&quot; name=&quot;_ftnref12&quot;&gt;[12]&lt;/a&gt; . La Banque Mondiale pr&amp;eacute;voit aussi que, sur le total de 4,6 milliards CAD, &amp;laquo; seulement 2 milliards iront aux cinq secteurs prioritaires, aux peuples de la r&amp;eacute;gion de Doba et au Fonds pour les G&amp;eacute;n&amp;eacute;rations Futures &amp;raquo;. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des d&amp;eacute;rives pr&amp;eacute;visibles &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Il n&#039;est cependant pas surprenant de voir se d&amp;eacute;velopper des probl&amp;egrave;mes sociaux, environnementaux et financiers dans des pays o&amp;ugrave; le gouvernement d&amp;eacute;tourne l&#039;argent public et m&amp;eacute;prise sa propre population. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;En 1999 et 2000, &lt;i&gt;Transparency International&lt;/i&gt; a d&amp;eacute;cern&amp;eacute; &amp;agrave; Paul Biya et son gouvernement le prix du r&amp;eacute;gime le plus corrompu en Afrique. D&#039;apr&amp;egrave;s &lt;i&gt;Les amis de la Terre&lt;/i&gt;, les for&amp;ecirc;ts tropicales au Cameroun, &amp;laquo; sont pill&amp;eacute;es du fait de la collusion du gouvernement au d&amp;eacute;triment des communaut&amp;eacute;s locales &amp;raquo;, malgr&amp;eacute; &amp;laquo; les efforts de la Banque mondiale (&amp;hellip;) pour tenter de persuader le Cameroun de g&amp;eacute;rer ses for&amp;ecirc;ts de mani&amp;egrave;re plus rationnelle &amp;raquo;.&lt;a class=&quot;footnote&quot; href=&quot;#_ftn13&quot; name=&quot;_ftnref13&quot;&gt;[13]&lt;/a&gt; &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Idriss D&amp;eacute;by, quant &amp;agrave; lui, avait annonc&amp;eacute; la couleur de ses intentions en refusant le contr&amp;ocirc;le international de l&#039;utilisation des revenus du p&amp;eacute;trole. Selon lui, &amp;laquo; la souverainet&amp;eacute; nationale n&#039;est pas marchandable &amp;raquo;, et &amp;laquo; les instruments juridiques &amp;raquo; mis en place par le Parlement tchadien sont &amp;laquo; suffisants &amp;raquo; &lt;a class=&quot;footnote&quot; href=&quot;#_ftn14&quot; name=&quot;_ftnref14&quot;&gt;[14]&lt;/a&gt;. Rappelons que le pr&amp;eacute;sident D&amp;eacute;by, &amp;laquo; arriv&amp;eacute; au pouvoir par un coup d&#039;&amp;Eacute;tat &amp;raquo;, a &amp;eacute;t&amp;eacute; r&amp;eacute;&amp;eacute;lu &amp;agrave; la suite d&#039;&amp;eacute;lections truqu&amp;eacute;es et d&amp;eacute;nonc&amp;eacute;es par la communaut&amp;eacute; internationale. &lt;i&gt;Amnesty International&lt;/i&gt; &lt;span style=&#039;color:black&#039;&gt; consid&amp;egrave;re que son gouvernement est impliqu&amp;eacute; dans &amp;laquo; la mort de centaines de civils dans la r&amp;eacute;gion de production du p&amp;eacute;trole &amp;raquo;, entre 1997 et 1998, et responsable de &amp;laquo; la disparition et l&#039;assassinat de civils &amp;raquo;. Sans compter que la population a subi une augmentation de la r&amp;eacute;pression et de l&#039;ins&amp;eacute;curit&amp;eacute; avant m&amp;ecirc;me le d&amp;eacute;but de la mise en &amp;oelig;uvre du projet. &lt;a class=&quot;footnote&quot; href=&quot;#_ftn15&quot; name=&quot;_ftnref15&quot;&gt;[15]&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Dans ces conditions d&amp;eacute;mocratiques difficiles, le bon d&amp;eacute;roulement des op&amp;eacute;rations paraissait improbable d&#039;autant plus que de nombreuses irr&amp;eacute;gularit&amp;eacute;s &amp;eacute;taient signal&amp;eacute;es avant et apr&amp;egrave;s le d&amp;eacute;but de la construction de l&#039;ol&amp;eacute;oduc. