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 <title>The Dominion - Français</title>
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 <title>Les Talibans regagne la faveur des Afghans</title>
 <link>http://www.dominionpaper.ca/articles/1175</link>
 <description>&lt;fieldset class=&quot;fieldgroup group-content&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field field-type-text field-field-subhead&quot;&gt;
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                    À Kandahar, où l’insécurité règne, les américains perdent peu à peu le soutien de la population        &lt;/div&gt;
        &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
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                    &lt;p&gt;Quiconque tient à la vie évite de sortir le soir à Kandahar. Dans cette ville, véritable coupe-gorge, les chances de survie diminuent au coucher du soleil. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Subissant quotidiennement cette situation d’insécurité, la population s’exaspère et désigne les coupables. Plus de cinq ans après les promesses de paix, de prospérité et de liberté, nombreux sont ceux qui souhaitent le retour des Talibans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« Les États-unis se disent démocratiques, modernes et possesseur du savoir, mais ils nous mystifient de tant de manières. Comment pouvons-nous leur pardonner ? », s’indigne Faiz Mohammed Karigar, un résident de Kandahar. &lt;/p&gt;
        &lt;/div&gt;
        &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
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                    &lt;p&gt;« Si je m’assois à une table avec un Américain et il me dit qu’il nous a apporté la liberté, je vais lui répondre qu’il nous a trompé : “ Tu ne nous a pas apporté la liberté “. »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que le monde commence à prendre la pleine mesure de l’horreur en Irak, l’Afghanistan sombre dans le même bourbier infernal. Chaque semaine, la liste des morts s’allonge dans une guerre que le Premier ministre du Canada, Stephen Harper, considère sur le point d’être remportée. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« Quand les Talibans étaient ici, je me suis enfui jusqu’à la frontière iranienne, mais je n’ai jamais été inquiet pour ma famille », assure M. Karigar. « Chaque minute durant les trois dernières années, j’ai été très inquiet. Peut-être les Américains vont venir chez moi ce soir, toucher ma femme, toucher mes enfants et m’arrêter. »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« J’ai déjà décidé de me tenir debout, de les affronter. Je vais me dresser contre eux même si je les vois dans la rue. Je vais me battre contre eux avec ma langue, avec mes mains, avec des fusils. Je vais me battre contre eux de toutes les manières possibles. »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est au sud, dans la province de Kandahar, que le mouvement Taliban est né, et c’est là qu’il est revenu à la vie, régénéré par la colère des Afghans envers les troupes étrangères. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand le Mollah Mohammed Omar était au pouvoir, les Afghans pouvaient marcher en sécurité dans la rue, tant qu’ils souscrivaient à l’interprétation stricte de la Loi islamique.  Maintenant, une simple sortie au marché est risquée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« C’est exact, [le président Hamid] Karzai en appelle toujours à la démocratie et assure que tout va bien, mais ce ne sont que des mots », proteste Maria Farah, une mère de cinq enfants. « Si vous rencontrez des femmes, leurs visages sont très tristes. Je ne dis pas seulement deux ou trois femmes. Tous nos visages sont très tristes. Si vous allez dans les maisons, vous verrez la même expression sur le visage des maris car ils n’arrivent pas à trouver d’emploi et s’inquiètent pour la sécurité et l’avenir des enfants. »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« Je ne peux seulement parler de la ville de Kandahar. Je crois que la vie sous les Talibans était très bonne. Si nous n’avions pas le ventre plein, nous pouvions au moins obtenir un peu de nourriture et puis aller dormir. Si nous sortions quelque part, il n’y avait aucun problème », ajoute-t-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« Qu’en est-il maintenant ? Si nous sortons, nous ne savons pas si nous rentrerons à la maison sain et sauf. S’il y a une explosion et que les Américains passent par là, ils vont ouvrir le feu sur tout le monde. Les problèmes de sécurité sont considérables ici. Si une personne roule sur l’autoroute, elle sera arrêtée et décapitée. Si les femmes sortent de la maison la nuit tombée, les gens les regardent avec de la haine dans les yeux. »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La femme de 33 ans termine notre conversation par une simple requête : « Demandez à [George W.] Bush de venir ici une seule fois pour rencontrer des femmes qui veulent lui arracher la peau ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu de temps après leur arrivée à Kandahar, au milieu des années 1990, les Talibans ont apporté la paix à une région jusque là dirigée par des seigneurs de guerre rivaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd’hui, c’est une des régions les plus dangereuses du pays ; les violences politique et criminelle y répandent la peur à travers la population. Dans cette province du sud, les quelques 2 500 soldats canadiens font face aux attaques-suicides, aux échanges de coups de feu et aux bombardements routiers de plus en plus fréquents. Les pertes en vies humaines augmentent dans les deux camps armés.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais quelle que soit la cause réelle des effusions de sang, les Afghans blâment presque toujours les soldats étrangers et les forces de sécurité locales. Un grand nombre d’entre eux considèrent la présence des États-Unis dans leur pays comme une occupation militaire, ne faisant souvent peu ou pas de distinction entre les différentes nations engagées dans la mission dirigée par l’OTAN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« Peu importe si une route a été construite », commente Haji Abdul Rahman, un aîné tribal. « Si vous construisez une route et tuez en même temps, quel est le bénéfice ? »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« Tout le monde est voleur. Je te garantis que si tu t’assois dans ma voiture et que je t’emmène faire un tour, aucun Taliban ne va te prendre. Mais je ne peux rien te garantir de la police. Si on t’arrête, on va te voler ton argent et ta caméra. »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son ami, Abdul Hamid, partage ses inquiétudes. Ses six fils sont sans emploi et il croit que le jihad est la seule possibilité d’avenir pour l’Afghanistan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« La situation est bien pire que la période d’occupation russe », dit l’homme de 71 ans. « À cette époque, peut-être étions-nous inquiets qu’un missile s’écrase sur notre maison, mais nous n’avions pas peur qu’ils viennent eux-mêmes dans notre maison. »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« Un de mes fils voulait se joindre aux militaires. L’idée ne me plaisait pas.  Je lui ai dit que notre pays est détraqué, que tout le monde est voleur et qu’il faut se tenir debout et se battre pour la vérité. »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Panjwayi est une place forte des Talibans dans l’ouest de la province de Kandahar. En mai dernier, les forces menées par les États-Unis ont attaqué par voie aérienne les présumés insurgés du district.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les officiels américains ont annoncé la mort de 80 militants, mais les villageois présents sur les lieux affirment que nombre de victimes étaient des civils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mawlawi Abdul Hadid, un homme de 45 ans, affirme que dix-huit membres de sa famille ont péri lors du raid. Selon lui, une petite fille de deux ans figurait sur la liste de la trentaine de victimes innocentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« Au début, vous n’aviez qu’un ennemi.  Puis vous vous en êtes fait deux, puis trois, et maintenant moi aussi je me lève contre vous », déclare-t-il. « Vous avez fait de moi votre ennemi et je vais me lever contre vous. »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« Les Talibans sont les fils de ce pays : mon fils est un Talib et ton fils est un Talib », ajoute M. Hadid en faisant des gestes vers un autre homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« Les Talibans se battent pour nos droits, l’humanité et la vérité. Jour après jour les Américains perdent des appuis et beaucoup de gens soutiennent désormais les Talibans. »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on lui demande combien de temps va prendre la défaite les soldats étrangers, M. Hadid donne une réponse qu’on entend de plus en plus à travers l’Afghanistan. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« Dans l’Islam, nous ne savons pas ce qui va arriver demain », dit-il. « Mais nous savons une chose : Dieu les a amenés ici, et Dieu les fera partir. »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Traduit par Loca Noregreb&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
        &lt;/div&gt;
        &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
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                    &lt;a href=&quot;/images/1174&quot;&gt;Afghanistan&lt;/a&gt;        &lt;/div&gt;
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 <pubDate>Sun, 13 May 2007 11:30:13 +0000</pubDate>
 <dc:creator>hillarybain</dc:creator>
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 <title>Les crimes du «développement» au Guatemala</title>
 <link>http://www.dominionpaper.ca/articles/1058</link>
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                    Part 1 : Skye Resources et la réoccupation des terres au Guatemala        &lt;/div&gt;
        &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
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                    &lt;p&gt;Connu pour avoir accueilli le projet de mine de nickel de INCO des années soixante jusqu’à la moitié des années quatre-vingt, El Estor, au Guatemala, est de retour sur la scène médiatique. Il y a trois ans, Skye Resources, une compagnie minière canadienne basée à Vancouver, a racheté des concessions en promettant le développement économique de la région grâce à la création d’emplois locaux. Pourtant, sur le terrain, la compagnie se livre à des expulsions violentes par vagues successives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le village surpeuplé de Chichipate, situé à l’ouest d’El Estor, les habitants vivaient depuis plusieurs années sur des lots de terre chacun occupé par au moins cinq familles. À la mi-septembre 2006, 400 familles divisées en six groupes se sont installées sur les terres appartenant à la filière guatémaltèque de Skye Resources, la Compania Guatemalteca de Niquel (CGN).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande majorité des gens ayant pris part à ce que certains ont nommé « l’invasion des terres » sont des paysans Maya Q’eqchi. Leur désir principal est d’avoir assez de terre pour subvenir aux besoins de leur famille avec une agriculture de subsistance.&lt;/p&gt;
        &lt;/div&gt;
        &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
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                    &lt;p&gt;Barrio Revolución est l’une des six nouvelles communautés de la région. Elle est apparue rapidement au cours des derniers mois sur les terres inutilisées ou improductives du concessionnaire minier. Face aux expulsions répétées, dont l’une forcée le 12 novembre 2006, les membres de la communauté ont construit et reconstruit des maisons au toit de chaume, monté un abri pour les rassemblements et commencé à semer du maïs et des fèves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors d’une visite début décembre, après la première expulsion, les gens me montraient leurs maisons dont plusieurs étaient encore en construction. Leur lieu de rassemblement était composé d’un large toit de feuilles de palmier hissées sur des poutres et d’un plancher lisse de terre où ils avaient installé des bancs faits à la main. Malgré les difficultés de la dernière expulsion, un regain d’espoir était palpable dans la communauté.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Doña Fidelia, une aînée vivant à Revolución, me rappela un fait important de leur histoire : « Nous récupérons nos terres, nous ne les envahissons pas. Certains d’entre nous sont nés sur ces terres avant l’arrivée de la compagnie minière. EXMIBAL n’était pas la première ici, nos parents y étaient ». Dans les années soixante, EXMIBAL, une compagnie d’exploitation de nickel, fut introduite dans la région par le géant minier canadien INCO. En 2004, Skye Resources acheta EXMIBAL et commença l’exploration sous le nom « Fenix Project », puis CGN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cimetière de la communauté, au cœur de Revolución, des pierres tombales datant des années 20 viennent appuyer la thèse de la terre d’origine. Quand EXMIBAL a commencé à acheter et nettoyer les terres dans les années 1960, les habitants de la région furent soit soudoyés, soit forcés de partir. Certains furent même assassinés.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D’une voix franche, Fedelia explique que ses parents « payèrent de leur vie la défense active et physique de leur terre ». Les histoires comme celle de Fedelia ne sortent pas de l’ordinaire pour la population paysanne de la région. Beaucoup ont perdu des amis, des membres de leur famille et leurs meneurs dans ce conflit qui a tourmenté le Guatemala pendant 36 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Même si les conditions de vie se sont sans aucun doute améliorées depuis les accords de paix de 1996, un climat de peur et d’incertitude règne depuis le début de la réoccupation des terres en septembre 2006. Les personnes rencontrées en décembre ont évoqué les survoles bihebdomadaire d’hélicoptères et les rencontres sans résultat avec des porte-parole de la compagnie où la communauté n’est pas autorisé à faire appel à des représentants légaux ou des traducteurs. Ils ont également parlé d’une nuit horrible en novembre où des centaines de militaires et de policiers sont venus pour chasser les gens des terres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La première expulsion a été effectuée le 12 novembre sous un mandat signé par un juge, comme le requiert la législation guatémaltèque. Dans des déclarations rappelant l’époque de EXMIBAL, des témoins oculaires de la nuit des expulsions expliquèrent que des groupes de policiers et de militaires furent déployés à l’intérieur des frontières de la propriété de la compagnie – certains utilisèrent même les véhicules de la compagnie – pour expulser les gens de leur maison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revolución a fait face à un autre ordre d’expulsion le 27 décembre dernier, pendant la période de Noël. En suivant les procédures d’expulsion spécifique à la loi sur l’occupation d’une terre privée, CGN-Skye Resources désirait suivre une démarche « légale ». Le matin du 27, les habitants de Revolución étaient organisés et s’attendaient au pire. C’est en écoutant la radio locale qu’ils ont appris l’annulation de l’intervention policière.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors qu’un sentiment de soulagement planait, un nouvel avis d’expulsion fut annoncé pour le 8 janvier 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Traduit par Projet Accompagnement Québec-Guatemala&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À lire: Partie II : Skye Resources incendie des maisons&lt;/p&gt;
        &lt;/div&gt;
        &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
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                    &lt;a href=&quot;/images/1056&quot;&gt;Skye Resources 1&lt;/a&gt;        &lt;/div&gt;
        &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
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                    &lt;a href=&quot;/images/1057&quot;&gt;Skye Resources 2&lt;/a&gt;        &lt;/div&gt;
        &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
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 <category domain="http://www.dominionpaper.ca/author/dawn_paley">Dawn Paley</category>
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 <pubDate>Fri, 09 Mar 2007 13:38:10 +0000</pubDate>
 <dc:creator>hillarybain</dc:creator>
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 <title>Le Soutien des États-Unis au Fatah Crée un Nouveau Conflit</title>
 <link>http://www.dominionpaper.ca/articles/1040</link>
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                    Le Hamas et le Fatah s&amp;#039;engagent dans une rivalité meurtrière.        &lt;/div&gt;
        &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
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                    &lt;p&gt;Le son des explosions, des fusillades intenses et des sirènes d&#039;ambulances a de nouveau retenti dans la bande de Gaza, le 1er février, seulement deux jours après la cessation des combats entre les partisans du Fatah et du Hamas durant lesquels plus de 30 Palestiniens sont morts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À la tombée de la nuit, on dénombrait six décès et plus de 60 blessés à Gaza. Des combattants fidèles au gouvernement élu du Hamas – la force exécutive du ministre de l&#039;Intérieur et la milice du mouvement islamiste, les Brigades Izzadin Al-Qassam – affrontaient les forces de sécurité du Fatah, fidèles au Président de l&#039;Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l&#039;après-midi, au moment des combats, le Hamas a intercepté quatre camions de chargement venant d&#039;Israël par le passage de Kerem Shalom. Ces derniers ont voulu réquisitionner la cargaison d&#039;armes destinée à la garde présidentielle, une force de sécurité fidèle à M. Abbas et soutenue par les États-Unis.&lt;/p&gt;
        &lt;/div&gt;
        &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
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                    &lt;p&gt;Le Fatah a officiellement nié toute connaissance de cette cargaison d&#039;armes. Selon son porte-parole, Tawfiq Abu Khoussa, le convoi transportait seulement des tentes, des générateurs et du matériel médical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En décembre dernier, un chargement de 2 000 fusils, 20 000 chargeurs et 2 millions de cartouches d’origine égyptienne était transporté à travers ce même passage de Kerem Shalom. Le convoi, officialisé par Israël, avait également rejoint la bande de Gaza.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La reprise de la violence s&#039;est produite au moment où Washington a annoncé le débloquement de 86,4 millions de dollars supplémentaires pour soutenir le Président M. Abbas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants du Hamas ont dénoncé la participation de Washington dans l’entraînement et le financement des forces de sécurité du Fatah. Son porte-parole, Ismayil Radwan, a déclaré dans une intervention publique que l&#039;intention de Washington était de « susciter une guerre civile dans l&#039;arène palestinienne ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Mouin Rabbani, analyste éminent à l&#039;International Crisis Group, les États-Unis poussent la garde présidentielle de M. Abbas à devenir la principale force de sécurité palestinienne. « Elle est renforcée afin de combattre la force exécutive du Hamas » a-t-il affirmé à IPS. Selon lui, les États-Unis travaillent sur le long terme au lieu de chercher à attiser les récents affrontements à Gaza.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« Il n&#039;y a pas d&#039;instigation directe des Américains car ils ne sont pas encore convaincus que le Fatah est prêt à affronter le Hamas », poursuit M. Rabbani. « Mais ils commencent à fournir des quantités importantes d&#039;armes, entraînent et financent le Fatah dans l’espoir qu’il dominera le conflit final. »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Washington a confirmé l’entraînement de la garde présidentielle de M. Abbas à la tactique des combats de rue, à Jéricho en Cisjordanie, sous la direction du lieutenant général Keith Dayton, coordinateur américain de la sécurité auprès d&#039;Israël et de l&#039;Autorité palestinienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En décembre, K. Dayton avait déclaré au quotidien israélien Yedioth Ahronoth: « Nous sommes engagés dans le renforcement de la garde présidentielle, procédant à son instruction, l&#039;aidant à se développer elle-même et lui donnant des idées ». K. Dayton avait démenti la préparation de cette force à la confrontation avec le Hamas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours en décembre, le Congrès américain a voté la loi contre le terrorisme palestinien. Celle-ci vise explicitement la direction élue du Hamas et cherche à soutenir l&#039;Autorité palestinienne en association avec le Fatah.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En vertu de cette loi, les États-Unis sanctionnent le Hamas jusqu&#039;à ce que « l&#039;Autorité palestinienne, contrôlée par le Hamas, accomplisse des progrès notoires dans la purge des individus des services de sécurité liés au terrorisme, dans le démantèlement de toutes les infrastructures terroristes, dans la coopération avec les services de sécurité israéliens, dans l&#039;arrêt de toute motivation anti-américaine et anti-israélienne, et dans l&#039;assurance de la démocratie et de la transparence financière. »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement islamique Hamas a mis fin à 40 années de règne du Fatah sur la scène politique palestinienne en gagnant les élections parlementaires de janvier 2006. Un régime de sanctions sévères, initié par les États-Unis, a été imposé au Hamas lors de la formation du gouvernement au mois de mars suivant. C&#039;est la première fois, selon les Nations Unies, que de telles sanctions sont prises contre une population sous occupation. Les sanctions ont aggravé la situation à Gaza, déjà qualifiée de crise humanitaire par des agences onusiennes comme le Programme Alimentaire Mondiale (PAM).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au minimum, les trois quarts du million et demi d’habitants vivent dans la pauvreté et sont menacés d&#039;insuffisance alimentaire. En outre, plus de 220 000 personnes sont totalement dépendantes de l&#039;assistance alimentaire du PAM.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, d&#039;après les sondages, les sanctions ne sont pas parvenues à éroder la popularité du Hamas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les Palestiniens, ce combat interne est une crise supplémentaire à celle des 40 années d’occupation israélienne. « Ce matin, je voulais amener ma fille au jardin d&#039;enfants, mais je n&#039;ai pu passer à cause des barrages routiers. Toutes les boutiques sont fermées et les rues sont vides. La population de Gaza écoute seulement les nouvelles et les coups de feu », a confié Nabil Diab, chargé des relations publiques pour le Croissant Rouge palestinien à Gaza ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« Les gamins avaient l&#039;habitude de jouer aux “Palestiniens contre les Israéliens“. Maintenant, ils jouent au “Fatah contre le Hamas“ », dit le père de deux enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Centre Al-Mezan pour les Droits de l&#039;Homme à Gaza a dénombré 63 morts et plus de 300 blessés durant les combats de décembre entre le Hamas et le Fatah.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces affrontements armés ont lieu dans l’une des régions les plus densément peuplées du monde et font énormément de victimes civiles : huit enfants tués et plus de 30 blessés durant le mois de janvier. Une souffrance de plus pour les habitants de Gaza qui ont vécu 60 ans de déplacements forcés et sept années de guerre longue et oppressante avec Israël.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Palestiniens restent lucides sur les conséquences de cette lutte politique interne. Cette phrase lâchée à IPS par une habitante de Gaza, pressée de rentrer chez elle avec ses courses, résume bien leurs inquiétudes : « Si ces combats continuent, nous allons nous anéantir nous-mêmes ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Sources : IPS, « &lt;a href=&quot;http://ipsnews.net/news.asp?idnews=36416&quot;&gt;U.S. Backing for Fatah Stirs New Conflict&lt;/a&gt; »&lt;br /&gt;
Traduction : Campagne Civile Internationale pour la Protection du Peuple Palestinien (CCIPPP) et Vivien Jaboeuf&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
        &lt;/div&gt;
        &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
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                    &lt;a href=&quot;/images/1038&quot;&gt;Un Drapeau Palestinien&lt;/a&gt;        &lt;/div&gt;
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                    &lt;a href=&quot;/images/1039&quot;&gt;Mohammed Dahlan&lt;/a&gt;        &lt;/div&gt;
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 <category domain="http://www.dominionpaper.ca/author/jon_elmer">Jon Elmer</category>
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 <pubDate>Fri, 02 Mar 2007 12:20:46 +0000</pubDate>
 <dc:creator>hillarybain</dc:creator>
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 <title>Chávez, le diable et l&#039;ONU</title>
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 <description>&lt;fieldset class=&quot;fieldgroup group-content&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field field-type-text field-field-subhead&quot;&gt;
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                    Le pr&amp;amp;eacute;sident v&amp;amp;eacute;n&amp;amp;eacute;zuelien Hugo Ch&amp;amp;aacute;vez plaide pour une r&amp;amp;eacute;forme de l&amp;#039;ONU.        &lt;/div&gt;
        &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
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                    &lt;div class=&quot;imagebox&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;Hugo_web.jpg&quot; src=&quot;http://dominionpaper.ca/img/environment/Hugo_web.jpg&quot; width=&quot;250&quot; height=&quot;213&quot; /&gt;&lt;br /&gt;Hugo Ch&amp;aacute;vez  &lt;span class=&quot;photocredit&quot;&gt;photographe: UN&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;[&lt;a href=&quot;http://dominionpaper.ca/international_news/2006/09/25/coverage_o.html&quot;&gt;English Article&lt;/a&gt;]

&lt;p&gt;Lors de son allocution &amp;agrave; la 61e session de l&#039;Assembl&amp;eacute;e g&amp;eacute;n&amp;eacute;rale des Nations Unies, le 20 septembre dernier, Hugo Ch&amp;aacute;vez, d&amp;eacute;sormais membre de &amp;laquo; l&#039;axe du Mal &amp;raquo;, a appel&amp;eacute; le pr&amp;eacute;sident am&amp;eacute;ricain George W. Bush &amp;laquo; le diable &amp;raquo;. Dans le m&amp;ecirc;me discours, le pr&amp;eacute;sident v&amp;eacute;n&amp;eacute;zuelien a plaid&amp;eacute; pour une profonde r&amp;eacute;forme de l&#039;ONU, affirmant que son assembl&amp;eacute;e g&amp;eacute;n&amp;eacute;rale avait d&amp;eacute;g&amp;eacute;n&amp;eacute;r&amp;eacute; en &amp;laquo; un simple organe de d&amp;eacute;lib&amp;eacute;ration &amp;raquo; sans grand pouvoir.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La plupart des m&amp;eacute;dias ont bien s&amp;ucirc;r concentr&amp;eacute; leurs r&amp;eacute;flexions sur la rh&amp;eacute;torique incendiaire de H. Ch&amp;aacute;vez et n&#039;ont fait peu de cas de sa proposition de &amp;laquo; refondation &amp;raquo; des Nations Unies. Il d&amp;eacute;crit cette r&amp;eacute;forme en cinq points : donner un v&amp;eacute;ritable acc&amp;egrave;s au Conseil de s&amp;eacute;curit&amp;eacute; aux pays de l&#039;h&amp;eacute;misph&amp;egrave;re Sud &amp;ndash; les pays en voie de d&amp;eacute;veloppement en particulier; cr&amp;eacute;er des m&amp;eacute;thodes efficaces pour r&amp;eacute;soudre les conflits et am&amp;eacute;liorer la transparence des d&amp;eacute;cisions; retirer imm&amp;eacute;diatement le droit de veto aux cinq membres permanents du Conseil de s&amp;eacute;curit&amp;eacute; &amp;ndash; droit que les Etats-Unis ont exerc&amp;eacute; le plus fr&amp;eacute;quemment depuis 1972 et qui a permis le r&amp;eacute;cent bombardement du Liban; augmenter les pouvoirs du Secr&amp;eacute;taire g&amp;eacute;n&amp;eacute;ral de l&#039;ONU; d&amp;eacute;m&amp;eacute;nager l&#039;ONU dans une ville de l&#039;h&amp;eacute;misph&amp;egrave;re Sud.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La proposition de H. Ch&amp;aacute;vez fait &amp;eacute;cho &amp;agrave; son appel &amp;agrave; un &amp;laquo; &lt;a href=&quot;http://canadiandimension.com/articles/2005/09/27/169/&quot;&gt;nouvel ordre mondial&lt;/a&gt; &amp;raquo; de l&#039;an pass&amp;eacute;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le Venezuela convoite pr&amp;eacute;sentement un si&amp;egrave;ge non permanent au conseil de s&amp;eacute;curit&amp;eacute; pour lequel il lui faudra obtenir les deux tiers des votes des 192 membres de l&#039;Assembl&amp;eacute;e g&amp;eacute;n&amp;eacute;rale. Les Etats-Unis et le Canada supportent quant &amp;agrave; eux le Guatemala, son rival sud-am&amp;eacute;ricain. Selon &lt;a href=&quot;http://upsidedownworld.org/main/content/view/338/1&quot;&gt;Cyril Mychalejko&lt;/a&gt; de l&#039;organisation Upside Down World, les Etats-Unis s&#039;opposent &amp;agrave; la candidature du Venezuela en raison du militantisme de H. Ch&amp;aacute;vez pour une r&amp;eacute;forme radicale de l&#039;ONU.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;NB : L&#039;int&amp;eacute;gral du discours de H. Ch&amp;aacute;vez est disponible en anglais sur le site de l&#039;organisation &lt;a href=&quot;http://www.counterpunch.org/chavez09202006.html&quot;&gt;Counterpunch&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;
&lt;/p&gt;

&lt;em&gt;Traduction de Alexandre Leclerc&lt;/em&gt;        &lt;/div&gt;
        &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/fieldset&gt;
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                    &lt;img alt=&quot;Hugo_fp.jpg&quot; src=&quot;http://dominionpaper.ca/img/environment/Hugo_fp.jpg&quot; width=&quot;230&quot; height=&quot;133&quot; /&gt;Le pr&amp;eacute;sident v&amp;eacute;n&amp;eacute;zuelien Hugo Ch&amp;aacute;vez plaide pour une r&amp;eacute;forme de l&#039;ONU.        &lt;/div&gt;
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 <category domain="http://www.dominionpaper.ca/author/anna_carastathis">Anna Carastathis</category>
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 <pubDate>Mon, 20 Nov 2006 16:53:41 +0000</pubDate>
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 <title>Visite du président élu d&#039;Haïti M. René Préval</title>
 <link>http://www.dominionpaper.ca/francais/2006/05/02/visite_du_.html</link>
 <description>&lt;fieldset class=&quot;fieldgroup group-content&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field field-type-text field-field-extended&quot;&gt;
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                    &lt;div class=&quot;imagebox&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;preval_brazil_web.jpg&quot; src=&quot;http://dominionpaper.ca/img/news/preval_brazil_web.jpg&quot; width=&quot;250&quot; height=&quot;164&quot; /&gt; &lt;br /&gt;Ren&amp;eacute; Pr&amp;eacute;val &amp;agrave; Bras&amp;iacute;lia. &lt;span class=&quot;photocredit&quot;&gt;photographe: Jos&amp;eacute; Cruz/ABr &lt;/span&gt; &lt;/div&gt; Le pr&amp;eacute;sident &amp;eacute;lu d&#039;Ha&amp;iuml;ti M. Ren&amp;eacute; Pr&amp;eacute;val, &amp;eacute;tait &amp;agrave; Ottawa ce lundi 1er mai 2006 pour une s&amp;eacute;ance de travail avec le premier ministre canadien M. Stephen Harper. Il a &amp;eacute;galement rencontr&amp;eacute; la Gouverneure G&amp;eacute;n&amp;eacute;rale du Canada Micha&amp;euml;lle Jean ainsi que des d&amp;eacute;put&amp;eacute;s du Parlement.

&lt;p&gt;La veille, le dimanche 30 avril, le pr&amp;eacute;sident &amp;eacute;lu donnait une entrevue exclusive en cr&amp;eacute;ole &amp;agrave; la radio communautaire ha&amp;iuml;tienne d&#039;Ottawa. M. Pr&amp;eacute;val qui a d&amp;eacute;j&amp;agrave; servi comme premier ministre en 1991,  a &amp;eacute;t&amp;eacute; &amp;eacute;galement pr&amp;eacute;sident de la r&amp;eacute;publique de 1996 &amp;agrave; 2001. Le peuple vient de lui renouveler sa confiance le 7 f&amp;eacute;vrier 2006 au cours des premi&amp;egrave;res &amp;eacute;lections tenues en Ha&amp;iuml;ti depuis le renversement du pr&amp;eacute;sident Aristide le 29 f&amp;eacute;vrier 2004 par les &amp;Eacute;tats-Unis, la France et le Canada. Lors de ce sanglant coup d&#039;&amp;eacute;tat, tous les &amp;eacute;lus ha&amp;iuml;tiens furent destitu&amp;eacute;s. Le gouvernement Latortue install&amp;eacute; par les grandes puissances, s&#039;est nettement signal&amp;eacute; par son incomp&amp;eacute;tence, la corruption, la r&amp;eacute;pression politique et polici&amp;egrave;re ainsi que par les nombreuses violations de la Constitution. Fait in&amp;eacute;dit, M. Latortue r&amp;eacute;voqua la majorit&amp;eacute; des membres de la Cour de Cassation ( Cour Supr&amp;ecirc;me )&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Au cours de l&#039;entrevue, M. Pr&amp;eacute;val a clairement exprim&amp;eacute; sa volont&amp;eacute; de faire respecter la souverainet&amp;eacute; nationale et de ne servir de marionnette &amp;agrave; personne. Pour lui, la question des prisonniers politiques constituera une priorit&amp;eacute; et devra &amp;ecirc;tre r&amp;eacute;solue dans les meilleurs d&amp;eacute;lais. Il souligna le fait que  M. Louis Joinet  envoy&amp;eacute; sp&amp;eacute;cial des Nations Unies mentionna &amp;agrave; plusieurs reprises le caract&amp;egrave;re ill&amp;eacute;gal et arbitraire de la d&amp;eacute;tention de ces personnes. Tous ces prisonniers sont des membres ou sympathisants du mouvement Lavalas et les plus connus sont Annette Auguste, Yvon Neptune et Jocelerme Privert. M. Pr&amp;eacute;val a &amp;eacute;galement r&amp;eacute;it&amp;eacute;r&amp;eacute; son intention de faire respecter cette disposition constitutionnelle qui interdit l&#039;exil &amp;agrave; des fins politiques. Il y a lieu de mentionner que le retour de M. Aristide en Ha&amp;iuml;ti comme citoyen, demeure le point central des revendications populaires.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Une semaine plus t&amp;ocirc;t, les membres du comit&amp;eacute; Ottawa-Ha&amp;iuml;ti Solidarit&amp;eacute; ont demand&amp;eacute; &amp;agrave; Mme Alexa Mc Donnough, critique du NPD en mati&amp;egrave;re des Relations Ext&amp;eacute;rieures de faire pression pour la lib&amp;eacute;ration des prisonniers politiques avant l&#039;entr&amp;eacute;e en fonction du pr&amp;eacute;sident Pr&amp;eacute;val. Ceci, dans le but de d&amp;eacute;gager son administration de cet &amp;eacute;pineux probl&amp;egrave;me.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Deux organisations bas&amp;eacute;es &amp;agrave; Montr&amp;eacute;al, ont profit&amp;eacute; de la visite de M. Pr&amp;eacute;val pour exiger du premier ministre canadien M. Harper des excuses, pour les torts irr&amp;eacute;parables caus&amp;eacute;s par le Canada &amp;agrave; la jeune d&amp;eacute;mocratie ha&amp;iuml;tienne lors de son intervention avant et  apr&amp;egrave;s le coup d&#039;&amp;eacute;tat.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Pr&amp;eacute;val s&#039;est montr&amp;eacute; optimiste pour les futures relations avec les &amp;Eacute;tats-Unis et a parl&amp;eacute; de la n&amp;eacute;cessit&amp;eacute; d&#039;un pacte de gouvernabilit&amp;eacute; pour les 25 prochaines ann&amp;eacute;es afin de stabiliser la gouvernance et favoriser la croissance.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le pr&amp;eacute;sident, indirectement critiqua  l&#039;actuel chef de l&#039;&amp;eacute;tat (de facto) M. Boniface Alexandre qui abdique de ses responsabilit&amp;eacute;s constitutionnelles concernant les relations avec les autres pays  au profit d&#039;un premier ministre (&amp;eacute;galement de facto) tout puissant.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Concernant les relations avec Cuba et le V&amp;eacute;n&amp;eacute;zuela qui ont fait sourcill&amp;eacute; plus d&#039;un, M. Pr&amp;eacute;val a &amp;eacute;t&amp;eacute; tr&amp;egrave;s clair, les int&amp;eacute;r&amp;ecirc;ts du pays sont sa priorit&amp;eacute; et la souverainet&amp;eacute; nationale n&#039;est pas n&amp;eacute;gociable. Cuba nous fournit une aide m&amp;eacute;dicale appr&amp;eacute;ciable et l&#039;int&amp;eacute;gration d&#039; Ha&amp;iuml;ti dans Petro-Caribe est une bouff&amp;eacute;e d&#039;oxyg&amp;egrave;ne pour contrer les prix  faramineux du carburant. Les relations entre les &amp;Eacute;tats-Unis et le V&amp;eacute;n&amp;eacute;zuela, c&#039;est leurs affaires, pas celles d&#039;Ha&amp;iuml;ti.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le pr&amp;eacute;sident &amp;eacute;lu sera &amp;agrave; Montr&amp;eacute;al mardi 2mai 2006, il doit rencontrer le premier ministre du Qu&amp;eacute;bec M. Jean Charest et s&#039;adressera par la suite aux membres de la communaut&amp;eacute; ha&amp;iuml;tienne. &lt;/p&gt;        &lt;/div&gt;
        &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/fieldset&gt;
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 <category domain="http://www.dominionpaper.ca/author/dru_oja_jay">Dru Oja Jay</category>
 <category domain="http://www.dominionpaper.ca/author/jean_saint_vil">Jean Saint-Vil</category>
 <category domain="http://www.dominionpaper.ca/issue/37">37</category>
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 <category domain="http://www.dominionpaper.ca/place/haiti">Haiti</category>
 <pubDate>Tue, 02 May 2006 20:50:44 +0000</pubDate>
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 <title>L’immortel inconnu</title>
 <link>http://www.dominionpaper.ca/articles/1064</link>
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                    Un portrait de l’arbre        &lt;/div&gt;
        &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
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                    &lt;p&gt;Omniprésent, géant ou miniature, millénaire avéré et témoin du temps, l’arbre est tout simplement l’un des éléments clefs de notre écosystème et de la construction des civilisations. Or, à en croire les biologistes, l’homme n’a pas encore rencontré cet être surprenant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La simple évocation de son nom induit instinctivement celui de bois, comme si l’arbre ne pouvait être utile que par son abattage. Un sort bien ironique puisque cette partie de son corps est déjà quasiment morte. Aveuglé par le visiblement utile, l’homme est passé à côté de l’arbre et de ses secrets. Si on échangeait alors un instant le dogme de l’ « arbre-tronc » contre un regard pausé sur la cime, les branches et les feuilles, où l’arbre garde un vrai trésor génétique et biochimique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, les chercheurs s’acharnent toujours à percer le mystère du code génétique de l’arbre. Une certitude, son génome est dix fois plus important que celui de l’homme et diffère dans chaque grande branche d’un même individu. Pour expliquer cet étonnant trait de caractère, Francis Hallé, biologiste et spécialiste de l’architecture des arbres, propose une hypothèse ingénieuse, mais impossible à vérifier : un arbre centenaire ou millénaire, bien sûr incapable de se mouvoir, s’adapterait aux changements climatiques en se transformant grâce à sa réserve génétique.&lt;/p&gt;
        &lt;/div&gt;
        &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
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                    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Voir plus haut&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd’hui, la recherche de plante médicinale dans les forêts équatoriales s’effectue toujours au niveau du sous-bois alors que le filon biochimique se trouve bien perché. Pour s’en rapprocher, les chercheurs, avec l’aide d’ingénieurs, ont inventé le « radeau des cimes », une toile d’araignée mobile reposant sur la canopée. Leurs efforts ont été récompensés puisqu’ils y ont découvert une quantité cinq fois plus élevée de molécules actives, celles dont la médecine moderne raffole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce déplacement de valeur est remarquable car il donne à la cime un intérêt économique supérieur à celui du tronc. Prenez 500 kg de feuilles, elles repousseront en un mois ; couper le bois, vous n’aurez plus de forêt et un écosystème endommagé ou détruit. Selon F. Hallé, si les compagnies pharmaceutiques jetaient leur dévolu sur la canopée, les ressources en molécules actives seraient économiquement protégées.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mieux connaître l’arbre, c’est aussi découvrir sa personnalité et imaginer une entité timide, comme le chêne vert d’Europe. Celui-ci préfère garder un espace de 80 cm, une fente sinueuse et compliquée, entre sa couronne de feuilles et celle d’un congénère de la même espèce. Personne n’en connaît le fonctionnement ni l’utilité. On suppose seulement l’existence de sens et d’organes très développés.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos connaissances sur sa vie souterraine ne sont pas plus étendues, car aucun scientifique n’a pensé à déterrer un arbre pour en étudier vraiment le comportement. On sait malgré tout que les arbres correspondent chimiquement entre eux grâce à des champignons, les micorises, vivant en symbiose avec les racines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un être complexe, sensible, communicatif et doté d’un pouvoir presque surnaturel : le contrôle de sa propre pluie. Car une énigme se pose aux scientifiques : comment expliquer, en effet, la présence de forêts fortement arrosées jouxtant des milieux plus arides comme les savanes ? L’hypothèse des molécules volatiles libérées par l’arbre pour influencer la pluviométrie de son milieu de vie ne résulte encore que d’une vague idée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que l’homme soit incapable de comprendre le rôle joué par un être végétal aussi proche et essentiel est symptomatique de son ignorance vis-à-vis de son écosystème. F. Hallé s’en amuse avec talent : « Demandez au plus compétent des architectes de concevoir une tour de 60 mètres avec 20 hectares de surface à son sommet, des fondations de deux mètres de profondeur dans un sol meuble, il vous prendra pour un fou. Pourtant, il ne s’agit que d’un arbre… »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Texte inspiré d’un entretien de Radio Canada avec Francis Hallé.&lt;br /&gt;
A lire absolument : Francis Hallé, &lt;/em&gt;Plaidoyer pour l’arbre&lt;em&gt;, Editions Actes Sud, 2005.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
        &lt;/div&gt;
        &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
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                    &lt;a href=&quot;/images/1063&quot;&gt;Un portrait de l&amp;#039;arbre&lt;/a&gt;        &lt;/div&gt;
        &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/fieldset&gt;
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 <category domain="http://www.dominionpaper.ca/author/vivien_jaboeuf">Vivien Jaboeuf</category>
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 <pubDate>Sun, 12 Mar 2006 20:58:19 +0000</pubDate>
 <dc:creator>hillarybain</dc:creator>
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 <title>Le destin des Bushmen est en suspens</title>
 <link>http://www.dominionpaper.ca/francais/2006/02/01/le_destin_.html</link>
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            &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;
                    Les bushmen luttent pour leur survie dans un proc&amp;amp;egrave;s intent&amp;amp;eacute; contre le gouvernement du Botswana        &lt;/div&gt;
        &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&quot;field field-type-text field-field-extended&quot;&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
            &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;
                    &lt;div class=&quot;imagebox&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;sesana-portrait_web.jpg&quot; src=&quot;http://dominionpaper.ca/img/environment/sesana-portrait_web.jpg&quot; width=&quot;250&quot; height=&quot;310&quot; /&gt;&lt;br /&gt;Roy Sesana, aussi connu sous le nom de Tobee Tcori, porte-parole et chef de file de l&#039;organisation First People of Kalahari&lt;/div&gt;&amp;laquo; Je me demande de quel d&amp;eacute;veloppement il s&#039;agit lorsque les gens vivent moins longtemps qu&#039;avant ? Le sida fait des ravages parmi nous. Nos enfants sont maltrait&amp;eacute;s dans les &amp;eacute;coles et ne veulent plus y aller. Certains d&#039;entre nous se prostituent. Nous n&#039;avons pas l&#039;autorisation de chasser. Les gens se battent entre eux par ennui et parce qu&#039;ils boivent. On commence &amp;agrave; constater des suicides. Nous n&#039;avions jamais vu cela. Cela fait mal &amp;agrave; dire. Est-ce cela le d&amp;eacute;veloppement ? &amp;raquo;