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Un rapport ind&amp;eacute;pendant publi&amp;eacute; en septembre 1999 &lt;a class=&quot;footnote&quot; href=&quot;#_ftn16&quot; name=&quot;_ftnref16&quot;&gt;[16]&lt;/a&gt; faisait d&amp;eacute;j&amp;agrave; mention du manque d&#039;information, de l&#039;intimidation sur la population, de l&#039;absence ou de la faiblesse des diff&amp;eacute;rents plans sociaux, environnementaux et financiers ainsi que de la violation des lois impos&amp;eacute;es par le GBM. Les organisations internationales et camerounaises avertissaient du danger potentiel de l&#039;ol&amp;eacute;oduc sur la s&amp;eacute;curit&amp;eacute;, la sant&amp;eacute;, l&#039;&amp;eacute;cologie, notamment par la r&amp;eacute;duction et la pollution des eaux potables, c&amp;ocirc;ti&amp;egrave;res et fluviales, la destruction et l&#039;empi&amp;egrave;tement des &amp;eacute;cosyst&amp;egrave;mes fragiles et des cultures vivri&amp;egrave;res. Le bouleversement du mode de vie, de l&#039;habitat et des moyens de subsistance des populations autochtones Bakola et Bagyeli du Cameroun &amp;eacute;tait pr&amp;eacute;vu par les diff&amp;eacute;rents observateurs &lt;a class=&quot;footnote&quot; href=&quot;#_ftn17&quot; name=&quot;_ftnref17&quot;&gt;[17]&lt;/a&gt;. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le Parlement europ&amp;eacute;en avait &amp;eacute;galement vot&amp;eacute;, en juin 2000, une r&amp;eacute;solution demandant &amp;agrave; la BEI de suspendre son financement tant que les &amp;laquo; exigences sociales et environnementales &amp;raquo; n&#039;auraient pas &amp;eacute;t&amp;eacute; garanties. Puis, de nombreux rapports internes sont venus entacher les propres initiatives de la Banque Mondiale. En septembre 2002, le groupe d&#039;experts ind&amp;eacute;pendants du GBM affichait &amp;laquo; de s&amp;eacute;rieuses pr&amp;eacute;occupations concernant &amp;raquo; la capacit&amp;eacute; &amp;laquo; du gouvernement tchadien &amp;agrave; contr&amp;ocirc;ler efficacement le projet avant que celui-ci ne commence &amp;agrave; d&amp;eacute;gager des revenus &amp;raquo;. Il stipulait &amp;eacute;galement que le choix des r&amp;eacute;partitions financi&amp;egrave;res, inscrites dans la loi sur les revenus p&amp;eacute;troliers, &amp;eacute;tait totalement arbitraire &lt;a class=&quot;footnote&quot; href=&quot;#_ftn18&quot; name=&quot;_ftnref18&quot; &gt;[18]&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Changer de politique &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Symbole du d&amp;eacute;s&amp;eacute;quilibre d&amp;eacute;mocratique : un collectif d&#039;associations tchadiennes de d&amp;eacute;fense des droits de l&#039;homme avait appel&amp;eacute; &amp;agrave; une journ&amp;eacute;e de deuil nationale, le 10 octobre 2003, tandis que 500 personnalit&amp;eacute;s politiques inauguraient l&#039;ol&amp;eacute;oduc &lt;a class=&quot;footnote&quot; href=&quot;#_ftn19&quot; name=&quot;_ftnref19&quot;&gt;[19]&lt;/a&gt;. Quelque mois plus tard, les gisements de Doba fournissaient leurs premiers barils de brut que d&amp;eacute;j&amp;agrave; l&#039;organisation du Groupe de la Banque Mondiale montrait des insuffisances dans le respect des contraintes du dossier. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;L&#039;histoire tragique des investissements dans les projets p&amp;eacute;troliers en Afrique, notamment celui du Nig&amp;eacute;ria et du Congo-Brazzaville, semble se r&amp;eacute;p&amp;eacute;ter ; l&#039;abandon des populations et la destruction de leur environnement paraissent inexorables. L&#039;ol&amp;eacute;oduc Tchad-Cameroun n&#039;a &amp;eacute;t&amp;eacute; jusqu&#039;&amp;agrave; maintenant qu&#039;une opportunit&amp;eacute; commerciale pour les soci&amp;eacute;t&amp;eacute;s transnationales, principalement am&amp;eacute;ricaines et fran&amp;ccedil;aises &lt;a class=&quot;footnote&quot; href=&quot;#_ftn20&quot; name=&quot;_ftnref20&quot;&gt;[20]&lt;/a&gt;. Elles doivent ces avantages aux Institutions Financi&amp;egrave;res Internationales (IFI), qui ont une position quasi h&amp;eacute;g&amp;eacute;monique dans les instances de d&amp;eacute;cision mondiale, puisque sans leur aval, ce genre de projet ne verrait pas le jour. Doit-on alors red&amp;eacute;finir les fondements de ces institutions en vue de les accorder avec leur politique officielle de d&amp;eacute;veloppement &amp;eacute;conomique et social ? &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Contrairement &amp;agrave; une partie des objectifs annonc&amp;eacute;s, la Banque Mondiale soutient que &amp;laquo; son mandat limit&amp;eacute; &amp;raquo; la &amp;laquo; restreint &amp;agrave; des activit&amp;eacute;s purement &amp;eacute;conomiques &amp;raquo;. Un programme d&#039;&amp;eacute;tude du Centre des Droits de l&#039;Homme de l&#039;Universit&amp;eacute; du Minnesota &lt;a class=&quot;footnote&quot; href=&quot;#_ftn21&quot; name=&quot;_ftnref21&quot; &gt;[21]&lt;/a&gt; d&amp;eacute;nonce ce r&amp;ocirc;le restrictif, en particulier la tyrannie engendr&amp;eacute;e par les &amp;laquo; ajustements structurels &amp;raquo; qu&#039;impose la BM au pays en d&amp;eacute;veloppement en &amp;eacute;change de financements. D&#039;apr&amp;egrave;s le groupe activiste, ces ajustements induisent qu&#039;il faille &amp;laquo; r&amp;eacute;duire les d&amp;eacute;penses des &amp;Eacute;tats, an&amp;eacute;antir des organes publics, d&amp;eacute;valuer des devises et privatiser des entreprises publiques &amp;raquo;. Un d&amp;eacute;sastre social et humain qui s&#039;ajoute aux &amp;laquo; amples d&amp;eacute;g&amp;acirc;ts environnementaux &amp;raquo; inh&amp;eacute;rents aux &amp;laquo; projets &amp;raquo; de la BM. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Si les bases m&amp;eacute;thodologiques et id&amp;eacute;ologiques de la BM ne participent pas au respect des droits de l&#039;homme et de son environnement, pourquoi ne pas &amp;laquo; transformer profond&amp;eacute;ment &amp;raquo; l&#039;ensemble du &amp;laquo; syst&amp;egrave;me international &amp;raquo; comme le propose un mouvement citoyen dans son programme pour la &amp;laquo; R&amp;eacute;forme des Institutions Financi&amp;egrave;res Internationales &amp;raquo; &lt;a class=&quot;footnote&quot; href=&quot;#_ftn22&quot; name=&quot;_ftnref22&quot;&gt;[22]&lt;/a&gt;. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;A juste titre, ce r&amp;eacute;seau r&amp;eacute;clame &amp;laquo; un fonctionnement plus transparent, plus &amp;eacute;quitable et plus d&amp;eacute;mocratique, la d&amp;eacute;finition et la mise en &amp;oelig;uvre d&#039;une r&amp;eacute;elle politique de d&amp;eacute;veloppement durable, une v&amp;eacute;ritable participation des populations &amp;agrave; la d&amp;eacute;finition de leurs politiques, un r&amp;egrave;glement global du probl&amp;egrave;me de la dette, et une r&amp;eacute;gulation de l&#039;&amp;eacute;conomie mondiale au service des droits fondamentaux et de l&#039;environnement &amp;raquo;. Cette demande unanime de la soci&amp;eacute;t&amp;eacute; civile, bien que l&amp;eacute;gitime, n&#039;a peu de chance d&#039;aboutir tant que les r&amp;egrave;gles qui r&amp;eacute;gissent les institutions publiques internationales seront d&amp;eacute;finies par les &amp;Eacute;tats membres et non par les citoyens qu&#039;ils repr&amp;eacute;sentent &lt;a class=&quot;footnote&quot; href=&quot;#_ftn23&quot; name=&quot;_ftnref23&quot;&gt;[23]&lt;/a&gt;. Par cons&amp;eacute;quent, aussi longtemps que le principe d&#039; &amp;laquo; un vote par dollars &amp;raquo; primera sur celui d&#039; &amp;laquo; un vote par pays &amp;raquo;, les peuples subiront les d&amp;eacute;rives des priorit&amp;eacute;s financi&amp;egrave;res. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Footnotes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;#_ftnref1&quot; name=&quot;_ftn1&quot;&gt;[1]&lt;/a&gt; Compos&amp;eacute; de la Banque Internationale pour la Reconstruction et le D&amp;eacute;veloppement (BIRD), de l&#039;Association Internationale pour le D&amp;eacute;veloppement (AID) et de la Soci&amp;eacute;t&amp;eacute; Financi&amp;egrave;re Internationale (SFI). &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;a ftn2&#039; href=&quot;#_ftnref2&quot; name=&quot;_ftn2&quot;&gt;[2]&lt;/a&gt; Regroupant la Banque Mondiale (BM) et le Fond Mon&amp;eacute;taire International (FMI). &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;a ftn3&#039; href=&quot;#_ftnref3&quot; name=&quot;_ftn3&quot;&gt;[3]&lt;/a&gt; Communiqu&amp;eacute; de l&#039;AFP du 6 juin 2000, &lt;a href=&quot;http://www.izf.net/&quot;&gt;www.izf.net&lt;/a&gt;. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;a ftn4&#039; href=&quot;#_ftnref4&quot; name=&quot;_ftn4&quot;&gt;[4]&lt;/a&gt; Le consortium p&amp;eacute;trolier se compose de deux compagnies am&amp;eacute;ricaines, Exxon Mobil (40%) et Chevron (25%) et de la compagnie d&#039;&amp;Eacute;tat malaisienne Petronas (35%). &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;#_ftnref5&quot; name=&quot;_ftn5&quot;&gt;[5]&lt;/a&gt; Un Panel d&#039;Experts en mati&amp;egrave;re Environnementale et Sociale (PEES) ainsi qu&#039;un Groupe Externe de Suivi de Conformit&amp;eacute; Environnementale (GESCE) s&#039;assurent de la mise en &amp;oelig;uvre et du suivi du Plan de Gestion de l&#039;Environnement (PGE). &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;a ftn6&#039; href=&quot;#_ftnref6&quot; name=&quot;_ftn6&quot;&gt;[6]&lt;/a&gt; Source : Banque Mondiale, &lt;a href=&quot;http://www.worlbank.org/&quot;&gt;www.worldbank.org&lt;/a&gt;,  Banque Europ&amp;eacute;enne d&#039;Investissement, &lt;a href=&quot;http://www.bei.org/&quot;&gt;www.bei.org&lt;/a&gt;. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;#_ftnref7&quot; name=&quot;_ftn7&quot;&gt;[7]&lt;/a&gt; Source : SFI, &lt;a href=&quot;http://www.ifc.org/&quot;&gt;www.ifc.org&lt;/a&gt;. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La SFI est l&#039;agence du Groupe de la Banque Mondiale (GBM) charg&amp;eacute;e de la promotion du secteur priv&amp;eacute; dans les pays en voie de d&amp;eacute;veloppement. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;a ftn8&#039; href=&quot;#_ftnref8&quot; name=&quot;_ftn8&quot;&gt;[8]&lt;/a&gt; 10% du PIB tchadien, 3% des recettes budg&amp;eacute;taires actuelles du Cameroun. Source : BEI, &lt;a href=&quot;http://www.bei.org/&quot;&gt;www.bei.org&lt;/a&gt;. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;a ftn9&#039; href=&quot;#_ftnref9&quot; name=&quot;_ftn9&quot;&gt;[9]&lt;/a&gt; &lt;i&gt;L&#039;intelligent, &lt;/i&gt; n&amp;deg;oct.03, hebdomadaire du groupe &lt;i&gt;Jeune Afrique&lt;/i&gt; , &lt;a href=&quot;http://www.lintelligent.com/&quot;&gt;www.lintelligent.com&lt;/a&gt;. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;a ftn10&#039; href=&quot;#_ftnref10&quot; name=&quot;_ftn10&quot;&gt;[10]&lt;/a&gt; Sources : &lt;a href=&quot;http://www.foei.org/&quot;&gt;www.Foei.org&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.amisdelaterre.org/&quot;&gt;www.amisdelaterre.org&lt;/a&gt;. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;a ftn11&#039; href=&quot;#_ftnref11&quot; name=&quot;_ftn11&quot;&gt;[11]&lt;/a&gt; Jacques Ngun appartient &amp;agrave; l&#039;ethnie Bagyeli et est &amp;agrave; la t&amp;ecirc;te de l&#039;association &lt;i&gt;Survival&lt;/i&gt; . Source : &lt;i&gt;Lib&amp;eacute;ration&lt;/i&gt; du 07/06/00. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;a ftn12&#039; href=&quot;#_ftnref12&quot; name=&quot;_ftn12&quot;&gt;[12]&lt;/a&gt; Estim&amp;eacute;s par l&#039;Agence Fran&amp;ccedil;aise de D&amp;eacute;veloppement &amp;agrave; 45% du total des revenus. Source : &lt;a href=&quot;http://www.grioo.com/&quot;&gt;www.grioo.com&lt;/a&gt;. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;#_ftnref13&quot; name=&quot;_ftn13&quot;&gt;[13]&lt;/a&gt; Les amis de la terre, &lt;a href=&quot;http://www.amisdelaterre.org/&quot;&gt;www.amisdelaterre.org&lt;/a&gt;. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;a ftn14&#039; href=&quot;#_ftnref14&quot; name=&quot;_ftn14&quot;&gt;[14]&lt;/a&gt; Entretien avec le &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt; , d&amp;eacute;p&amp;ecirc;che de l&#039;AFP du 8 juin 2000, &lt;a href=&quot;http://www.izf.net/&quot;&gt;www.izf.net&lt;/a&gt;. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;#_ftnref15&quot; name=&quot;_ftn15&quot; title=&quot;&quot;&gt;[15]&lt;/a&gt; Le Monde du 3 juin 2000 : article de Marie-H&amp;eacute;l&amp;egrave;ne Aubert (d&amp;eacute;put&amp;eacute;e Verte, vice-pr&amp;eacute;sidente du groupe RCV, pr&amp;eacute;sidente de la mission d&#039;information sur le r&amp;ocirc;le des compagnies p&amp;eacute;troli&amp;egrave;res dans la politique internationale), et de Ngarelejy Yorongar (d&amp;eacute;put&amp;eacute; f&amp;eacute;d&amp;eacute;raliste de B&amp;eacute;d&amp;eacute;djia au Tchad, pr&amp;eacute;sident de la F&amp;eacute;d&amp;eacute;ration pour le respect des lois et des libert&amp;eacute;s). &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;#_ftnref16&quot; name=&quot;_ftn16&quot;&gt;[16]&lt;/a&gt; Rapport : Peuples et Environnement en Danger, Analyse de l&#039;&amp;eacute;tude d&#039;impact remise par Exxon &amp;agrave; la Banque Mondiale, par Korinna Horta, Delphine Djiraibe, Samuel Nguiffo. Source : &lt;a href=&quot;http://www.amisdelaterre.org/&quot;&gt;www.amisdelaterre.org&lt;/a&gt;. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;a ftn17&#039; href=&quot;#_ftnref17&quot; name=&quot;_ftn17&quot;&gt;[17]&lt;/a&gt; Sources : -R&amp;eacute;seaux d&#039;Information R&amp;eacute;gionaux Int&amp;eacute;gr&amp;eacute;s (IRIN) : organe rattach&amp;eacute; au bureau de l&#039;ONU pour la Coordination des affaires humanitaires (OCHA). &lt;a href=&quot;http://www.irinnews.org/&quot;&gt;www.irinnews.org&lt;/a&gt;. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;-Centre de recherches pour le d&amp;eacute;veloppement international (CRDI) : soci&amp;eacute;t&amp;eacute; d&#039;&amp;Eacute;tat canadienne, collaborant &amp;eacute;troitement avec plusieurs minist&amp;egrave;res du gouvernement f&amp;eacute;d&amp;eacute;ral, principalement avec celui des Affaires &amp;eacute;trang&amp;egrave;res et l&#039;Agence Canadienne de D&amp;eacute;veloppement International (ACDI). &lt;u&gt;&lt;a href=&quot;http://www.web.idrc.ca/&quot;&gt;www.web.idrc.ca&lt;/a&gt;&lt;/u&gt;. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;-&lt;i&gt;Oilwatch&lt;/i&gt;:  r&amp;eacute;seau de r&amp;eacute;sistance aux activit&amp;eacute;s p&amp;eacute;troli&amp;egrave;res dans les pays tropicaux. &lt;a href=&quot;http://www.oilwatch.org/&quot;&gt;www.oilwatch.org&lt;/a&gt;. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;a ftn18&#039; href=&quot;#_ftnref18&quot; name=&quot;_ftn18&quot;&gt;[18]&lt;/a&gt; D&amp;eacute;p&amp;ecirc;che de l&#039;AFP du 13/09/02, &lt;a href=&quot;http://www.izf.net/&quot;&gt;www.izf.net&lt;/a&gt;. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;a ftn19&#039; href=&quot;#_ftnref19&quot; name=&quot;_ftn19&quot;&gt;[19]&lt;/a&gt; &lt;a href=&quot;http://www.amisdelaterre.org/&quot;&gt;www.amisdelaterre.org&lt;/a&gt;. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;a ftn20&#039; href=&quot;#_ftnref20&quot; name=&quot;_ftn20&quot;&gt;[20]&lt;/a&gt; Selon la F&amp;eacute;d&amp;eacute;ration Internationale des Droits de l&#039;Homme (FIDH), sur un total de &amp;laquo; 8 milliards de revenus, 5,7 milliards iront aux op&amp;eacute;rateurs &amp;raquo;, au monopole am&amp;eacute;ricain Exxon-Mobil/chevron et aux entreprises sous-traitantes, dont 60% sont fran&amp;ccedil;aises. Voir site de l&#039;Ambassade de France au Cameroun, &lt;a href=&quot;http://www.ambafrance.cm.org/&quot;&gt;www.ambafrance.cm.org&lt;/a&gt;. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;#_ftnref21&quot; name=&quot;_ftn21&quot;&gt;[21]&lt;/a&gt; &lt;i&gt;Le cercle des droits&lt;/i&gt; &lt;span style=&#039;color:black&#039;&gt;: Activisme en faveur des droits &amp;eacute;conomiques, sociaux et humains, Module 27. Human rights resource center, University of minnesota. &lt;a href=&quot;http://www.hrusa.org/&quot;&gt;www.hrusa.org&lt;/a&gt;. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;#_ftnref22&quot; name=&quot;_ftn22&quot;&gt;[22]&lt;/a&gt; Le r&amp;eacute;seau pour la r&amp;eacute;forme des institutions financi&amp;egrave;res internationales regroupe une trentaine d&#039;associations fran&amp;ccedil;aises. Il est coordonn&amp;eacute; par &lt;i&gt;Agir ici&lt;/i&gt; , l&#039;&lt;i&gt;AITEC&lt;/i&gt; et le &lt;i&gt;CRID&lt;/i&gt; et travaille en partenariat avec de nombreuses associations du Sud et du Nord. &lt;a href=&quot;http://www.globenet.org/&quot;&gt;www.globenet.org&lt;/a&gt;. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;#_ftnref23&quot; name=&quot;_ftn23&quot;&gt;[23]&lt;/a&gt; Fond&amp;eacute;e parall&amp;egrave;lement &amp;agrave; la cr&amp;eacute;ation des Nations Unies et du Fonds Mon&amp;eacute;taire International (FMI), la BM fait officiellement partie du syst&amp;egrave;me des Nations Unies en tant qu&#039;organisme sp&amp;eacute;cialis&amp;eacute;, sans &amp;ecirc;tre oblig&amp;eacute;e d&#039;adh&amp;eacute;rer &amp;agrave; ses accords ou d&amp;eacute;cisions. La Banque mondiale est une institution publique d&amp;eacute;tenue par ses 181 pays membres. &lt;a href=&quot;http://www.hrusa.org/&quot;&gt;www.hrusa.org&lt;/a&gt;. &lt;/p&gt;        &lt;/div&gt;
        &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/fieldset&gt;
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                    Malgr&amp;eacute; les deux ann&amp;eacute;es de consultations, de conf&amp;eacute;rences, de d&amp;eacute;bats et de discussions qui ont pr&amp;eacute;c&amp;eacute;d&amp;eacute; la signature du contrat, les d&amp;eacute;cisions prises par le Groupe de la Banque Mondiale, font encore l&#039;objet de vives critiques, &amp;eacute;crit &lt;strong&gt;Vivien Jaboeuf&lt;/strong&gt;.        &lt;/div&gt;
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 <category domain="http://www.dominionpaper.ca/author/vivien_jaboeuf">Vivien Jaboeuf</category>
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 <pubDate>Tue, 14 Dec 2004 01:59:33 +0000</pubDate>
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