&lt;p&gt;Voici le triste constat dress&amp;eacute; par Roy Sesana, le porte-parole de First people of Kalahari (FPK), une organisation qui regroupe les Bushmen Gana et Gwi du Botswana, des populations de chasseurs-cueilleurs vivant dans le d&amp;eacute;sert du Kalahari depuis 20 000 ans. Lors d&#039;une visite de sensibilisation en Europe, R. Sesana a re&amp;ccedil;u &amp;agrave; Stockholm le Right Livelihood Award 2005, plus connu sous le nom de Prix Nobel Alternatif, pour sa &amp;laquo; d&amp;eacute;termination &amp;agrave; r&amp;eacute;sister &amp;agrave; l&#039;expulsion de leurs terres ancestrales &amp;raquo;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Une oppression qui date&lt;br /&gt;
&amp;laquo; La question de notre terre est depuis longtemps un enjeu de taille et les probl&amp;egrave;mes ont commenc&amp;eacute; dans les ann&amp;eacute;es 80. Le gouvernement du Botswana a tent&amp;eacute; de nous expulser de notre terre ancestrale, la r&amp;eacute;serve du Kalahari, et ses attaques se sont faites &amp;agrave; r&amp;eacute;p&amp;eacute;tition &amp;raquo;, rappelle le leader de FPK.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le combat des Bushmen s&#039;est intensifi&amp;eacute; en 1997 lorsque le gouvernement botswanais a d&amp;eacute;log&amp;eacute; 2 000 habitants de la R&amp;eacute;serve du Kalahari Centrale (CKGR) pour les installer dans les camps de Kaudwane, New Xade et Xere. La derni&amp;egrave;re expulsion massive s&#039;est produite en 2002, la m&amp;ecirc;me ann&amp;eacute;e o&amp;ugrave; le nombre de licences d&#039;exploration diamantif&amp;egrave;re a plus que tripl&amp;eacute; dans la r&amp;eacute;gion. Quelques 700 personnes vivant encore dans la r&amp;eacute;serve ont &amp;eacute;t&amp;eacute; envoy&amp;eacute;es de force vers ces camps de relocalisation, baptis&amp;eacute;s &amp;laquo; lieux de la mort &amp;raquo; par ses occupants.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Selon l&#039;organisation internationale Survival, tr&amp;egrave;s engag&amp;eacute;e dans la d&amp;eacute;fense des peuples autochtones, Gana et Gwi &amp;laquo; ont &amp;eacute;t&amp;eacute; arr&amp;ecirc;t&amp;eacute;s, battus, tortur&amp;eacute;s et interdits de chasse et de cueillette &amp;raquo;. Le 24 septembre dernier, les membres du FPK ont &amp;eacute;t&amp;eacute; emmen&amp;eacute;s et brutalis&amp;eacute;s par les forces de l&#039;ordre au moment m&amp;ecirc;me o&amp;ugrave; ils apprenaient l&#039;attribution du Prix Nobel Alternatif.&lt;/p&gt;

&lt;div class=&quot;imagebox&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;first-people-of-the-kalahar.jpg&quot; src=&quot;http://dominionpaper.ca/img/environment/first-people-of-the-kalahar.jpg&quot; width=&quot;250&quot; height=&quot;301&quot; /&gt;&lt;br /&gt;L&#039;organisation First People of the Kalahari (FPK) a &amp;eacute;t&amp;eacute; cr&amp;eacute;e en 1991 pour d&amp;eacute;fendre les droits de l&#039;homme et sp&amp;eacute;cialement le droit &amp;agrave; la terre&lt;/div&gt;Le gouvernement pris en d&amp;eacute;faut
Ce sont alors 248 expuls&amp;eacute;s qui ont plaid&amp;eacute; leur cause devant la Haute Cour de justice du Botswana &amp;agrave; partir de juillet 2004. Le gouvernement du pr&amp;eacute;sident Festus Mogae s&#039;est alors retrouv&amp;eacute; en position de d&amp;eacute;fense dans un son propre pays.

&lt;p&gt;Malgr&amp;eacute; les interruptions et les reports d&#039;audience, les t&amp;eacute;moignages et contre-interrogatoires ont tourn&amp;eacute; en faveur des Bushmen, d&amp;eacute;montrant que la d&amp;eacute;fense de l&#039;accus&amp;eacute; se basait sur de nombreux mensonges, contradictions, rapports fallacieux et attestations d&#039;experts corrompus.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Cons&amp;eacute;quence tangible de cette attitude mystificatrice, le principal avocat de la d&amp;eacute;fense et conseiller sp&amp;eacute;cial du pr&amp;eacute;sident Festus Mogae s&#039;est vu ordonn&amp;eacute; sa propre arrestation et incarc&amp;eacute;ration pour outrage &amp;agrave; la Cour. Celui-ci, refusant qu&#039;un officier de police porte la main sur lui, s&#039;est enfui &amp;agrave; l&#039;aide d&#039;un t&amp;eacute;moin cit&amp;eacute; par le gouvernement.&lt;/p&gt;

&lt;div class=&quot;imagebox&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;bushmen_web.jpg&quot; src=&quot;http://dominionpaper.ca/img/environment/bushmen_web.jpg&quot; width=&quot;250&quot; height=&quot;179&quot; /&gt;&lt;br /&gt;Dans la R&amp;eacute;serve du Kalahari Central, au Botswana&lt;/div&gt;Un rapport de force in&amp;eacute;gal
Le gouvernement, ne voulant &amp;eacute;pargner aucun moyen pour parvenir &amp;agrave; ses fins, a cherch&amp;eacute; &amp;agrave; d&amp;eacute;stabiliser ses accusateurs en employant des moyens de pression souvent ignobles et allant &amp;agrave; l&#039;encontre de la justice. Ainsi, le p&amp;eacute;rim&amp;egrave;tre de la r&amp;eacute;serve a &amp;eacute;t&amp;eacute; boucl&amp;eacute;, emp&amp;ecirc;chant toute communication, apport de soin et de nourriture. L&#039;approvisionnement en eau des derniers opposants &amp;agrave; la d&amp;eacute;portation a &amp;eacute;galement &amp;eacute;t&amp;eacute; coup&amp;eacute;. Malgr&amp;eacute; l&#039;autorisation de la Haute Cour, les avocats n&#039;ont pas pu consulter leurs clients rest&amp;eacute;s dans la r&amp;eacute;serve.

&lt;p&gt;Enfreignant la loi en vigueur, les autorit&amp;eacute;s locales ont supprim&amp;eacute; les permis de chasse qui permettaient aux habitants des camps d&#039;&amp;eacute;chapper &amp;agrave; une famine cruellement orchestr&amp;eacute;e par le gouvernement. De nombreuses personnes sont r&amp;eacute;guli&amp;egrave;rement arr&amp;ecirc;t&amp;eacute;es pour avoir outrepass&amp;eacute; cet ordre inique. En Juin dernier, sur le m&amp;ecirc;me motif, sept personnes ont &amp;eacute;t&amp;eacute; tortur&amp;eacute;es par des fonctionnaires du D&amp;eacute;partement de la faune et la flore dans le camp de relocalisation de Kaudwane. L&#039;un d&#039;entre eux, Selelo Tshiamo, a succomb&amp;eacute; &amp;agrave; ses blessures. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Sentant cependant le vent de la justice tourn&amp;eacute; en sa d&amp;eacute;faveur, le gouvernement a d&amp;eacute;cid&amp;eacute; de red&amp;eacute;finir les cartes du jeu en changeant, ni plus ni moins, la Constitution du pays. Le Parlement a alors vot&amp;eacute; un amendement supprimant une clause qui offrait une protection attentive de la R&amp;eacute;serve et de ses habitants et sur laquelle les Bushmen appuyaient leur cause.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Selon Stephen Corry, directeur de Survival International, &amp;laquo; le gouvernement affirme vouloir changer la Constitution afin de la rendre &amp;laquo; ethniquement neutre &amp;raquo;. En fait, supprimer cette clause revient &amp;agrave; retirer la seule protection constitutionnelle accord&amp;eacute;e &amp;agrave; un peuple d&amp;eacute;j&amp;agrave; tr&amp;egrave;s vuln&amp;eacute;rable au moment o&amp;ugrave; il en a le plus besoin. (&amp;hellip;) Tout cela confirme la tendance du gouvernement &amp;agrave; faire plier la loi et m&amp;ecirc;me la Constitution pour arriver &amp;agrave; ses fins &amp;raquo;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;En attente de justice&lt;br /&gt;
La tournure des &amp;eacute;v&amp;egrave;nements semble de mauvais augure pour les populations Bushmen du Kalahari d&#039;autant plus que les agressions et les menaces de mort &amp;agrave; leur encontre se sont intensifi&amp;eacute;es ces derniers mois. Les lenteurs et les &amp;eacute;garements de la Cour prolongeant le proc&amp;egrave;s le plus co&amp;ucirc;teux de l&#039;histoire du pays ne font qu&#039;ajouter &amp;agrave; leur interminable souffrance.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt; &amp;laquo; Si le gouvernement du Botswana ne revient pas rapidement &amp;agrave; la raison et (&amp;hellip;) si la Cour fl&amp;eacute;chit, ce proc&amp;egrave;s mettra un terme d&amp;eacute;finitif &amp;agrave; l&#039;existence des Bushmen gana et gwi. Leur dernier espoir repose probablement sur l&#039;opinion internationale, la plus Haute Cour qui soit &amp;raquo;, avertit S. Corry avec un pessimisme relatif.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Toutefois, les juges semblent faire preuve d&#039;impartialit&amp;eacute; en n&#039;&amp;eacute;cartant aucun t&amp;eacute;moignage et en refusant l&#039;attitude autoritaire de la d&amp;eacute;fense. Une r&amp;eacute;cente d&amp;eacute;cision de la Haute Cour allant dans le sens du retour des d&amp;eacute;plac&amp;eacute;s offre une lueur d&#039;espoir quant &amp;agrave; la suite du proc&amp;egrave;s. Un &amp;eacute;leveur et sa famille ont re&amp;ccedil;u l&#039;autorisation de rejoindre la R&amp;eacute;serve, de r&amp;eacute;cup&amp;eacute;rer leur troupeau de ch&amp;egrave;vres tout en ayant acc&amp;egrave;s &amp;agrave; l&#039;eau potable.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le proc&amp;egrave;s intent&amp;eacute; par les Bushmen au gouvernement du Botswana a &amp;eacute;t&amp;eacute; ajourn&amp;eacute; le 15 septembre jusqu&#039;en f&amp;eacute;vrier 2006 pour permettre aux Bushmen de r&amp;eacute;unir les fonds n&amp;eacute;cessaires &amp;agrave; la poursuite de leur action.&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;A para&amp;icirc;tre, le second volet de l&#039;article.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;        &lt;/div&gt;
        &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/fieldset&gt;
&lt;fieldset class=&quot;fieldgroup group-optional&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field field-type-text field-field-deck&quot;&gt;
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            &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;
                    &lt;img alt=&quot;sesana-portrait_fp.jpg&quot; src=&quot;http://dominionpaper.ca/img/environment/sesana-portrait_fp.jpg&quot; width=&quot;230&quot; height=&quot;133&quot; /&gt;La lutte des Bushmen du Botswana pour leur terre et mode de vie arrive &amp;agrave; son point critique. Le Dominion tente de cerner les &amp;eacute;volutions de ce cas flagrant de non-respect des Droits fondamentaux des peuples autochtones.         &lt;/div&gt;
        &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/fieldset&gt;
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 <category domain="http://www.dominionpaper.ca/author/vivien_jaboeuf">Vivien Jaboeuf</category>
 <category domain="http://www.dominionpaper.ca/issue/33">33</category>
 <category domain="http://www.dominionpaper.ca/section/francais">Français</category>
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 <pubDate>Wed, 01 Feb 2006 22:20:02 +0000</pubDate>
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 <title>Nourrir la fleur ou couper la tige ?</title>
 <link>http://www.dominionpaper.ca/francais/2005/11/01/nourrir_la.html</link>
 <description>&lt;fieldset class=&quot;fieldgroup group-content&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field field-type-text field-field-subhead&quot;&gt;
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                    La d&amp;amp;eacute;mocratie en Ha&amp;amp;iuml;ti promue par le Canada        &lt;/div&gt;
        &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
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                    &lt;div class=&quot;imagebox&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;un-belair_web.jpg&quot; src=&quot;http://dominionpaper.ca/img/environment/un-belair_web.jpg&quot; width=&quot;250&quot; height=&quot;188&quot; /&gt;&lt;br /&gt;image caption.&lt;/div&gt;Pour l&#039;&amp;eacute;lection pr&amp;eacute;sidentielle de l&#039;apr&amp;egrave;s coup d&#039;Etat, les Ha&amp;iuml;tiens auront le choix entre 54 candidats le 20 novembre prochain. Le &amp;laquo; conseiller sp&amp;eacute;cial pour Ha&amp;iuml;ti &amp;raquo; du Premier ministre canadien, Denis Coderre, a laiss&amp;eacute; entendre hier que cette liste &amp;eacute;tendue &amp;eacute;tait une bonne chose, un signe que &amp;laquo; la d&amp;eacute;mocratie &amp;eacute;tait comme une fleur qui a besoin de soins permanents &amp;raquo;.

&lt;p&gt;Mais cette longue liste de candidats accuse une absence notable, celle du P&amp;egrave;re G&amp;eacute;rard Jean Juste qui se trouve actuellement en prison (la discussion sur la raison de sa situation devra &amp;ecirc;tre remise &amp;agrave; plus tard, mais il faut savoir qu&#039;il est prisonnier politique et r&amp;eacute;pond &amp;agrave; des chefs d&#039;accusation qui sont d&amp;eacute;nu&amp;eacute;s de preuve). Du fait de son emprisonnement, il n&#039;a pas pu d&amp;eacute;poser sa candidature en personne comme l&#039;oblige le Conseil &amp;eacute;lectoral provisoire d&#039;Ha&amp;iuml;ti. Selon les termes de la constitution ha&amp;iuml;tienne il est possible de s&#039;inscrire en tant que candidat &amp;agrave; la pr&amp;eacute;sidentielle m&amp;ecirc;me si l&#039;on ne peut le faire en personne, &amp;agrave; partir du moment o&amp;ugrave; la candidature est pr&amp;eacute;sent&amp;eacute;e par deux avocats et un juge d&#039;instance. C&#039;est, nous a-t-on dit, ce que les gens de Jean Juste ont tent&amp;eacute; de faire, mais leur demande a &amp;eacute;t&amp;eacute; rejet&amp;eacute;e.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Je n&#039;ai pas rencontr&amp;eacute; en personne le P&amp;egrave;re Jean Juste, mais j&#039;ai vu son visage ce matin sur un tee-shirt dans le grand quartier populaire de Bel Air. Un militant du Lavalas (parti politique de J-B. Aristide) du nom de Samba Boukman nous a rencontr&amp;eacute;s dans sa petite cour. En s&#039;approchant, il a montr&amp;eacute; du doigt le tee-shirt et a dit : &amp;laquo; C&#039;est lui le Pr&amp;eacute;sident du peuple &amp;raquo;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Tout &amp;agrave; c&amp;ocirc;t&amp;eacute; de la cour o&amp;ugrave; nous avons parl&amp;eacute; avec S. Boukman, aussi responsable du programme de jeunesse Zakat, se trouvait le quartier g&amp;eacute;n&amp;eacute;ral des Nations Unies. Des troupes br&amp;eacute;siliennes &amp;eacute;taient l&amp;agrave;, dans des jeeps, en voitures blind&amp;eacute;es, et &amp;agrave; pied afin d&#039;apporter du renfort aux coins des rues. MINUSTAH, la &amp;laquo; Mission de stabilisation &amp;raquo; des Nations Unies, &amp;eacute;tait l&amp;agrave; en force.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La MINUSTAH est sur l&#039;&amp;icirc;le pour ce qu&#039;on appelle le &amp;laquo; DDR &amp;raquo;, D&amp;eacute;sarmement, D&amp;eacute;mobilisation et R&amp;eacute;int&amp;eacute;gration. Pourtant, d&#039;apr&amp;egrave;s ce que nous avons entendu, il serait plus appropri&amp;eacute; de l&#039;intituler &amp;laquo; DAM &amp;raquo; comme D&amp;eacute;sarmement, Arr&amp;ecirc;ts et Mis&amp;egrave;re. Le programme de la MINUSTAH est de collecter les armes d&amp;eacute;tenues par des jeunes et d&#039;aider ces derniers &amp;agrave; &amp;laquo; r&amp;eacute;int&amp;eacute;grer &amp;raquo; la soci&amp;eacute;t&amp;eacute;. Mais le processus semble faillir apr&amp;egrave;s la phase de d&amp;eacute;sarmement. Cela ne sert &amp;agrave; rien de le nier : certains de ces jeunes vivent dans des conditions de pauvret&amp;eacute; telles qu&#039;ils doivent voler pour survivre. Ils &amp;eacute;prouvent alors davantage de d&amp;eacute;sespoir, un sentiment de vuln&amp;eacute;rabilit&amp;eacute;, la peur de devenir des proies lorsqu&#039;ils n&#039;ont pas d&#039;arme. Ce dont ils ont besoin - ce que des organisations comme Zakat tentent de fournir - ce sont des n&amp;eacute;cessit&amp;eacute;s de base et une r&amp;eacute;elle infrastructure sociale et politique. Zakat, par exemple, offre des petits d&amp;eacute;jeuners aux jeunes. Ce matin-l&amp;agrave;, il n&#039;y avait plus de riz et les enfants avaient faim.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La MINUSTAH n&#039;a pas la responsabilit&amp;eacute; de fournir du riz. Elle s&#039;occupe de la collecte d&#039;armes, de l&#039;arrestation des enfants en les livrant &amp;agrave; la Police Nationale Ha&amp;iuml;tienne (PNH). La PNH est elle-m&amp;ecirc;me souvent impliqu&amp;eacute;e dans les affaires de r&amp;eacute;pression et d&#039;abus, comme on nous l&#039;a expliqu&amp;eacute; aujourd&#039;hui &amp;agrave; l&#039;aide d&#039;anecdotes : 18 jeunes gens qui avaient rendu leurs armes la semaine derni&amp;egrave;re ont &amp;eacute;t&amp;eacute; arr&amp;ecirc;t&amp;eacute;s peu apr&amp;egrave;s. Un jeune homme qui a rendu son arme, a &amp;eacute;t&amp;eacute; &amp;eacute;galement retenu par la MINUSTAH, envoy&amp;eacute; &amp;agrave; la PNH et a &amp;eacute;t&amp;eacute; vu plus tard dans la rue le visage d&amp;eacute;figur&amp;eacute;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&amp;laquo; Les &amp;eacute;lections sont notre derni&amp;egrave;re chance de r&amp;eacute;soudre les probl&amp;egrave;mes de ce pays &amp;raquo;, avertit S. Boukman. Et, malheureusement, beaucoup veulent que cette chance soit manqu&amp;eacute;e. A Bel Air, grand quartier qui compte quelques 34 circonscriptions, chacune des &amp;eacute;coles publiques contenait un bureau de vote pour les &amp;eacute;lections de 2000. Aujourd&#039;hui, il y a un seul bureau d&#039;inscription &amp;eacute;lectorale pour le quartier Bel Air entier, celui de St. Martin. Les partisans du Lavalas se sont-ils inscrits pour voter ? Oui, du moins jusqu&#039;au 13 septembre, date &amp;agrave; laquelle Jean Juste s&#039;est vu refuser sa candidature. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La situation &amp;agrave; St. Martin a confirm&amp;eacute; les propos de S. Boukman. Pour une ou deux personnes qui s&#039;inscrivent, cinq ou six personnes travaillent. Le coordinateur du bureau de vote nous a expliqu&amp;eacute; qu&#039;&amp;agrave; ce m&amp;ecirc;me bureau, actuellement vide, ils avaient inscrit 3 000 personnes en une semaine (la derni&amp;egrave;re semaine du mois d&#039;ao&amp;ucirc;t), et que les gens se sont attroup&amp;eacute;s jusqu&#039;au 15 septembre. Puis, plus personne n&#039;est venu. Boukman affiche un autre point de vue. Selon lui, le prolongement &amp;agrave; r&amp;eacute;p&amp;eacute;tition du d&amp;eacute;lai d&#039;inscription n&#039;a fait que casser l&#039;empressement de la population &amp;agrave; s&#039;inscrire.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le syst&amp;egrave;me d&#039;inscription sur les listes &amp;eacute;lectorales n&#039;est vraiment pas destin&amp;eacute; &amp;agrave; plaire aux d&amp;eacute;fenseurs des libert&amp;eacute;s publiques. Les Ha&amp;iuml;tiens doivent en effet fournir des empreintes digitales, une signature et des photos qui seront, &amp;agrave; terme, regroup&amp;eacute;es dans une seule base de donn&amp;eacute;es. Ils obtiendront une seule carte d&#039;identit&amp;eacute; qui sera valide 10 ans. Ils n&#039;obtiendront peut &amp;ecirc;tre pas de petit d&amp;eacute;jeuner, mais il leur sera offert de la vraie identification high-tech. Et ils en auront besoin, des services sociaux aux imp&amp;ocirc;ts, aucun Ha&amp;iuml;tien ne pourra se passer de la nouvelle carte d&#039;identit&amp;eacute;. Du moins, c&#039;est ce qui a &amp;eacute;t&amp;eacute; pr&amp;eacute;vu.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Entre-temps, les policiers de la PNH conduisent des op&amp;eacute;rations SWAT pour lesquelles ils portent des cagoules&amp;hellip;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;em&gt;Traduit de l&#039;anglais par Aroa El Horani&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;        &lt;/div&gt;
        &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/fieldset&gt;
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                    &lt;img alt=&quot;un-belair_fp.jpg&quot; src=&quot;http://dominionpaper.ca/img/environment/un-belair_fp.jpg&quot; width=&quot;230&quot; height=&quot;133&quot; /&gt; Le syst&amp;egrave;me d&#039;inscription sur les listes &amp;eacute;lectorales en Ha&amp;iuml;ti n&#039;est vraiment pas destin&amp;eacute; &amp;agrave; plaire aux d&amp;eacute;fenseurs des libert&amp;eacute;s publiques. Par &lt;strong&gt;Justin Podur&lt;/strong&gt;        &lt;/div&gt;
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&lt;/div&gt;
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 <category domain="http://www.dominionpaper.ca/author/justin_podur">Justin Podur</category>
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 <pubDate>Wed, 02 Nov 2005 00:53:01 +0000</pubDate>
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 <title>C&#039;est à cela que ressemble la « responsabilité de protéger » ?</title>
 <link>http://www.dominionpaper.ca/francais/2005/11/01/cest_a_cel.html</link>
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                    &lt;div class=&quot;imagebox&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;so_ann_handcuffs_web.jpg&quot; src=&quot;http://dominionpaper.ca/img/environment/so_ann_handcuffs_web.jpg&quot; width=&quot;250&quot; height=&quot;167&quot; /&gt;&lt;br /&gt;Annette Auguste, alias So Ann, chanteuse populaire de musique folklorique, d&amp;eacute;tenue par la Police Nationale d&#039;Ha&amp;iuml;ti. &lt;span class=&quot;photocredit&quot;&gt;Photo: Projet d&#039;information Ha&amp;iuml;ti&lt;/span&gt;
&lt;/div&gt;Je suis parti en Ha&amp;iuml;ti pour d&amp;eacute;couvrir un pays qui ne comprend pas vraiment sa place dans le monde ou sur le continent am&amp;eacute;ricain. Un pays dont le peuple &amp;eacute;prouve trop de fiert&amp;eacute; et pas assez de responsabilit&amp;eacute; vis-&amp;agrave;-vis du pass&amp;eacute;, et continue d&#039;agir ainsi par leur gouvernement et leurs &amp;eacute;lites. Un pays dont la situation semble tr&amp;egrave;s difficile &amp;agrave; mettre en perspective pour mieux l&#039;appr&amp;eacute;hender.

&lt;p&gt;Je parle bien entendu du Canada.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Puisque Paul Martin est all&amp;eacute; aux Nations Unies la semaine derni&amp;egrave;re et a remport&amp;eacute; la &amp;laquo; responsabilit&amp;eacute; de prot&amp;eacute;ger &amp;raquo; -une d&amp;eacute;claration signifiant la perdition officielle de toute protection l&amp;eacute;gale internationale de la souverainet&amp;eacute; des pays- il serait int&amp;eacute;ressant de voir &amp;agrave; quoi ressemblerait un cas d&#039;&amp;eacute;tude de cette &amp;laquo; responsabilit&amp;eacute; &amp;raquo;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Etant donn&amp;eacute; mon emploi du temps, il semblait appropri&amp;eacute; de commencer mon voyage en me rendant &amp;agrave; l&#039;ambassade du Canada, un immeuble neuf et brillant avec un terrain de tennis et une piscine, construit par SNC-Lavalin, l&#039;entreprise d&#039;ing&amp;eacute;nierie canadienne connue pour son contrat d&#039;approvisionnement en munitions pass&amp;eacute; avec l&#039;arm&amp;eacute;e am&amp;eacute;ricaine et pour ses nombreuses autres op&amp;eacute;rations globales.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;J&#039;ai assist&amp;eacute; &amp;agrave; une conf&amp;eacute;rence de presse de Denis Coderre, &amp;laquo; conseiller sp&amp;eacute;cial &amp;raquo; du gouvernement canadien en Ha&amp;iuml;ti. D. Coderre, tout comme SNC-Lavalin, appara&amp;icirc;t dans les endroits les plus impr&amp;eacute;vus. Il est venu en tant que ministre de l&#039;immigration. Encore une nomination sp&amp;eacute;ciale pour s&#039;occuper de la question des &amp;laquo; Autochtones sans statut &amp;raquo; au Canada.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Cela m&amp;eacute;rite une discussion. Le syst&amp;egrave;me canadien, pour &amp;laquo; l&#039;octroi &amp;raquo; et le retrait du &amp;laquo; statut &amp;raquo; des autochtones sur la terre desquels le Canada existe, est soigneusement b&amp;acirc;ti de mani&amp;egrave;re &amp;agrave; faire dispara&amp;icirc;tre les &amp;laquo; autochtones &amp;raquo; dans quelques g&amp;eacute;n&amp;eacute;rations. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La l&amp;eacute;gislation canadienne offre deux types de statut. L&#039;enfant de parents ayant  un plein statut autochtone b&amp;eacute;n&amp;eacute;ficiera de ce m&amp;ecirc;me statut. Mais l&#039;enfant dont l&#039;un des parents sera sans statut autochtone (quel que soit son statut) cet enfant ne se vera pas octroyer un plein statut. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;En cr&amp;eacute;ant deux degr&amp;eacute;s de statut, l&#039;Etat canadien s&#039;assure ainsi de voir les autochtones se marier uniquement entre personnes de plein statut (ce qui est presque impossible dans une petite population) ou bien les descendants perdre le &amp;laquo; statut &amp;raquo;. Quoi qu&#039;il en soit, la carri&amp;egrave;re de D. Coderre, entre le minist&amp;egrave;re de l&#039;immigration et la question &amp;laquo; autochtone &amp;raquo;, semble tout avoir &amp;agrave; faire avec celui du &amp;laquo; statut &amp;raquo;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;D. Coderre avait annonc&amp;eacute; 2,25 millions de dollars pour les &amp;eacute;lections en Ha&amp;iuml;ti. Cet argent devait servir &amp;agrave; r&amp;eacute;mun&amp;eacute;rer 25 officiers de police retrait&amp;eacute;s canadiens. Ces officiers de police vont, selon D. Coderre, aider &amp;agrave; &amp;laquo; stabiliser &amp;raquo; le pays avant les &amp;eacute;lections qui devraient se tenir le 20 novembre.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;D. Coderre a &amp;eacute;galement annonc&amp;eacute; un &amp;laquo; concert pour l&#039;espoir &amp;raquo; le 23 octobre au Th&amp;eacute;&amp;acirc;tre Rex. Nous avons pris un CD &amp;eacute;chantillon.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Quelques-uns de ses propos m&amp;eacute;ritent d&#039;&amp;ecirc;tre soulign&amp;eacute;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;A propos du nombre ahurissant de 54 candidats aux pr&amp;eacute;sidentielles, D. Coderre a affirm&amp;eacute; que la &amp;laquo; d&amp;eacute;mocratie &amp;eacute;tait comme une fleur qui n&amp;eacute;cessite des soins permanents &amp;raquo;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Concernant le faible taux d&#039;inscription, avec 2,4 millions de votants sur quelques 4,5 millions d&#039;&amp;eacute;lecteurs potentiels, D. Coderre a r&amp;eacute;pondu qu&#039;il respectait le processus engag&amp;eacute; par le peuple ha&amp;iuml;tien, en assurant que de nouvelles personnes s&#039;inscrivent continuellement.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Restant &amp;agrave; savoir si le gouvernement ha&amp;iuml;tien verrait r&amp;eacute;ellement une partie des 2,25 millions de CAD promis. D. Coderre a conseill&amp;eacute; au journaliste d&#039;adresser cette question &amp;agrave; l&#039;Agence Canadienne pour le D&amp;eacute;veloppement International (ACDI).&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le discours de D. Coderre, qui s&#039;est adress&amp;eacute; &amp;agrave; 25 journalistes ha&amp;iuml;tiens venant des m&amp;eacute;dias du courant dominant (radio et t&amp;eacute;l&amp;eacute;vision) et semblant vouloir &amp;agrave; tout prix trouver quelque chose d&#039;int&amp;eacute;ressant &amp;agrave; l&#039;oeuvre, &amp;eacute;tait litt&amp;eacute;ralement parsem&amp;eacute; du mot &amp;laquo; terroriste &amp;raquo;. &amp;laquo; Les terroristes voulaient pr&amp;eacute;venir la tenue d&#039;&amp;eacute;lections, mais nous avons gagn&amp;eacute; cette bataille, et, en f&amp;eacute;vrier 2006, il y aura un &amp;eacute;v&amp;eacute;nement historique en Ha&amp;iuml;ti. Nous sommes, pour ainsi dire, &amp;agrave; la crois&amp;eacute;e des chemins &amp;raquo;. M&amp;ecirc;me le Fanmi Lavalas, parti politique de J-B. Aristide, devenait impliqu&amp;eacute; dans les &amp;eacute;lections, a-t-il dit, comme pour prouver son argument.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Ce n&#039;est pas le cas d&#039;Yvon Neptune. Le Premier ministre constitutionnel est en prison depuis plus d&#039;un an, accus&amp;eacute; d&#039;un &amp;laquo; massacre &amp;raquo; &amp;agrave; St. Marc sur la base de preuves contestables. Les agents de l&#039;ONU ont ainsi demand&amp;eacute; sa lib&amp;eacute;ration ou du moins que la proc&amp;eacute;dure judiciaire soit proprement suivie. Incarc&amp;eacute;r&amp;eacute; depuis juin 2004, Y. Neptune n&#039;a &amp;eacute;t&amp;eacute; formellement mis en accusation que le 20 septembre 2005.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Finalement, peu importe le vainqueur des &amp;eacute;lections. Le Canada a promis un &amp;laquo; engagement &amp;agrave; long terme &amp;raquo; afin d&#039;accompagner le peuple ha&amp;iuml;tien. Quinze minutes d&#039;annonce, trois questions, et D. Coderre &amp;eacute;tait parti.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;De l&amp;agrave;, ce n&#039;&amp;eacute;tait qu&#039;un court trajet jusqu&#039;au commissariat de police o&amp;ugrave; Annette Auguste (appel&amp;eacute; aussi So Ann) est &amp;eacute;galement d&amp;eacute;tenue depuis le 10 mai, 2004. Les Marines ont d&amp;eacute;fonc&amp;eacute; sa porte, tir&amp;eacute; sur ses chiens, menott&amp;eacute; sa petite-fille de 5 ans, et emmen&amp;eacute; cette grand-m&amp;egrave;re et chanteuse de 70 ans.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;So Ann est enferm&amp;eacute;e dans un commissariat de police avec 147 autres femmes. Lorsque l&#039;on lui demande, assise dans un coin de cellules et sous le regard des gardiens et des jeunes prisonni&amp;egrave;res, combien de ces femmes sont prisonni&amp;egrave;res politiques, elle r&amp;eacute;pond &amp;laquo; toutes &amp;raquo;. Selon elle, ces femmes ont toutes &amp;eacute;t&amp;eacute; recueillies dans les quartiers pauvres, et accus&amp;eacute;es de &amp;laquo; s&#039;associer &amp;raquo; avec des malfaiteurs - un terme qui a &amp;eacute;t&amp;eacute; pris au code civil napol&amp;eacute;onien.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Quant &amp;agrave; So Ann, elle nous a expliqu&amp;eacute; les complexit&amp;eacute;s &amp;eacute;tranges de l&#039;action engag&amp;eacute;e contre elle. En premier lieu, les Marines l&#039;ont accus&amp;eacute;e de planifier une attaque en collusion avec des musulmans d&#039;une mosqu&amp;eacute;e locale. Etant donn&amp;eacute; que cela est arriv&amp;eacute; le 10 mai 2004, nous avons conclu &amp;agrave; une erreur dans le syst&amp;egrave;me d&#039;accusations des forces am&amp;eacute;ricaines, lesquelles doivent avoir accidentellement pris un dossier d&#039;accusation relatif &amp;agrave; l&#039;Irak.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Lorsque l&#039;absence de mosqu&amp;eacute;e dans le quartier de So Ann a jet&amp;eacute; un doute sur cette accusation, ils ont tent&amp;eacute; de rectifier celle-ci en attaque contre l&#039;opposition qui fit face au pr&amp;eacute;sident Aristide en septembre 2003. Elle &amp;eacute;tait &amp;agrave; l&#039;h&amp;ocirc;pital &amp;agrave; l&#039;&amp;eacute;poque. Puis, ils ont fait appara&amp;icirc;tre un t&amp;eacute;moin pr&amp;eacute;tendant l&#039;avoir vue broyer un b&amp;eacute;b&amp;eacute; &amp;agrave; l&#039;aide d&#039;un mortier et d&#039;un pilon pour que J-B. Aristide puisse boire son sang. Le t&amp;eacute;moin a dit que So Ann l&#039;avait appel&amp;eacute; pour assister au rituel et a m&amp;ecirc;me pr&amp;eacute;sent&amp;eacute; un num&amp;eacute;ro de t&amp;eacute;l&amp;eacute;phone que So Ann n&#039;a acquis que quelques mois apr&amp;egrave;s la tenue du pr&amp;eacute;tendu rituel. Puisque cette accusation est soutenue par au moins un t&amp;eacute;moignage (m&amp;ecirc;me si le t&amp;eacute;moin se trouve actuellement en France et ne s&#039;est pas manifest&amp;eacute; depuis longtemps), c&#039;est ce chef d&#039;inculpation qu&#039;ils ont retenu.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Nous n&#039;&amp;eacute;tions pas les seuls &amp;agrave; rendre visite &amp;agrave; So Ann. Quelques mois auparavant l&#039;ambassadeur am&amp;eacute;ricain James B. Foley avait envoy&amp;eacute; G&amp;eacute;rard Gilles, l&#039;ex-s&amp;eacute;nateur du Fanmi Lavalas et candidat aux pr&amp;eacute;sidentielles de 2005, et Roudy Heriveaux, une autre figure du parti, pour lui demander son soutien. So Ann a refus&amp;eacute; la proposition.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Plus surprenant encore, So Ann avance que les chefs paramilitaires Guy Philippe et Louis Jodel Chamblain lui ont rendu visite dans le but d&#039;obtenir son soutien pour leurs propres projets &amp;eacute;lectoraux. Imaginant une erreur de traduction, j&#039;ai demand&amp;eacute; la confirmation de ces propos. &amp;laquo; Vous ne pouvez pas en croire vos oreilles ? Je leur ai dit : vous &amp;ecirc;tes la raison pour laquelle je suis ici &amp;raquo;, a r&amp;eacute;agit So Ann. Jodel Chamblain &amp;eacute;tait un des auteurs cl&amp;eacute; du massacre des Gona&amp;iuml;ves sous le r&amp;eacute;gime militaire de 1991-94, et son jugement a &amp;eacute;t&amp;eacute; un des rares actes louables du syst&amp;egrave;me judiciaire ha&amp;iuml;tien pendant les ann&amp;eacute;es o&amp;ugrave; le Lavalas &amp;eacute;tait au pouvoir. Amnesty International s&#039;en &amp;eacute;tait d&#039;ailleurs f&amp;eacute;licit&amp;eacute;. Par contre, l&#039;ONG fut choqu&amp;eacute;e d&#039;apprendre l&#039;annulation du verdict condamnant J. Chamblain sous le nouveau gouvernement.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Sous l&#039;affl&amp;ucirc;t de ce genre de sollicitation, quelle peut-&amp;ecirc;tre la position de So Ann sur les prochaines &amp;eacute;lections ? Elle dit vouloir l&#039;inscription des partisans de Lavalas. &amp;laquo; Si on s&#039;inscrit, on sera pr&amp;eacute;par&amp;eacute;, quoi qu&#039;il arrive &amp;raquo;, annonce-t-elle. Elle n&#039;a aucune intention de se pr&amp;eacute;senter aux &amp;eacute;lections elle-m&amp;ecirc;me parce qu&#039;elle consid&amp;egrave;re que le Lavalas devrait se tenir &amp;agrave; sa d&amp;eacute;cision de boycotter les &amp;eacute;lections tant que les prisonniers politiques n&#039;auront  seront pas &amp;eacute;t&amp;eacute; lib&amp;eacute;r&amp;eacute;s. Bien que les autorit&amp;eacute;s rendent l&#039;inscription particuli&amp;egrave;rement difficile dans les quartiers populaires pro-Lavalas tels que Bel Air et Cit&amp;eacute; Soleil, So Ann pense n&amp;eacute;anmoins que le Lavalas peut gagner en appelant &amp;agrave; l&#039;unit&amp;eacute;, m&amp;ecirc;me en consid&amp;eacute;rant le faible taux actuel de 2,4 millions d&#039;inscrits.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;So Ann r&amp;eacute;agit aux accusations absurdes lanc&amp;eacute;es contre elle et &amp;agrave; son &amp;eacute;ventuelle lib&amp;eacute;ration, laquelle apporterait un semblant de d&amp;eacute;mocratie avant les &amp;eacute;lections. &amp;laquo; S&#039;ils me lib&amp;egrave;rent, ils vont se cr&amp;eacute;er des soucis &amp;raquo;, a-t-elle r&amp;eacute;pondu, &amp;laquo; parce qu&#039;ils savent que les gens vont se mobiliser &amp;raquo;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;So Ann est lumineuse, brillante, vive, mais dans une prison mis&amp;eacute;rable. D. Coderre est froid, bureaucrate et sur la d&amp;eacute;fensive dans un univers aux multimillions de dollars. Quelle est son excuse, &amp;agrave; votre avis ?&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
Traduit de l&#039;anglais par Aroa El Horani&lt;/p&gt;        &lt;/div&gt;
        &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/fieldset&gt;
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                    &lt;img alt=&quot;so_ann_handcuffs_fp.jpg&quot; src=&quot;http://dominionpaper.ca/img/environment/so_ann_handcuffs_fp.jpg&quot; width=&quot;230&quot; height=&quot;133&quot; /&gt; &lt;strong&gt;Justin Podur&lt;/strong&gt; se rend &amp;agrave; l&#039;ambassade du Canada, un immeuble neuf et brillant avec un terrain de tennis et une piscine, construit par SNC-Lavalin.        &lt;/div&gt;
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 <category domain="http://www.dominionpaper.ca/author/justin_podur">Justin Podur</category>
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 <pubDate>Wed, 02 Nov 2005 00:43:36 +0000</pubDate>
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 <title>Génocide rwandais : La presse française au ban des accusés</title>
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                    Entretien avec Jean-Paul Gouteux        &lt;/div&gt;
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                    &lt;p&gt;   Le rapport de la &lt;a href=&quot;http://www.enquete-citoyenne-rwanda.org&quot;&gt;Commission d&#039;enqu&amp;ecirc;te citoyenne&lt;/a&gt; sur le r&amp;ocirc;le de la France durant le g&amp;eacute;nocide rwandais L&#039;horreur qui nous prend au visage est paru en mars dernier. Il d&amp;eacute;nonce entre autres l&#039;implication fran&amp;ccedil;aise sur le plan m&amp;eacute;diatique. Jean-Paul Gouteux, sp&amp;eacute;cialiste de la question rwandaise, nous rappelle la tendance n&amp;eacute;ocolonialiste de la presse fran&amp;ccedil;aise en Afrique.&lt;/p&gt;

&lt;div class=&quot;imagebox&quot; style=&quot;width:auto; float:none; text-align:center;&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;rwanda1_web.jpg&quot; src=&quot;http://dominionpaper.ca/img/francais/rwanda1_web.jpg&quot; width=&quot;350&quot; height=&quot;242&quot; /&gt;&lt;br /&gt;Tribunal Gacaca. &lt;span class=&quot;photocredit&quot;&gt;Photographe: &lt;a href=&quot;http://www.juliepudlowski.com&quot;&gt;www.juliepudlowski.com&lt;/a&gt; &lt;/span&gt; &lt;/div&gt; &lt;strong&gt;Le Dominion : La plupart des m&amp;eacute;dias fran&amp;ccedil;ais ont d&amp;eacute;crit dans un premier temps le conflit rwandais de 1994 comme le r&amp;eacute;sultat de l&#039;exacerbation d&#039;un antagonisme culturel et s&amp;eacute;culaire entre Hutus et Tutsis. D&#039;un point de vue religieux, social, linguistique et historique, peut-on dire que Hutu et Tutsi font parties de deux ethnies distinctes ?&lt;/strong&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jean-Paul Gouteux :&lt;/strong&gt; Hutu et Tutsi sont des cat&amp;eacute;gories sociales, d&amp;eacute;termin&amp;eacute;es autrefois par leur activit&amp;eacute; socioprofessionnelle : &amp;eacute;levage pour les Tutsi, agriculture pour les Hutu. Ils parlent la m&amp;ecirc;me langue et ont la m&amp;ecirc;me culture. Aujourd&#039;hui cette distinction en agriculteurs et &amp;eacute;leveurs n&#039;a plus de sens. En revanche la vision racialiste des administrateurs coloniaux allemands, puis belges et surtout de l&#039;&amp;Eacute;glise catholique s&#039;est peu &amp;agrave; peu impos&amp;eacute;e. Ces cat&amp;eacute;gories ont &amp;eacute;t&amp;eacute; reprises par les colons belges, racialis&amp;eacute;es et inscrites sur les cartes d&#039;identit&amp;eacute;s rwandaises. Monseigneur Perraudin, repr&amp;eacute;sentant le Vatican au Rwanda, parlait des &amp;laquo; races &amp;raquo; hutu et tutsi. Il fut l&#039;un des initiateurs d&#039;une &amp;laquo; r&amp;eacute;volution &amp;raquo; sur fond ethnique qui &amp;agrave; conduit aux premiers massacres de la population civile tutsi au d&amp;eacute;but des ann&amp;eacute;es soixante.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Historiquement, les guerres qui ont permis d&#039;agrandir le royaume du Rwanda tout au long des si&amp;egrave;cles, opposaient l&#039;arm&amp;eacute;e rwandaise, comprenant Tutsi, Hutu et Twa &amp;agrave; d&#039;autres arm&amp;eacute;es des diff&amp;eacute;rents royaumes de la r&amp;eacute;gion. La tradition des conflits entre Hutu et Tutsi, pr&amp;eacute;sent&amp;eacute;e trivialement comme l&#039;explication du g&amp;eacute;nocide, n&#039;existe tout simplement pas, elle n&#039;est qu&#039;un des ingr&amp;eacute;dients de la propagande servant &amp;agrave; attiser ces conflits.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le soi-disant conflit ethnique fut donc une construction id&amp;eacute;ologique servant les fins politiques du gouvernement et des extr&amp;eacute;mistes de l&#039;&amp;eacute;poque ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;D&amp;eacute;signer un bouc &amp;eacute;missaire, en l&#039;occurrence la population civile tutsi, est &amp;eacute;minemment politique. C&#039;est une vieille recette us&amp;eacute;e jusqu&#039;&amp;agrave; la corde pas les populismes et les fascismes europ&amp;eacute;ens. Les deux r&amp;eacute;publiques hutu successives, la premi&amp;egrave;re domin&amp;eacute;e par des Hutu du centre, la seconde par des Hutu du nord, se sont largement servies de cette &amp;laquo; arme de manipulation massive &amp;raquo;. Avec l&#039;av&amp;egrave;nement du Hutu Power, mouvement raciste transcendant les partis politiques, cette d&amp;eacute;rive prit la forme du &amp;laquo; nazisme tropical &amp;raquo; que l&#039;on conna&amp;icirc;t et qui a abouti au g&amp;eacute;nocide de la population tutsi en 1994.&lt;/p&gt;

&lt;div class=&quot;imagebox&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;rwanda2_web.jpg&quot; src=&quot;http://dominionpaper.ca/img/francais/rwanda2_web.jpg&quot; width=&quot;250&quot; height=&quot;175&quot; /&gt;&lt;br /&gt;M&amp;eacute;morial. &lt;span class=&quot;photocredit&quot;&gt;Photographe: &lt;a href=&quot;http://www.juliepudlowski.com&quot;&gt;www.juliepudlowski.com&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;   &lt;/div&gt; La vision racialiste des colonisateurs a fini par &amp;ecirc;tre totalement int&amp;eacute;gr&amp;eacute;e par les intellectuels rwandais et certainement beaucoup moins par le menu peuple. Si les dirigeants pouvaient organiser p&amp;eacute;riodiquement des s&amp;eacute;ries de pogromes antitutsi en exacerbant la haine ethnique, c&#039;est parce que nombre d&#039;intellectuels hutu l&#039;acceptaient et trouvaient l&amp;agrave; le moyen d&#039;entretenir leur conviction et leur bonne conscience. Ce sont en effet ces intellectuels qui b&amp;eacute;n&amp;eacute;ficiaient de l&#039;exclusion des Tutsi de la comp&amp;eacute;tition pour les postes administratifs. Le jeu est donc complexe entre la manipulation du racisme par le pouvoir - qui permettait d&#039;occulter les probl&amp;egrave;mes sociaux en d&amp;eacute;signant un bouc &amp;eacute;missaire - et l&#039;acceptation ou la surench&amp;egrave;re de ceux qui en tiraient de petits privil&amp;egrave;ges.

&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Des victimes rwandaises du g&amp;eacute;nocide ont m&amp;ecirc;me saisi la justice fran&amp;ccedil;aise de plainte contre X. Pensez-vous sinc&amp;egrave;rement que des responsables fran&amp;ccedil;ais, politiques ou militaires, puissent un jour &amp;ecirc;tre jug&amp;eacute;s et que la France fassent des excuses publiques aux victimes du g&amp;eacute;nocide ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Je suis intimement persuad&amp;eacute; que la v&amp;eacute;rit&amp;eacute; sur un g&amp;eacute;nocide ne peut &amp;ecirc;tre totalement occult&amp;eacute;e. Le ph&amp;eacute;nom&amp;egrave;ne est trop grave et fait appel &amp;agrave; une conscience universelle, celle de l&#039;humanit&amp;eacute; tout enti&amp;egrave;re. Ceux qui pensent que leurs turpitudes politiques, parce qu&#039;elles se d&amp;eacute;roulaient dans &amp;laquo; le trou noir &amp;raquo; de l&#039;Afrique, &amp;laquo; au c&amp;oelig;ur des t&amp;eacute;n&amp;egrave;bres &amp;raquo; pour reprendre l&#039;expression de Joseph Conrad,  serait &amp;agrave; jamais m&amp;eacute;connu, se trompent.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Cette plainte de victimes rwandaises est donc d&#039;une importance fondamentale. Nous verrons bien dans la suite qui lui sera donn&amp;eacute;e o&amp;ugrave; en est l&#039;information et l&#039;&amp;eacute;tat des consciences en France sur ce drame, &amp;agrave; la fois des juges et de la population. Mais il y en aura d&#039;autres, comme il y aura d&#039;autres r&amp;eacute;v&amp;eacute;lations, toujours plus embarrassantes pour l&#039;&amp;Eacute;tat fran&amp;ccedil;ais.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dix ans apr&amp;egrave;s le g&amp;eacute;nocide et autant d&#039;ann&amp;eacute;es de d&amp;eacute;nonciation de la part des victimes et des associations militantes, la gravit&amp;eacute; de la complicit&amp;eacute; fran&amp;ccedil;aise commence seulement &amp;agrave; faire surface. Les m&amp;eacute;dias sont-ils pour beaucoup dans la lenteur de la sensibilisation du public et des politiques ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Pour ce qui concerne l&#039;Afrique, il y a une tradition journalistique qui est de limiter l&#039;information aux clich&amp;eacute;s ethniques, sans aucune analyse digne de ce nom et surtout de r&amp;eacute;percuter la politique africaine de la France sans aucune critique. Les m&amp;eacute;dias fran&amp;ccedil;ais ne s&#039;int&amp;eacute;ressent jamais aux questions de fond sur l&#039;Afrique. L&#039;image cultiv&amp;eacute;e est celle de l&#039;ethnicit&amp;eacute; et du tribalisme, c&#039;est-&amp;agrave;-dire qu&#039;ils ne parlent que de la forme et des moyens de ces manipulations politiques, jamais des manipulations politiques en elles-m&amp;ecirc;mes. En France les m&amp;eacute;dias restent ob&amp;eacute;issants et l&#039;opinion est toujours sous contr&amp;ocirc;le. Cela peut changer.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Il faut que l&#039;opinion europ&amp;eacute;enne s&#039;&amp;eacute;mancipe de l&#039;expertise fran&amp;ccedil;aise en ce qui concerne l&#039;Afrique. On peut consid&amp;eacute;rer deux cas de figure : ou l&#039;Europe refuse l&#039;h&amp;eacute;g&amp;eacute;monie des dirigeants fran&amp;ccedil;ais sur la politique africaine et constituera le moteur du changement de l&#039;opinion publique fran&amp;ccedil;aise, ou nos sp&amp;eacute;cialistes, les diplomates et leurs officines, parviennent &amp;agrave; la contr&amp;ocirc;ler, ce qui serait un sc&amp;eacute;nario catastrophe que l&#039;Afrique payerait tr&amp;egrave;s cher.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;En 1994, on &amp;eacute;tait en plein dans ce sch&amp;eacute;ma de d&amp;eacute;sinformation larv&amp;eacute;e. Il est r&amp;eacute;trospectivement accablant, devant l&#039;horreur et la dimension du drame qui s&#039;est d&amp;eacute;roul&amp;eacute; pendant trois mois au Rwanda, de relire la presse fran&amp;ccedil;aise de cette &amp;eacute;poque. La couverture a &amp;eacute;t&amp;eacute; minimaliste. Certes, la responsabilit&amp;eacute; de la presse a &amp;eacute;t&amp;eacute; ainsi engag&amp;eacute;e. Il y avait au moins deux fa&amp;ccedil;ons d&#039;emp&amp;ecirc;cher le drame. La premi&amp;egrave;re &amp;eacute;tait de r&amp;eacute;v&amp;eacute;ler l&#039;ampleur du crime d&amp;egrave;s avril 1994 et ainsi de susciter un mouvement d&#039;opinion pour arr&amp;ecirc;ter l&#039;intol&amp;eacute;rable. La seconde &amp;eacute;tait de r&amp;eacute;v&amp;eacute;ler l&#039;implication des autorit&amp;eacute;s fran&amp;ccedil;aises, qui auraient alors &amp;eacute;t&amp;eacute; oblig&amp;eacute;es de bloquer leurs alli&amp;eacute;s g&amp;eacute;nocidaires. Ni l&#039;un ni l&#039;autre n&#039;a &amp;eacute;t&amp;eacute; fait. La presse et les autres m&amp;eacute;dias fran&amp;ccedil;ais ont &amp;eacute;t&amp;eacute; au-dessous de tout, restant fid&amp;egrave;les &amp;agrave; leurs habitudes sur l&#039;Afrique.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Globalement, l&#039;information sur ce domaine en France reste toujours d&amp;eacute;sertifi&amp;eacute;e, limit&amp;eacute;e &amp;agrave; la langue de bois des discours officiels que critique, tr&amp;egrave;s mal, les incompr&amp;eacute;hensions de la presse contestataire. &lt;em&gt;&amp;laquo; C&#039;est le discours de &quot;la France, meilleure amie de l&#039;Afrique&quot;, &quot;plus grande donatrice&quot;, &quot;patrie des droits de l&#039;homme&quot;, &quot;avocate de l&#039;Afrique&quot;, tous ces slogans politico m&amp;eacute;diatiques que l&#039;on entend si souvent et qui ont encore une &amp;eacute;tonnante efficacit&amp;eacute; &amp;raquo;&lt;/em&gt; comme l&#039;explique Fran&amp;ccedil;ois-Xavier Verschave de l&#039;ONG &lt;a href=&quot;http://www.survie-France.org&quot;&gt;Survie&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Citons un exemple assez r&amp;eacute;cent, un entretien avec le r&amp;eacute;dacteur en chef de La lettre du Continent paru dans le journal contestataire fran&amp;ccedil;ais Charlie Hebdo du 23 f&amp;eacute;vrier 2005 et dont le titre r&amp;eacute;sume l&#039;essentiel du message de d&amp;eacute;sinformation : &lt;em&gt;&amp;laquo; La France n&#039;a plus les moyens de jouer les bons p&amp;egrave;res de famille en Afrique &amp;raquo;&lt;/em&gt;. La Lettre du continent est une publication bien renseign&amp;eacute;e, trop bien m&amp;ecirc;me, de toute &amp;eacute;vidence tr&amp;egrave;s proche des services secrets fran&amp;ccedil;ais et pour cela tr&amp;egrave;s pris&amp;eacute;e dans les milieux de la &lt;em&gt;&amp;laquo; Fran&amp;ccedil;afrique &amp;raquo;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Il semble aujourd&#039;hui que la situation change lentement, mais s&amp;ucirc;rement. Ainsi la r&amp;eacute;pression du pouvoir togolais contre la population civile qui s&#039;oppose &amp;agrave; son hold-up &amp;eacute;lectoral ne passe plus comme une lettre &amp;agrave; la poste. M&amp;ecirc;me RFI ne semble plus totalement contr&amp;ocirc;l&amp;eacute; par le pouvoir chiraquien, l&#039;information est beaucoup plus objective et les journalistes de cette radio ont protest&amp;eacute; contre la suppression du site Internet de RFI et des informations qui contrevenaient au soutien que Paris apporte toujours &amp;agrave; la dictature togolaise.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Dans votre livre,&lt;cite&gt; &lt;cite&gt;Le Monde&lt;/cite&gt;, un contre-pouvoir ?&lt;/cite&gt;, vous critiquez s&amp;eacute;v&amp;egrave;rement les m&amp;eacute;thodes de d&amp;eacute;sinformation et de manipulation sur le g&amp;eacute;nocide rwandais, et notamment l&#039;attitude malhonn&amp;ecirc;te des envoy&amp;eacute;s sp&amp;eacute;ciaux de l&#039;&amp;eacute;poque. Vous dites entre autres que &lt;em&gt;&amp;laquo; &lt;cite&gt;Le Monde&lt;/cite&gt;, en tant qu&#039;instrument docile [de la politique fran&amp;ccedil;aise de collaboration avec le Rwanda] a sa part de responsabilit&amp;eacute; dans l&#039;incompr&amp;eacute;hension des Fran&amp;ccedil;ais et leur passivit&amp;eacute; devant l&#039;horreur qui s&#039;accomplissait &amp;raquo;&lt;/em&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Les conclusions provisoires de la Commission d&#039;enqu&amp;ecirc;te citoyenne sur les m&amp;eacute;dias et id&amp;eacute;ologies nuancent leurs accusations. Je cite : &lt;em&gt;&amp;laquo; La plupart des envoy&amp;eacute;s sp&amp;eacute;ciaux ont fait leur travail et rapport&amp;eacute; les faits (...), ils n&#039;ont pas d&amp;eacute;guis&amp;eacute; la responsabilit&amp;eacute; de la France depuis 1990 &amp;raquo;&lt;/em&gt;, puis &lt;em&gt;&amp;laquo; Cependant, certains de ces envoy&amp;eacute;s sp&amp;eacute;ciaux, des &amp;eacute;ditorialistes et des r&amp;eacute;dactions parisiennes ont eu tendance &amp;agrave; r&amp;eacute;percuter le discours de diabolisation du FPR (...) &amp;raquo;&lt;/em&gt;. Souscrivez-vous &amp;agrave; cette analyse des faits ?&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Pas exactement. D&#039;abord je ne pense pas qu&#039;il y ait une &lt;em&gt;&amp;laquo; responsabilit&amp;eacute; de la France &amp;raquo;&lt;/em&gt;. Il s&#039;agit de diverses responsabilit&amp;eacute;s de dirigeants fran&amp;ccedil;ais, politiques et militaires, engag&amp;eacute;s dans une &amp;eacute;troite collaboration avec un &amp;Eacute;tat pr&amp;eacute;-g&amp;eacute;nocidaire, puis g&amp;eacute;nocidaire. Parler de &amp;laquo; La France &amp;raquo; &amp;eacute;vite simplement d&#039;avoir &amp;agrave; les identifier et d&#039;avoir &amp;agrave; analyser les responsabilit&amp;eacute;s de chacun. L&#039;utilisation de cette expression globalisante &amp;eacute;vite l&#039;analyse et r&amp;eacute;v&amp;egrave;le clairement les limites de cette commission, ou plut&amp;ocirc;t l&#039;intention de certains de ses membres, notamment ceux qui ont travaill&amp;eacute; sur le dossier m&amp;eacute;diatique. Mais heureusement les faits sont l&amp;agrave;, et ce sont eux qui ont eu le dernier mot.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;L&#039;occultation m&amp;eacute;diatique du g&amp;eacute;nocide a &amp;eacute;t&amp;eacute; tr&amp;egrave;s consensuelle et s&#039;est poursuivit jusqu&#039;en 1998. Elle a &amp;eacute;t&amp;eacute; bris&amp;eacute;e par la s&amp;eacute;rie d&#039;articles de Patrick de Saint-Exup&amp;eacute;ry publi&amp;eacute;e dans &lt;cite&gt;Le Figaro&lt;/cite&gt; au d&amp;eacute;but de 1998. Ces articles ont lib&amp;eacute;r&amp;eacute; la presse et provoqu&amp;eacute; imm&amp;eacute;diatement la mise sur pied d&#039;une Mission d&#039;information par le pouvoir fran&amp;ccedil;ais pour &amp;eacute;touffer le scandale. Il y a &amp;eacute;videmment des nuances sur la responsabilit&amp;eacute; de la presse. Relever comme je l&#039;ai fait la d&amp;eacute;sinformation dans un journal comme &lt;cite&gt;Le Monde&lt;/cite&gt; n&#039;emp&amp;ecirc;che pas de reconna&amp;icirc;tre qu&#039;il y a d&#039;excellents journalistes dans ce journal et qu&#039;il s&#039;y &amp;eacute;crit de tr&amp;egrave;s bons articles.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pensez-vous &amp;eacute;galement que la d&amp;eacute;sinformation a pour origine une discordance des points de vue entre journalistes et r&amp;eacute;dactions ou bien qu&#039;il s&#039;agit d&#039;un probl&amp;egrave;me de m&amp;eacute;connaissance du contexte historique, social et politique des &amp;eacute;v&amp;egrave;nements de l&#039;&amp;eacute;poque de la part des journalistes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Il est clair qu&#039;il existe un journalisme de connivence et une ind&amp;eacute;cente proximit&amp;eacute; entre hommes politiques et hommes de m&amp;eacute;dias, c&#039;est-&amp;agrave;-dire journalistes, r&amp;eacute;dacteurs en chefs, directeurs et propri&amp;eacute;taires. La connivence entre &lt;cite&gt;Le Monde&lt;/cite&gt; et le chef des services fran&amp;ccedil;ais, la DGSE, est m&amp;ecirc;me apparue au grand jour de l&#039;aveu m&amp;ecirc;me du directeur de la DGSE, Claude Silberzahn. Il &amp;eacute;crit que le directeur de ce journal, Jean-Marie Colombani, et son sp&amp;eacute;cialiste militaire, &amp;eacute;taient &amp;laquo; ses amis &amp;raquo; avec qui il &amp;laquo; complotait &amp;raquo; quelques bons coups m&amp;eacute;diatiques.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Mais d&#039;autres journalistes &amp;eacute;vitent de rentrer dans ce jeu, dangereux pour la libert&amp;eacute;, avec les officines du pouvoir. Corinne Lesnes par exemple a &amp;eacute;crit dans &lt;cite&gt;Le Monde&lt;/cite&gt;, en 1994 de tr&amp;egrave;s bons articles, s&#039;engageant dans l&#039;analyse et apportant ainsi des &amp;eacute;l&amp;eacute;ments indispensables pour la compr&amp;eacute;hension de la crise. Disons aussi, et je le tiens d&#039;une amie commune, qu&#039;elle a &amp;eacute;t&amp;eacute; censur&amp;eacute;e par sa r&amp;eacute;daction au point d&#039;en pleurer.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Il en est de m&amp;ecirc;me pour Agn&amp;egrave;s Rotivel, journaliste au journal chr&amp;eacute;tien La Croix. Elle l&#039;explique tr&amp;egrave;s bien elle-m&amp;ecirc;me : &lt;em&gt;&amp;laquo; Le probl&amp;egrave;me s&#039;est pos&amp;eacute; avec la r&amp;eacute;daction lorsque j&#039;ai ramen&amp;eacute; un papier sur l&#039;&amp;Eacute;glise au Rwanda, (&amp;hellip;) La Croix n&#039;a pas &amp;eacute;t&amp;eacute; capable d&#039;assumer cela jusqu&#039;au bout. C&#039;&amp;eacute;tait un article qui s&#039;appuyait sur des faits r&amp;eacute;els [&amp;eacute;voquant notamment Monseigneur Perraudin]. (&amp;hellip;). J&#039;&amp;eacute;tais tr&amp;egrave;s furieuse. Je lui ai dit [au r&amp;eacute;dacteur en chef] qu&#039;il fallait faire tr&amp;egrave;s attention, que l&#039;on avait affaire &amp;agrave; des pr&amp;ecirc;tres et que cela arrangeait tout &lt;cite&gt;Le Monde&lt;/cite&gt;  de voir les probl&amp;egrave;mes &amp;agrave; travers l&#039;ethnie. Cela arrangeait le gouvernement fran&amp;ccedil;ais et l&#039;&amp;Eacute;glise. Il ne s&#039;agissait que d&#039;une histoire de Tutsi et de Hutu. (&amp;hellip;) Mon texte est pass&amp;eacute; pendant que j&#039;&amp;eacute;tais absente. Le responsable du service religieux a censur&amp;eacute; mon papier d&#039;environ deux tiers. &amp;raquo;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Tous les journalistes n&#039;ont h&amp;eacute;las pas eu la m&amp;ecirc;me probit&amp;eacute;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jean-Paul gouteux est entomologiste &amp;agrave; l&#039;Institut fran&amp;ccedil;ais de Recherche pour le D&amp;eacute;veloppement (IRD). Il est l&#039;auteur de trois ouvrages majeurs et de nombreux articles sur le g&amp;eacute;nocide rwandais.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&amp;Agrave; lire :&lt;/strong&gt; &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;cite&gt;Un g&amp;eacute;nocide secret d&#039;&amp;Eacute;tat. La France au Rwanda 1990-1997.&lt;/cite&gt; Editions Sociales, 1998.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;cite&gt;Le Monde, un contre-pouvoir ? D&amp;eacute;sinformation et manipulation sur le g&amp;eacute;nocide rwandais.&lt;/cite&gt; L&#039;esprit Frappeur, 1999.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;cite&gt;Un g&amp;eacute;nocide sans importance. La Fran&amp;ccedil;afrique au Rwanda.&lt;/cite&gt; Editions Tahin-Party, 2001.&lt;/p&gt;        &lt;/div&gt;
        &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/fieldset&gt;
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                    &lt;img alt=&quot;rwanda2_fp.jpg&quot; src=&quot;http://dominionpaper.ca/img/francais/rwanda2_fp.jpg&quot; width=&quot;230&quot; height=&quot;133&quot; /&gt; &lt;strong&gt;Jean-Paul Gouteux&lt;/strong&gt;, sp&amp;eacute;cialiste de la question rwandaise, nous rappelle la tendance n&amp;eacute;ocolonialiste de la presse fran&amp;ccedil;aise en Afrique.        &lt;/div&gt;
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 <category domain="http://www.dominionpaper.ca/author/vivien_jaboeuf">Vivien Jaboeuf</category>
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 <pubDate>Wed, 17 Aug 2005 11:31:32 +0000</pubDate>
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 <title>Tsux&#039;iit : mieux comprendre la spiritualité autochtone</title>
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 <description>&lt;fieldset class=&quot;fieldgroup group-content&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field field-type-text field-field-extended&quot;&gt;
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                    &lt;div class=&quot;imagebox&quot; style=&quot;width:300px;&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;MMcanoe.jpg&quot; src=&quot;http://dominionpaper.ca/img/firstnations/MMcanoe.jpg&quot; width=&quot;300&quot; height=&quot;152&quot; /&gt;&lt;/div&gt; Depuis que le Pape Alexandre VI, en 1493, a donn&amp;eacute; &amp;agrave; l&#039;Espagne le pouvoir sur les &amp;laquo; Am&amp;eacute;riques &amp;raquo; et au Portugal l&#039;Afrique, les Cara&amp;iuml;bes et un morceau du Br&amp;eacute;sil, les autorit&amp;eacute;s religieuses chr&amp;eacute;tiennes ont autoris&amp;eacute; la conqu&amp;ecirc;te des &amp;laquo; Am&amp;eacute;riques &amp;raquo;. Bien que les peuples autochtones aient &amp;eacute;t&amp;eacute; forc&amp;eacute;s &amp;agrave; se familiariser avec la chr&amp;eacute;tient&amp;eacute;, la connaissance contemporaine des colons envers les diverses religions indig&amp;egrave;nes demeura vague.

&lt;p&gt;Sur la c&amp;ocirc;te ouest de l&#039;&amp;icirc;le de Vancouver, un conflit des temps modernes est en train de se d&amp;eacute;rouler. Les officiels du gouvernement canadien ont tent&amp;eacute; de subordonner la r&amp;eacute;v&amp;eacute;rence envers la vie qui fait partie int&amp;eacute;grale de la spiritualit&amp;eacute; des communaut&amp;eacute;s vivant l&amp;agrave; depuis des milliers d&#039;ann&amp;eacute;es.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Les majestueux &amp;eacute;paulards (orcinus orca) sont les plus grands des dauphins. Ils sont devenus l&#039;embl&amp;egrave;me de la province de Colombie Britannique o&amp;ugrave; ils nagent dans des bassins ou bien par o&amp;ugrave; ils transitent. En 1999, l&#039;un d&#039;entre eux est n&amp;eacute; dans le bassin &amp;laquo; L &amp;raquo;, le plus grand bassin du sud dans les eaux de l&#039;oc&amp;eacute;an Pacifique du nord-ouest. En juillet 2001, ce jeune &amp;eacute;paulard, L98, est apparu, seul, sur la c&amp;ocirc;te nord-ouest de l&#039;&amp;icirc;le de Vancouver, &amp;agrave; Nookta Sound (o&amp;ugrave; le navigateur James Cook s&#039;est fait accueillir en 1778. Le nom Nookta est suppos&amp;eacute; venir du fait que Cook avait du mal &amp;agrave; prononcer la langue autochtone Nuu-Chah-Nulth).&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le jeune c&amp;eacute;tac&amp;eacute; s&#039;est &amp;eacute;tabli pr&amp;egrave;s de Gold River &amp;ndash; une petite communaut&amp;eacute; dans les int&amp;eacute;rieurs de l&#039;&amp;icirc;lette Muchalaht- et a re&amp;ccedil;u beaucoup d&#039;attention de la part des m&amp;eacute;dias. On l&#039;a nomm&amp;eacute; Luna lors d&#039;un concours organis&amp;eacute; par un journal de Seattle parce qu&#039;il &amp;laquo; explore l&#039;oc&amp;eacute;an comme la lune explore la Terre &amp;raquo;. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Cependant, la tribu autochtone &amp;laquo; Mowachaht/Muchahaht &amp;raquo; (TAMM) l&#039;a nomm&amp;eacute; Tsux&#039;iit comme leur chef d&amp;eacute;c&amp;eacute;d&amp;eacute; Ambrose Maquinna. &amp;laquo; Chef Ambrose a dit qu&#039;il aimerait &amp;ecirc;tre un &amp;laquo; kakawin &amp;raquo; (&amp;eacute;paulard dans la langue Nuu-Cah-Nulth) dans sa prochaine vie &amp;raquo; affirme Jamie James, un g&amp;eacute;rant de poissonnerie de la tribu. &amp;laquo; Quatre jours apr&amp;egrave;s sa mort, Tsux&#039;iit est apparu &amp;raquo;. Selon J. James, dans la culture de cette tribu, tout fonctionne par groupes de quatre. L&#039;arriv&amp;eacute;e de Tsux&#039;iit, donc, &amp;eacute;tait un &amp;eacute;v&amp;eacute;nement significatif pour eux.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;J. James explique : &amp;laquo; Les chefs croient que lors de leur mort, ils se transforment en animal. Dans la culture de la tribu Mowachaht/Muchalaht, le &amp;laquo; kakawin &amp;raquo; est le sh&amp;eacute;rif de la mer, le loup est le sh&amp;eacute;rif de la terre et l&#039;aigle, le sh&amp;eacute;rif de l&#039;air. La tribu a toujours tenu &amp;agrave; prot&amp;eacute;ger la terre et ses ressources depuis des milliers d&#039;ann&amp;eacute;es et continue &amp;agrave; le faire de nos jours.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
Certains pensaient que Tsx&#039;iit rejoindrait le bassin &amp;laquo; L &amp;raquo; un jour ou l&#039;autre, mais il n&#039;en fut rien. Tsux&#039;iit avait l&#039;air en bonne sant&amp;eacute;. Ses jeux et sa convivialit&amp;eacute; ont commenc&amp;eacute; &amp;agrave; attirer les touristes dans cette communaut&amp;eacute; qui essayait encore de se remettre de la fermeture de sa papeterie en 1998 et de ses cons&amp;eacute;quences &amp;eacute;conomiques.  Cependant, on a craint que la curiosit&amp;eacute; de Tsux&#039;iit pour les bateaux et le contact humain pouraient lui &amp;ecirc;tre dangereux. On a donc d&amp;eacute;cid&amp;eacute; de minimiser les contacts directs. Encourag&amp;eacute; par  le succ&amp;egrave;s d&#039;une autre baleine, Springer, qui a &amp;eacute;t&amp;eacute; r&amp;eacute;int&amp;eacute;gr&amp;eacute;e dans son milieu naturel, le D&amp;eacute;partement de la p&amp;ecirc;che et des oc&amp;eacute;ans (DPO) du Canada a pr&amp;eacute;vu de d&amp;eacute;m&amp;eacute;nager Tsux&#039;iit.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Dave Wiwchar, conseiller en m&amp;eacute;dias et communications du Chef de la TAMM,  Mike Makina et &amp;eacute;diteur du journal Ha-Shilth-Sa a affirm&amp;eacute; : &amp;laquo; Le DPO n&#039;a pas du tout consult&amp;eacute; la tribu MM au sujet de ses plans de d&amp;eacute;m&amp;eacute;nager Tsux&#039;iit. &amp;raquo;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&amp;laquo;Il semble compl&amp;egrave;tement injuste que le DPO essaie d&#039;imposer ses points de vue aux r&amp;eacute;sidents de Gold River et aux membres de la tribu MM qui vivent l&amp;agrave; depuis la nuit des temps. &amp;raquo;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Les gens de la TAMM croient que la baleine a le droit de rejoindre le bassin &amp;laquo; L &amp;raquo;. Cependant, rajoute J. James, &amp;laquo; nous ne sommes pas d&#039;accord avec les m&amp;eacute;thodes que le DPO pr&amp;eacute;voit utiliser pour red&amp;eacute;m&amp;eacute;nager Tsux&#039;iit : le jeter dans un enclos, ensuite dans un camion, sans aucune certitude si oui ou non il rejoindra le bassin. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La TAMM avait des scrupules vis-&amp;agrave;-vis du d&amp;eacute;m&amp;eacute;nagement pr&amp;eacute;vu. Un conflit en a r&amp;eacute;sult&amp;eacute;. Quand le DPO et l&#039;aquarium de Vancouver &amp;ndash; qui poss&amp;egrave;de un pass&amp;eacute; assez ignoble vis-&amp;agrave;-vis des &amp;eacute;paulards- ont tent&amp;eacute; de capturer Tsux&#039;iit, la TAMM et la tribu Hesquiaht ont guid&amp;eacute; en cano&amp;euml; la baleine vers Yuquot, le portail c&amp;ocirc;tier qui a servi lors des premiers contacts entre les Nuu-Chah-Nulth et les gens du &amp;laquo; vieux monde &amp;raquo;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;D. Wiwchar a cit&amp;eacute; le chef de la TAMM, Mike Maquina, l&#039;&amp;eacute;t&amp;eacute; dernier, lors de la confrontation avec le DPO : &amp;laquo;  Tout ce qu&#039;on fait, on l&#039;a toujours fait depuis des milliers d&#039;ann&amp;eacute;es. On voyage en cano&amp;euml; en chantant. Un lien tr&amp;egrave;s sp&amp;eacute;cial nous unit &amp;agrave; Tsux&#039;iit et nous sommes dans nos cano&amp;euml;s pour l&#039;aider. Nous essayons de ne pas nous attirer des ennuis mais le DPO semble vouloir que ceci devienne une bataille, bien qu&#039;on ait clarifi&amp;eacute; nos intentions. Ils ont des gilets pare-balles, des revolvers et des bateaux &amp;agrave; moteur puissants. Nous, nous sommes juste des rameurs dans des cano&amp;euml;s traditionnels. &amp;raquo;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le DPO a enfin abandonn&amp;eacute; la traque de Tsux&#039;iit et, &amp;agrave; la mi-septembre, un accord de responsabilit&amp;eacute; commune a &amp;eacute;t&amp;eacute; mis en place entre la TAMM et le DPO. Le financement de cet accord est encore en pourparlers.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le point de vue d&#039;un colon sur la spiritualit&amp;eacute; autochtone&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le journal &amp;laquo; Christian Science Monitor &amp;raquo; donne un exemple bien repr&amp;eacute;sentatif de la r&amp;eacute;action des m&amp;eacute;dias sur l&#039;histoire de Tsux&#039;iit en exprimant de la consternation sur le fait qu&#039; &amp;laquo; on donne tant de pouvoir &amp;agrave; un groupe autochtone &amp;raquo;. Typiquement, la position du &amp;laquo; Monitor &amp;raquo; sous-entend qu&#039;il n&#039;y a aucune raison de donner aux membres de la TAMM des droits &amp;laquo; sp&amp;eacute;ciaux &amp;raquo; ou de penser qu&#039;ils poss&amp;egrave;dent une certaine connaissance du monde dans lequel ils vivent. Cette id&amp;eacute;e omet que cette communaut&amp;eacute; a v&amp;eacute;cu sur cette terre depuis des mill&amp;eacute;naires et qu&#039;elle ne l&#039;a jamais c&amp;eacute;d&amp;eacute; au gouvernement canadien.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le &amp;laquo; Monitor &amp;raquo; continue : &amp;laquo; Les &amp;eacute;paulards sont peut-&amp;ecirc;tre importants dans la mythologie autochtone, mais Tsux&#039;iit n&#039;est pas un &amp;eacute;paulard mythologique, c&#039;est un vrai animal. Peut-&amp;ecirc;tre devrait-on leur dire : &amp;laquo; Nous sommes d&amp;eacute;sol&amp;eacute;s de vous avoir vol&amp;eacute; votre terre, mais la baleine a besoin de son bassin &amp;raquo;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Bien qu&#039;il admette -en citant Shakespeare- que le monde se r&amp;eacute;sume a beaucoup plus que ce que le monde occidental n&#039;accepte comme &amp;eacute;tant r&amp;eacute;el, le &amp;laquo; Monitor &amp;raquo; fait valoir imm&amp;eacute;diatement  son privil&amp;egrave;ge de d&amp;eacute;terminer la diff&amp;eacute;rence entre ce qui est &amp;laquo; vrai &amp;raquo; et ce qui est &amp;laquo; mythologique &amp;raquo;. Pendant ce temps, la compr&amp;eacute;hension de la situation par les lecteurs ne s&#039;en retrouve qu&#039;appauvrie.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le professeur d&#039;&amp;eacute;tudes autochtones nord-am&amp;eacute;ricaines, Arlene Hirscfelder ainsi que l&#039;&amp;eacute;crivaine Chippewa Paulette Molin indiquent dans la pr&amp;eacute;face de &amp;laquo; L&#039;encyclop&amp;eacute;die des religions autochtones nord-am&amp;eacute;ricaines &amp;raquo; que &amp;laquo; le public ne sait ou ne comprend que tr&amp;egrave;s peu le sujet des religions autochtones en Am&amp;eacute;rique du Nord, m&amp;ecirc;me si leurs probl&amp;egrave;mes sont souvent expos&amp;eacute;s dans les journaux. Malgr&amp;eacute; l&#039;abondance des nouvelles, le public demeure ignorant des religions autochtones. Des centaines de livres et d&#039;articles ont pourtant &amp;eacute;t&amp;eacute; publi&amp;eacute;s par des anthropologues, des sp&amp;eacute;cialistes des religions et des croyances autochtones &amp;raquo;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le DPO pr&amp;eacute;tend &amp;laquo; comprendre la signification culturelle et spirituelle &amp;raquo; de Tsux&#039;iit. Cependant, pour la TAMM, la signification est bien plus profonde. En parlant de son peuple, J. James dit : &amp;laquo;  Nous avons un lien spirituel avec la nature et avec la terre qui nous entoure. &amp;raquo; Il propose un plan d&#039;action simple et sans confrontation : &amp;laquo; Laissons la nature suivre son cours. C&#039;est la position des Premi&amp;egrave;res Nations Nuu-Chah-Nulth. &amp;raquo;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;a name=&quot;transl&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;author&quot;&gt;Traduit de l&#039;anglais par Catherine Sajna&lt;/p&gt;        &lt;/div&gt;
        &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/fieldset&gt;
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                    &lt;img alt=&quot;MMcanoe_fp.jpg&quot; src=&quot;http://dominionpaper.ca/img/firstnations/MMcanoe_fp.jpg&quot; width=&quot;230&quot; height=&quot;133&quot; /&gt; Bien que les peuples autochtones aient &amp;eacute;t&amp;eacute; forc&amp;eacute;s &amp;agrave; se familiariser avec la chr&amp;eacute;tient&amp;eacute;, la connaissance contemporaine des colons envers les diverses religions indig&amp;egrave;nes demeura vague.        &lt;/div&gt;
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 <category domain="http://www.dominionpaper.ca/author/kim_petersen">Kim Petersen</category>
 <category domain="http://www.dominionpaper.ca/section/francais">Français</category>
 <category domain="http://www.dominionpaper.ca/topics/first_nations">Indigenous</category>
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 <pubDate>Wed, 20 Jul 2005 23:04:57 +0000</pubDate>
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 <title>Pour une redéfinition des rapports entre Israéliens et Palestiniens</title>
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                    &lt;div class=&quot;imagebox&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;hebron_web.jpg&quot; src=&quot;http://dominionpaper.ca/img/francais/hebron_web.jpg&quot; width=&quot;250&quot; height=&quot;167&quot; /&gt; &lt;br /&gt;Un soldat Isra&amp;eacute;lien avec deux prisonniers Palestiniens &amp;agrave; Hebron. Photo: Breaking the Silence&lt;/div&gt;  Des anciens soldats ou r&amp;eacute;servistes de Tsahal sont sortis de leur mutisme pour proposer une r&amp;eacute;flexion profonde sur le quotidien de l&#039;occupation des territoires palestiniens et la &amp;laquo; corruption morale &amp;raquo; de toute une g&amp;eacute;n&amp;eacute;ration d&#039;Isra&amp;eacute;liens. Interrog&amp;eacute; r&amp;eacute;cemment par Daniel Mermet, pour l&#039;&amp;eacute;mission &lt;cite&gt;L&amp;agrave;-bas si j&#039;y suis&lt;/cite&gt;, Yehuda Shaul, porte-parole de Breaking de silence, s&#039;attaque &amp;agrave; la banalit&amp;eacute; de l&#039;humiliation faite aux Palestiniens. Alors que la Ligue de d&amp;eacute;fense juive scande : &amp;laquo; Arabs to the gas chamber &amp;raquo;, le mouvement pacifiste d&amp;eacute;nonce le climat de haine et de m&amp;eacute;pris. 

&lt;p&gt;Depuis juin 2004, ces jeunes Isra&amp;eacute;liens et Isra&amp;eacute;liennes ont fait conna&amp;icirc;tre, de fa&amp;ccedil;on anonyme,  leurs troublantes exp&amp;eacute;riences de service militaire par &amp;agrave; une exposition intitul&amp;eacute;e &lt;a href=&quot;http://www.breakingthesilence.org.il&quot;&gt;Breaking the silence&lt;/a&gt;. Celle-ci exhibe une soixantaine de photos accompagn&amp;eacute;es d&#039;enregistrements audio et vid&amp;eacute;o &amp;eacute;voquant les crimes et les abus commis principalement envers les habitants d&#039;H&amp;eacute;bron. Aujourd&#039;hui relay&amp;eacute; par la presse nationale et internationale, les t&amp;eacute;moignages de ces &amp;laquo; refuzniks &amp;raquo; de l&#039;occupation ont fait le tour d&#039;Isra&amp;euml;l et r&amp;eacute;veill&amp;eacute; les consciences. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&amp;laquo; Cette exposition n&#039;a rien de politique &amp;raquo;, car elle pr&amp;eacute;sente &amp;laquo; une part de ce qu&#039;il y a de plus fondamental, de plus humain, elle est une r&amp;eacute;flexion apr&amp;egrave;s coup &amp;raquo;, pr&amp;eacute;vient Y&amp;eacute;huda Shaul. Le catalyseur de l&#039;initiative est en effet une r&amp;eacute;volte individuelle et sinc&amp;egrave;re qui s&#039;affirme comme un retour p&amp;eacute;dagogique voire th&amp;eacute;rapeutique sur un &amp;eacute;tat de conditionnement mental collectif. &amp;laquo; Quand on est dans l&#039;action, on est incapable, on ne veut pas et on fait tout pour ne pas comprendre. On cr&amp;eacute;e une vraie muraille de silence pour ignorer la r&amp;eacute;alit&amp;eacute;, car si on en prenait conscience, on ne se l&amp;egrave;verait plus le matin. Et ce n&#039;est qu&#039;apr&amp;egrave;s avoir pris du recul par rapport &amp;agrave; nos actions qu&#039;on en comprend la gravit&amp;eacute; &amp;raquo;, atteste l&#039;ancien soldat.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cons&amp;eacute;quences de l&#039;occupation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Y. Shaul ne cherche pas &amp;agrave; discourir sur la l&amp;eacute;gitimit&amp;eacute; ou non de cette guerre, l&amp;agrave; n&#039;est pas son but. Ses observations partent d&#039;une r&amp;eacute;alit&amp;eacute; et de ses implications intrins&amp;egrave;ques : &amp;laquo; Dans une guerre, il y a des morts et des bless&amp;eacute;s, et ce n&#039;est pas facile &amp;agrave; assumer. Mais le vrai probl&amp;egrave;me est l&#039;influence d&#039;une occupation et le contr&amp;ocirc;le sur une population (palestinienne) et sur la morale et les sentiments de toute une g&amp;eacute;n&amp;eacute;ration (isra&amp;eacute;lienne). D&#039;un c&amp;ocirc;t&amp;eacute;, il y a la lutte contre le terrorisme, de l&#039;autre, la volont&amp;eacute; d&#039;imposer un pouvoir &amp;agrave; une population et ses effets sur notre soci&amp;eacute;t&amp;eacute; &amp;raquo;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Les intellectuels isra&amp;eacute;liens parlent de &amp;laquo; corruption morale &amp;raquo;, une expression critique qui d&amp;eacute;finit ici le d&amp;eacute;clin de la raison au profit d&#039;int&amp;eacute;r&amp;ecirc;ts ubuesques. Et d&#039;apr&amp;egrave;s Y. Shaul, cette corruption est le contrecoup de la guerre, &amp;laquo; un prix &amp;agrave; payer en terme de g&amp;eacute;n&amp;eacute;ration &amp;raquo;. &amp;laquo; Et sommes-nous pr&amp;ecirc;t &amp;agrave; le payer ? Si on me dit que mon fils frappe des vieilles dames ou casse les murs d&#039;une &amp;eacute;picerie pour se fournir en cigarettes, moi, je n&#039;ai plus rien &amp;agrave; lui dire. S&#039;il est pr&amp;ecirc;t &amp;agrave; le faire, le dialogue est termin&amp;eacute; entre nous &amp;raquo;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&amp;laquo; La soci&amp;eacute;t&amp;eacute; enti&amp;egrave;re est donc responsable &amp;raquo;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Qui doit endosser alors le r&amp;ocirc;le du coupable : l&#039;arm&amp;eacute;e, la soci&amp;eacute;t&amp;eacute; isra&amp;eacute;lienne, le gouvernement, les soldats ? Y. Shaul d&amp;eacute;voile alors la cible vis&amp;eacute;e par l&#039;exposition : &amp;laquo; Nous n&#039;accusons pas l&#039;arm&amp;eacute;e car elle est mise dans une situation o&amp;ugrave; elle peut am&amp;eacute;liorer les choses, &amp;eacute;viter certaines bavures, mais, en g&amp;eacute;n&amp;eacute;ral, les agissements de l&#039;arm&amp;eacute;e sont le r&amp;eacute;sultat d&#039;une politique. La soci&amp;eacute;t&amp;eacute; enti&amp;egrave;re est donc responsable, c&#039;est elle qui nous envoie et qui nous dit : faites le sale boulot l&amp;agrave;-bas, et lorsque vous revenez le jeudi soir pour votre permission surtout souriez, ne nous parlez pas de ce qui s&#039;y passe, on ne veut pas le savoir &amp;raquo;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Selon lui, ce refus de savoir, de comprendre et d&#039;accepter la r&amp;eacute;alit&amp;eacute; persiste m&amp;ecirc;me devant l&#039;&amp;eacute;vidence des faits et la puissance des t&amp;eacute;moignages des soldats. &amp;laquo; La r&amp;eacute;action de la soci&amp;eacute;t&amp;eacute; &amp;agrave; l&#039;&amp;eacute;gard de notre exposition est le d&amp;eacute;ni. Ils refusent d&#039;endosser la responsabilit&amp;eacute; des bavures en imaginant que leurs enfants ne feraient jamais ce genre de choses. Pour eux, ce ne sont que quelques salopards qui commettent ces crimes &amp;raquo;. Sachant que la prise de conscience est l&#039;&amp;eacute;tape la plus dure &amp;agrave; passer, Y. Shaul souhaite que la soci&amp;eacute;t&amp;eacute; puisse &amp;laquo; se regarder dans un miroir et voir son vrai visage &amp;raquo;. &amp;laquo; Et lorsque la m&amp;egrave;re embrasse son fils le jeudi soir, elle devrait savoir que ce m&amp;ecirc;me fils a donn&amp;eacute;, dimanche, une claque &amp;agrave; une vieille dame et s&#039;est fait photographier, lundi, avec des cadavres &amp;raquo;, poursuit-il.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&amp;laquo; La banalit&amp;eacute; est l&#039;enjeu central &amp;raquo;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&amp;laquo; C&#039;est le retour &amp;agrave; la banalit&amp;eacute; du mal &amp;raquo; souligne D. Mermet, l&#039;installation d&#039;un univers o&amp;ugrave; l&#039;homme perd tous ses acquis, ses rep&amp;egrave;res sociaux et humains qui lui permettaient d&#039;avoir sa propre justesse de raisonnement, une rectitude du comportement et de la morale. &amp;laquo; C&#039;est l&#039;impossibilit&amp;eacute; de voir et de comprendre la r&amp;eacute;alit&amp;eacute; dans laquelle on se trouve et de discerner le bien du mal. En entrant dans l&#039;arm&amp;eacute;e, toutes nos valeurs et id&amp;eacute;ologies disparaissent compl&amp;egrave;tement comme si on les avait mises dans un mixeur et m&amp;eacute;lang&amp;eacute;es. D&amp;egrave;s lors, le bien et le mal n&#039;ont plus aucune signification &amp;raquo;, d&amp;eacute;plore l&#039;ancien r&amp;eacute;serviste qui a servi &amp;agrave; H&amp;eacute;bron.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Pour lui, &amp;laquo; la banalit&amp;eacute; est l&#039;enjeu central. Apr&amp;egrave;s trois ann&amp;eacute;es dans l&#039;arm&amp;eacute;e, ce qui n&#039;&amp;eacute;tait pas banal, c&#039;est-&amp;agrave;-dire se faire photographier avec des cadavres, tirer n&#039;importe comment sur la  population, devient la routine. Tous ces vices suivent un processus d&#039;&amp;eacute;volution : on commence &amp;agrave; entrer dans les magasins pour prendre des cigarettes, au barrage on va piquer &amp;agrave; quelqu&#039;un son chapelet, puis ce sont des choses beaucoup plus graves comme le vol de mat&amp;eacute;riel &amp;eacute;lectronique, d&#039;ordinateurs. Ce qui &amp;eacute;tait au d&amp;eacute;part de simples bavures devient la norme. Et nous ne voulons pas voir cette norme se d&amp;eacute;velopper dans les territoires occup&amp;eacute;s &amp;raquo;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;L&#039;exposition d&amp;eacute;sire alors &amp;laquo; Briser le silence &amp;raquo;, comme briser l&#039;apparente banalit&amp;eacute; des photos qui cachent la pr&amp;eacute;sence des actes imbus de m&amp;eacute;pris, de violence, d&#039;humiliation et de vengeance d&amp;eacute;guis&amp;eacute;e. L&#039;une des photographies de l&#039;exposition pr&amp;eacute;sente une vue panoramique d&#039;un quartier de la ville d&#039;H&amp;eacute;bron, un clich&amp;eacute; dont l&#039;&amp;eacute;tonnante normalit&amp;eacute; visuelle refl&amp;egrave;te parfaitement le divorce mental entre le per&amp;ccedil;u et le r&amp;eacute;el. &amp;laquo; Cette photo est typique de notre exposition : si on ne conna&amp;icirc;t pas son histoire, elle n&#039;a aucune signification &amp;raquo;, avertit Y. Shaul. &amp;laquo; Celle-ci a &amp;eacute;t&amp;eacute; prise d&#039;une position de mitrailleur. Chaque fois que les Palestiniens tirent des coups de feu, on riposte. (&amp;hellip;) Le lance-grenades n&#039;est certainement pas une arme pr&amp;eacute;cise. En fonction de l&#039;attaque adverse tu corriges le tire un peu &amp;agrave; droite, plus en haut, pour arriver enfin &amp;agrave; l&#039;objectif. D&amp;egrave;s lors, tu commences &amp;agrave; arroser et tu pries au fond de ton c&amp;oelig;ur que personne n&#039;a &amp;eacute;t&amp;eacute; touch&amp;eacute;, mais tu n&#039;en sais absolument rien. Tu rentres dans un v&amp;eacute;ritable jeu. Tu t&#039;es entra&amp;icirc;n&amp;eacute; et tu attends le moment o&amp;ugrave; on va te donner l&#039;ordre de tirer ; tu prends ton pied, car c&#039;est pour &amp;ccedil;a que tu es l&amp;agrave;. Finalement, tu comprends et tu ne comprends pas &amp;agrave; la fois qu&#039;il y a quelque chose de vraiment tordu dans cette histoire &amp;raquo;. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Sur une autre photo, on aper&amp;ccedil;oit &amp;agrave; quelques m&amp;egrave;tres d&#039;un soldat isra&amp;eacute;lien deux jeunes Palestiniens accroupis, les yeux band&amp;eacute;s. Une image qui, selon le porte-parole du mouvement, raconte pour le mieux le message qu&#039;ils essayent de faire passer &amp;agrave; travers l&#039;exposition. &amp;laquo; Que se passe-t-il dans la routine du soldat ? &amp;raquo;, lance-t-il. &amp;laquo; Tu commences tous les soirs &amp;agrave; revenir avec ton butin : ton Palestinien, captur&amp;eacute; apr&amp;egrave;s avoir jet&amp;eacute; des pierres. Il devient alors une entit&amp;eacute;, il n&#039;est plus personne, tu n&#039;as pour lui aucun sentiment. Pendant que tu fumes et te reposes, lui, il va rester dans son coin durant 10 ou 12 heures. Tu joues aux cartes tranquillement et tu oublies compl&amp;egrave;tement qu&#039;il est l&amp;agrave;. &amp;Ccedil;a devient quelque chose de vraiment banal &amp;raquo;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un vent d&#039;espoir&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Touch&amp;eacute; dans son &amp;ecirc;tre, Y. Shaul t&amp;eacute;moigne de l&#039;&amp;eacute;tat de mutation de la personnalit&amp;eacute; dont sont l&#039;objet les soldats isra&amp;eacute;liens. Une pathologie inh&amp;eacute;rente &amp;agrave; la politique de domination qu&#039;il serait vain, selon lui, de taire : &amp;laquo; Une fois arriv&amp;eacute; l&amp;agrave;-bas, le fusil &amp;agrave; la main, tu commences &amp;agrave; changer, et, lorsque tu reviens au sein de la soci&amp;eacute;t&amp;eacute;, tu te retrouves transform&amp;eacute;. Quelles que soient tes opinions politiques et les formations ou initiatives initi&amp;eacute;es par le d&amp;eacute;partement de l&#039;&amp;eacute;ducation de l&#039;arm&amp;eacute;e rien ne peut arr&amp;ecirc;ter ce processus, car il est li&amp;eacute; &amp;agrave; la r&amp;eacute;alit&amp;eacute; de cette domination. Et aucune enqu&amp;ecirc;te qui tenterait de nous mettre en garde contre la divulgation de ce qui se passe l&amp;agrave;-bas ne changera cette r&amp;eacute;alit&amp;eacute; &amp;raquo;. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La prise de conscience mise en avant par Y. Shaul est inexorable et s&#039;affirme de jour en jour avec l&#039;aide de la presse et de la justice isra&amp;eacute;lienne. Parall&amp;egrave;lement, la popularit&amp;eacute; croissante des mouvements pacifistes des deux bords accompagne le processus de d&amp;eacute;colonisation entam&amp;eacute; par les autorit&amp;eacute;s officielles. Bien plus qu&#039;un plaidoyer pour un changement de la politique du gouvernement isra&amp;eacute;lien, cette exposition est une r&amp;eacute;flexion universelle sur la condition humaine et laisse entrevoir l&#039;&amp;eacute;mergence d&#039;un r&amp;eacute;el d&amp;eacute;sir de cohabitation entre les communaut&amp;eacute;s.&lt;/p&gt;        &lt;/div&gt;
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 <category domain="http://www.dominionpaper.ca/author/vivien_jaboeuf">Vivien Jaboeuf</category>
 <category domain="http://www.dominionpaper.ca/section/francais">Français</category>
 <category domain="http://www.dominionpaper.ca/place/israel">Israel</category>
 <category domain="http://www.dominionpaper.ca/place/palestine">Palestine</category>
 <pubDate>Mon, 23 May 2005 23:45:11 +0000</pubDate>
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 <title>Le Canada légitime la répression en Haïti: cinéaste</title>
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            &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;
                    &lt;p&gt;Le cin&amp;eacute;aste Kevin Pina, n&amp;eacute; en Californie et travaillant en Ha&amp;iuml;ti, a r&amp;eacute;cemment fini une tourn&amp;eacute;e de grandes villes canadiennes. Il pr&amp;eacute;sentait son film &amp;laquo; Ha&amp;iuml;ti: une r&amp;eacute;colte d&#039;espoir &amp;raquo;, qui couvre les &amp;eacute;l&amp;eacute;ctions qui ont men&amp;eacute; Jean Bertrand Aristide et le parti Lavalas au pouvoir. Des centaines de personnes &amp;agrave; Montr&amp;eacute;al, Ottawa, Vancouver et Victoria ont &amp;eacute;galement vu des extraits du documentaire &amp;agrave; venir de Pina intitul&amp;eacute; &amp;laquo; Ha&amp;iuml;ti: trahison de la d&amp;eacute;mocratie &amp;raquo;, qui couvre les &amp;eacute;v&amp;eacute;nements (d&#039;il y a un an) qui ont men&amp;eacute; &amp;agrave; la destitution de tout un gouvernement &amp;eacute;lu et &amp;agrave; son remplacement par une occupation militaire et un &amp;laquo; gouvernement d&#039;int&amp;eacute;rim &amp;raquo; men&amp;eacute; par un ancien animateur de talk show &amp;agrave; la t&amp;eacute;l&amp;eacute;vision,  citoyen des Etats Unis et r&amp;eacute;sident de la Californie G&amp;eacute;rard Latortue.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Pina est &amp;eacute;galement membre du Projet d&#039;information sur Ha&amp;iuml;ti, un regroupement de journalistes ha&amp;iuml;tiens ind&amp;eacute;pendants, et &amp;eacute;diteur associ&amp;eacute; de Black Commentator.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le jour suivant la projection &amp;agrave; Montr&amp;eacute;al, j&#039;assiste &amp;agrave; une conf&amp;eacute;rence de presse pr&amp;eacute;vue par les organisateurs de Montr&amp;eacute;al. Ma premi&amp;egrave;re question &amp;agrave; Pina est &amp;laquo; pourquoi n&#039;y a-t-il pas d&#039;autres journalistes? &amp;raquo;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Pina n&#039;est pas surpris. &amp;laquo; Nous avons le m&amp;ecirc;me probl&amp;egrave;me partout. S&#039;ils int&amp;eacute;ressaient &amp;agrave; ce c&amp;ocirc;t&amp;eacute;-l&amp;agrave; de l&#039;histoire, ils feraient des reportages l&amp;agrave;-dessus. Et ils ne le font pas. &amp;raquo;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Pina explique que m&amp;ecirc;me les journalistes canadiens qui habitent en Ha&amp;iuml;ti &amp;laquo; ne s&#039;int&amp;eacute;ressent qu&#039;&amp;agrave; la perspective de leur gouvernement &amp;raquo;, et assistent aux conf&amp;eacute;rences de presse des ambassades, mais non aux manifestations de Lavalas. En guise d&#039;exemple il cite les jours menant au coup du 29 f&amp;eacute;vrier dernier, lorsque la presse internationale a pr&amp;eacute;sent&amp;eacute; des reportages exhaustifs sur une manifestation anti-Aristide. Alors que l&#039;estimation la plus large faisait &amp;eacute;tat de 2000 personnes, la m&amp;ecirc;me presse a ignor&amp;eacute; des centaines de milliers de supporters d&#039;Aristide. A l&#039;&amp;eacute;poque Pina &amp;eacute;crivait: &amp;laquo; pas une photo de la beaucoup plus grande manifestation pro-Lavalas n&#039;a &amp;eacute;t&amp;eacute; publi&amp;eacute;e dans les m&amp;eacute;dias corporatifs. &amp;raquo;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Aujourd&#039;hui, selon lui, les m&amp;eacute;dias canadiens n&amp;eacute;gligent de l&#039;information cl&amp;eacute; au sujet du r&amp;ocirc;le du Canada dans la r&amp;eacute;pression de Lavalas, qui demeure dit-il &amp;laquo; le parti politique de la majorit&amp;eacute; en Ha&amp;iuml;ti &amp;raquo;, m&amp;ecirc;me si la plupart de ses leaders et activistes cl&amp;eacute; sont en prison, morts, ou vivent en cachette.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;h4&gt;Complicit&amp;eacute; des soldats de maintien de la paix avec la campagne de r&amp;eacute;pression&lt;/h4&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Selon Pina, contrairement &amp;agrave; leur r&amp;eacute;putation de force de maintien de la paix, &amp;laquo; les forces militaires des Nations Unies - jordaniennes, chinoises, br&amp;eacute;siliennes et chiliennes - ont &amp;eacute;t&amp;eacute; une partie int&amp;eacute;grale de cette machine qui est en train d&#039;exterminer physiquement le parti politique de la majorit&amp;eacute; &amp;raquo;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Pina explique qu&#039;alors que les Nations Unies ne commettent pas d&#039;abus des Droits de l&#039;homme directement, ils jouent un r&amp;ocirc;le d&#039;appui &amp;agrave; la Police Nationale d&#039;Ha&amp;iuml;ti (PNH), qui, eux, en commettent selon Pina et ses sources.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&amp;laquo; Les forces jordaniennes ont r&amp;eacute;cemment arr&amp;ecirc;t&amp;eacute; un homme du nom de Jimmy Charles, et l&#039;ont livr&amp;eacute; &amp;agrave; la PNH. Le lendemain, son corps a &amp;eacute;t&amp;eacute; trouv&amp;eacute; dans une morge. Les forces de l&#039;ONU font des arrestations arbitraires sans mandat d&#039;arr&amp;ecirc;t, sans cause; ils fournissent une couverture pour les rafles dans les quartiers pauvres. &amp;raquo;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Pina soutiens que le Canada--et en particulier la Gendarmerie royale du Canada--joue un r&amp;ocirc;le cl&amp;eacute; dans le blanchiment des crimes commis par la PNH. Certains membres de la PNH, qui int&amp;egrave;gre des membres des forces militaires ha&amp;iuml;tiennes craign&amp;eacute;es qui avaient &amp;eacute;t&amp;eacute; dismantel&amp;eacute;es par Aristide, sont actuellement entra&amp;icirc;n&amp;eacute;s par la Gendarmerie royale du Canada. La GRC est &amp;eacute;galement charg&amp;eacute;e de l&#039;examen des anciens membres des forces militaires pr&amp;eacute;alable &amp;agrave; leur int&amp;eacute;gration dans la GRC.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&amp;laquo; La GRC se vante d&#039;entra&amp;icirc;ner la PNH comme institution, et ils n&#039;acceptent aucune responsabilit&amp;eacute;, particuli&amp;egrave;rement lorsque la PNH va dans les quartiers pauvres et commet des massacres contre les partisans d&#039;Aristide. &amp;raquo;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Pina fait remarquer que le Canada n&#039;a pas d&amp;eacute;voil&amp;eacute; les composantes de son programme d&#039;entra&amp;icirc;nement de la police. &amp;laquo; Ils pr&amp;eacute;tendent qu&#039;il y a une composante sur les Droits de l&#039;homme, mais &amp;agrave; part &amp;ccedil;a ils sont tr&amp;egrave;s vagues. &amp;raquo;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&amp;laquo; A pr&amp;eacute;sent ils parlent d&#039;incorporer les anciennes forces militaires dans la police--la GRC est tr&amp;egrave;s impliqu&amp;eacute;e l&amp;agrave;-dedans, mais ils ne disent pas ce qui est pr&amp;eacute;vu pour &amp;eacute;viter que des gens qui sont coupables de violations massives des Droits de l&#039;homme ne se retrouvent dans la police Ha&amp;iuml;tienne-- particuli&amp;egrave;rement au vu du fait que ces massacres se produisent dans ces quartiers pauvres. &amp;raquo;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;A la question s&#039;il existe des tensions entre les forces de l&#039;ONU et la PNH au sujet des abus commis par cette derni&amp;egrave;re qui ont &amp;eacute;t&amp;eacute; relev&amp;eacute;s par de nombreuses organisations de d&amp;eacute;fense des Droits de l&#039;homme, Pina r&amp;eacute;pond que la critique venant de leur part ne constitue que des d&amp;eacute;clarations de principe non suivies d&#039;actions r&amp;eacute;elles. &amp;laquo; Au final elles seront toujours du c&amp;ocirc;t&amp;eacute; de la police Ha&amp;iuml;tienne, peu importe les atrocit&amp;eacute;s qu&#039;elle commet. &amp;raquo;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;h4&gt;Le r&amp;ocirc;le de l&#039;ONU&lt;/h4&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Pina est d&#039;avis que &amp;laquo; l&#039;ONU a perdu son id&amp;eacute;pendance vis-&amp;agrave;-vis de la politique &amp;eacute;trang&amp;egrave;re des Etats Unis il y a longtemps &amp;raquo;. &amp;laquo; Dans le cas d&#039;Ha&amp;iuml;ti, l&#039;ONU est un pourvoyeur et un metteur en oeuvre de la politique &amp;eacute;trang&amp;egrave;re des Etats Unis dans les Cara&amp;iuml;bes. &amp;raquo;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&amp;laquo; Si l&#039;on regarde qui m&amp;egrave;ne la coalition en Ha&amp;iuml;ti aujourd&#039;hui, c&#039;est essentiellement...le Br&amp;eacute;sil, l&#039;Argentine et le Chili. Chacune de ces nations re&amp;ccedil;oit des largesse des Etats Unis en particulier sous la forme d&#039;aide financi&amp;egrave;re et militaire. &amp;raquo; Pina &amp;eacute;voque le d&amp;eacute;sir du Br&amp;eacute;sil d&#039;obtenir un si&amp;egrave;ge permanent au Conseil de s&amp;eacute;curit&amp;eacute; de l&#039;ONU. &amp;laquo; Beaucoup dans son parti [du pr&amp;eacute;sident br&amp;eacute;silien Lula] croient qu&#039;il a adopt&amp;eacute; cette position afin de b&amp;eacute;n&amp;eacute;ficier des faveurs de Washington, &amp;raquo; de mani&amp;egrave;re &amp;agrave; ce que Bush ne s&#039;oppose pas &amp;agrave; l&#039;&amp;eacute;lection du Br&amp;eacute;sil comme membre premanent du Conseil de s&amp;eacute;curit&amp;eacute;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&amp;laquo; L&#039;agence internationale de l&#039;&amp;eacute;nergie atomique a abandonn&amp;eacute; son investigation sur la possibilit&amp;eacute; que le Br&amp;eacute;sil soit en train de produire des mati&amp;egrave;res n&amp;eacute;cessaires &amp;agrave; l&#039;&amp;eacute;laboration de bombes nucl&amp;eacute;aires-- nombre de personnes se demandent pourquoi, &amp;eacute;tant donn&amp;eacute; l&#039;obsession des Etats Unis avec les capacit&amp;eacute;s nucl&amp;eacute;aires d&#039;Etats tels que l&#039;Iran et la Cor&amp;eacute;e du Sud. &amp;raquo;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;h4&gt;Les &amp;eacute;lections &amp;agrave; venir&lt;/h4&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Pina note que le Canada est &amp;laquo; profond&amp;eacute;ment impliqu&amp;eacute; &amp;raquo; dans la planification d&#039;&amp;eacute;lections en Ha&amp;iuml;ti, et met en oeuvre ce qu&#039;il appelle &amp;laquo; des r&amp;egrave;gles draconiennes &amp;raquo; pour rendre le vote obligatoire, otant aux personnes qui ne votent pas le droit d&#039;acc&amp;egrave;s &amp;agrave; la s&amp;eacute;curit&amp;eacute; sociale et aux services publics. &amp;laquo; C&#039;est similaire &amp;agrave; ce qui s&#039;est pass&amp;eacute; en El Salvador en 1982--les gens avaient si peur--s&#039;ils n&#039;avaient pas le tampon &amp;eacute;lectoral sur leur carte d&#039;identit&amp;eacute;, d&#039;&amp;ecirc;tre pris &amp;agrave; c&amp;ocirc;t&amp;eacute; par la police et tu&amp;eacute;s, ce qui est arriv&amp;eacute; en El Salvador. &amp;raquo;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&amp;laquo; Paul Martin, George Bush, Condoleeza Rice--ils croient pouvoir maintenir l&#039;illusion qu&#039;il y a un processus de normalisation en Ha&amp;iuml;ti, mais Ha&amp;iuml;ti n&#039;est pas l&#039;Irak. Ils suggereraient peut-&amp;ecirc;tre de permettre aux Ha&amp;iuml;tiens &amp;agrave; l&#039;&amp;eacute;tranger de voter aux prochaines &amp;eacute;lections afin qu&#039;ils puissent montrer des photos d&#039;eux, le pousse t&amp;acirc;ch&amp;eacute; d&#039;encre, et pour pouvoir dire &amp;laquo; quel succ&amp;egrave;s que ces &amp;eacute;lections &amp;raquo;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&amp;laquo; Que feront-ils lorsque plus de 50 000 Ha&amp;iuml;tiens sortent dans la rue pour protester contre les &amp;eacute;lections et que la police entra&amp;icirc;n&amp;eacute;e par la GRC doit ouvrir le feu sur eux. &amp;raquo;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;O&amp;ugrave; qu&#039;il aille, dit Pina, les gens &amp;laquo; ne veulent pas l&amp;eacute;gitimer ce processus... ils ne veulent pas l&amp;eacute;gitimer la destitution de leur pr&amp;eacute;sident &amp;raquo;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La communaut&amp;eacute; internationale leur a fait la le&amp;ccedil;on du &amp;laquo; une personne, un vote &amp;raquo;. Ils ont l&#039;impression d&#039;avoir respect&amp;eacute; les r&amp;egrave;gles du jeux seulement pour en &amp;ecirc;tre de nouveau priv&amp;eacute;s. &amp;raquo;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Selon Pina il n&#039;est pas possible d&#039;avoir des &amp;eacute;lections l&amp;eacute;gitimes alors que les repr&amp;eacute;sentants du parti de la  majorit&amp;eacute; sont contraints de se cacher dans les bois, craignant pour leurs vies. &amp;laquo; Lavalas a clairement exprim&amp;eacute; qu&#039;ils consid&amp;egrave;rent que les conditions ne sont pas r&amp;eacute;unies pour eux de participer, et je les comprends. &amp;raquo;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&amp;laquo; J&#039;ai souvent le sentiment qu&#039;il est temps de tourner la page, il y a beaucoup de pression pour faire en sorte de tourner la page sur Aristide afin qu&#039;Ha&amp;iuml;ti avance. Mais en r&amp;eacute;alit&amp;eacute;, comment peut-on dire que les conditions existent pour tenir des &amp;eacute;lections alors qu&#039;il y a des prisonniers politiques. &amp;raquo;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&amp;laquo; Comment pourrais-je reprocher &amp;agrave; Lavalas de ne pas vouloir participer alors que des massacres sont commis contre ses partisans dans les quartiers pauvres. Comment pourrais-je les condamner ayant vu de mes propres yeux le climat de terreur en Ha&amp;iuml;ti aujourd&#039;hui? &amp;raquo;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&amp;laquo; A tort ou &amp;agrave; raison, &amp;raquo; la majorit&amp;eacute; d&#039;Ha&amp;iuml;tiens revendiquent le retour de leur pr&amp;eacute;sident &amp;eacute;lu, dit Pina.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&amp;laquo; Le r&amp;ocirc;le du Canada et des autres Etats en Ha&amp;iuml;ti est de tenter de faire taire ces voix, de pr&amp;eacute;parer les &amp;eacute;lections &amp;agrave; venir de fa&amp;ccedil;on &amp;agrave; ce qu&#039;ils puissent pr&amp;eacute;senter au monde la fa&amp;ccedil;ade de l&#039;image que la page a &amp;eacute;t&amp;eacute; tourn&amp;eacute;e. &amp;raquo;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Pina soutient que les &amp;eacute;lections &amp;agrave; venir fourniront l&#039;illusion du choix, mais au fond cr&amp;eacute;eront un climat de division. &amp;laquo; 140 partis politiques participeront aux prochaines &amp;eacute;lections--140 partis!&amp;ndash;plus de 100 candidats au poste de pr&amp;eacute;sident...A mes yeux, c&#039;est le pluralisme devenu fou furieux. &amp;raquo;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&amp;laquo; A priori il semble que les Ha&amp;iuml;tiens ont plus de choix, mais en r&amp;eacute;alit&amp;eacute; ils en ont moins. Qui &amp;eacute;lire au poste de pr&amp;eacute;sident lorsqu&#039;il y a 100 candidats et chacun d&#039;eux repr&amp;eacute;sente un parti minuscule, et dont le d&amp;eacute;sir de chaque pour acc&amp;eacute;der au pouvoir est anim&amp;eacute; par la volont&amp;eacute; de servir ses propres int&amp;eacute;r&amp;ecirc;ts mat&amp;eacute;riels et politiques. Ceci n&#039;est pas la d&amp;eacute;mocratie, c&#039;est juste une fa&amp;ccedil;ade pour voiler le coup d&#039;&amp;eacute;tat du 29 f&amp;eacute;vrier. &amp;raquo;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Pina n&#039;est cependant pas optimiste quant &amp;agrave; l&#039;&amp;eacute;ventualit&amp;eacute; que le gouvernement canadien change de position. &amp;laquo; On en arrive &amp;agrave; un point o&amp;ugrave; il n&#039;est plus possible de nier, alors ils doivent tromper pour faire croire. Il ne reste plus qu&#039;&amp;agrave; trouver quelques opportunistes [de Lavalas] qui prendront part aux &amp;eacute;lections.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;h4&gt;Une meilleure information&lt;/h4&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Pina est &amp;eacute;galement pessimiste quant &amp;agrave; la perspective d&#039;une couverture m&amp;eacute;diatique  plus correcte de Ha&amp;iuml;ti. Au sujet de la couverture par les m&amp;eacute;dias canadiens, le cin&amp;eacute;aste v&amp;eacute;t&amp;eacute;ran devient furieux, qualifiant la couverture de Ha&amp;iuml;ti faite par la correspondante du &amp;laquo; Globe and Mail &amp;raquo; Marina Jimenez de tentative manifeste de tromper le public sur des faits document&amp;eacute;s. Dans un article r&amp;eacute;cent Jimenez a d&amp;eacute;fini le mot cr&amp;eacute;ole marronage comme signifiant &amp;laquo; cacher la r&amp;eacute;alit&amp;eacute; &amp;raquo;, en exprimant ses doutes sur la cr&amp;eacute;dibilit&amp;eacute; de la pretention qu&#039;il existe des prisonniers politiques. Dans l&#039;interview et dans ses interventions publiques Pina contredit Jimenez, expliquant que le terme marronage fait r&amp;eacute;f&amp;eacute;rence aux esclaves ayant fui &amp;laquo; se cachant des ma&amp;icirc;tres fran&amp;ccedil;ais, cr&amp;eacute;ant leurs propres communaut&amp;eacute;s, &amp;raquo; phrase qui a beaucoup de r&amp;eacute;sonnance chez les activistes ha&amp;iuml;tiens qui se cachent des groupes paramilitaires et de la police. Il se met on col&amp;egrave;re cependant contre l&#039;utilisation que fait Jimenez du terme dans le but de &amp;laquo; tromper la population sur des faits, &amp;raquo; qui sont &amp;agrave; pr&amp;eacute;sent bien &amp;eacute;tablis.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;(Pour une analyse du reportage de Jimenez, voir l&#039;article d&#039;Yves Engler &amp;laquo; Ha&amp;iuml;ti et le Globe &amp;raquo; dans le num&amp;eacute;ro du Dominion de f&amp;eacute;vrier 2005.)&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Pina est d&#039;avis que le seul moyen d&#039;obtenir des informations correctes est pour les citoyens de prendre la resposabilit&amp;eacute; de s&#039;informer. &amp;laquo; Nous, qui avons un int&amp;eacute;r&amp;ecirc;t &amp;agrave; nous assurer que le gouvernement repr&amp;eacute;sente les valeurs de nos communaut&amp;eacute;s&amp;ndash;nous devons cr&amp;eacute;er nos propres m&amp;eacute;dias. Nous devons avoir la volont&amp;eacute; de faire nos propres recherches afin de d&amp;eacute;couvrir la v&amp;eacute;rit&amp;eacute;. &amp;raquo;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Les rentr&amp;eacute;es provenant des projections de Pina au Canada vont au profit du Projet d&#039;information sur Ha&amp;iuml;ti, un regroupement de journalistes fournissant une couverture ind&amp;eacute;pendante des &amp;eacute;v&amp;eacute;nements en Ha&amp;iuml;ti au profit de repr&amp;eacute;sentants ind&amp;eacute;pendants des m&amp;eacute;dias dans le monde. La recette provenant de la projection faite &amp;agrave; Montr&amp;eacute;al s&#039;&amp;eacute;l&amp;egrave;ve &amp;agrave; 800 dollars.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;translation&quot;&gt;&lt;a name=&quot;translate&quot; href=&quot;#byline&quot;&gt;*&lt;/a&gt;Traduit de l&#039;anglais par Aroa El Horani&lt;/p&gt;        &lt;/div&gt;
        &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/fieldset&gt;
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                    &lt;img alt=&quot;pina-paup_fp.jpg&quot; src=&quot;http://dominionpaper.ca/img/accounts/pina-paup_fp.jpg&quot; width=&quot;230&quot; height=&quot;133&quot; /&gt; &amp;laquo; S&#039;ils int&amp;eacute;ressaient &amp;agrave; ce c&amp;ocirc;t&amp;eacute;-l&amp;agrave; de l&#039;histoire, ils feraient des reportages l&amp;agrave;-dessus. Et ils ne le font pas. &amp;raquo; -- cin&amp;eacute;aste &lt;strong&gt;Kevin Pina&lt;/strong&gt;        &lt;/div&gt;
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 <category domain="http://www.dominionpaper.ca/author/dru_oja_jay">Dru Oja Jay</category>
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 <category domain="http://www.dominionpaper.ca/place/haiti">Haiti</category>
 <pubDate>Thu, 14 Apr 2005 19:58:34 +0000</pubDate>
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 <title>L&#039;invasion du mégot</title>
 <link>http://www.dominionpaper.ca/francais/2005/04/06/linvasion_.html</link>
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                    &lt;div class=&quot;imagebox&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;megot5.jpg&quot; src=&quot;http://dominionpaper.ca/img/francais/megot5.jpg&quot; width=&quot;250&quot; height=&quot;250&quot; /&gt;&lt;br /&gt;photo: Dru Oja Jay&lt;/div&gt; La cigarette est non seulement n&amp;eacute;faste pour la sant&amp;eacute; des fumeurs et de leur entourage, mais son r&amp;eacute;sidu, appel&amp;eacute; famili&amp;egrave;rement m&amp;eacute;got, cause &amp;eacute;galement de s&amp;eacute;rieux dommages dans le milieu aquatique, forestier et humain. Profond&amp;eacute;ment absent des th&amp;eacute;matiques environnementales, le m&amp;eacute;got est cependant un &amp;eacute;l&amp;eacute;ment constant de la d&amp;eacute;t&amp;eacute;rioration des &amp;eacute;cosyst&amp;egrave;mes et de la mise en p&amp;eacute;ril de la sant&amp;eacute; et de la s&amp;eacute;curit&amp;eacute; publique. A l&#039;heure du renforcement de la Loi sur le tabac au Qu&amp;eacute;bec, il est n&amp;eacute;cessaire que les autorit&amp;eacute;s s&#039;engagent d&amp;egrave;s maintenant dans une politique globale et efficace en reconsid&amp;eacute;rant les effets &amp;laquo; collat&amp;eacute;raux &amp;raquo; de la cigarette.

&lt;p&gt;La cigarette comme on la conna&amp;icirc;t aujourd&#039;hui a &amp;eacute;t&amp;eacute; invent&amp;eacute;e en 1560 par l&#039;ambassadeur de France &amp;agrave; Lisbonne Jean Nicot, mais ce n&#039;est que vers 1867 que la premi&amp;egrave;re machine &amp;agrave; cigarettes est apparue. Les premiers filtres ont &amp;eacute;t&amp;eacute; d&amp;eacute;velopp&amp;eacute;s avant la seconde guerre mondiale, vers 1930, et leur essor commercial a suivi les premiers travaux sur les dangers du tabac pour la sant&amp;eacute; dans les ann&amp;eacute;es 50. Apr&amp;egrave;s un pic historique de 9 millions de tonnes en 1997, la consommation mondiale de tabac avoisinait, en 2002, les 6 millions de tonnes. En 2001, les ventes de cigarettes (la majorit&amp;eacute; avec filtre) sur le march&amp;eacute; int&amp;eacute;rieur canadien d&amp;eacute;passaient la barre des 40 milliards d&#039;unit&amp;eacute;s. &lt;/p&gt;

&lt;div class=&quot;imagebox&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;megot3.jpg&quot; src=&quot;http://dominionpaper.ca/img/francais/megot3.jpg&quot; width=&quot;250&quot; height=&quot;250&quot; /&gt;&lt;/div&gt;  On retrouve d&amp;eacute;sormais le m&amp;eacute;got sous chacun de nos pas. Il a colonis&amp;eacute; le pavage des trottoirs, le seuil de nos portes, les sentiers des for&amp;ecirc;ts et le sable des plages. Partout o&amp;ugrave; l&#039;homme passe, le m&amp;eacute;got laisse son empreinte.

&lt;p&gt;&lt;h4&gt;Un nettoyage symptomatique&lt;/h4&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Cette invasion du m&amp;eacute;got n&#039;est pas unique en son genre car elle s&#039;int&amp;egrave;gre dans un large constat de pollution des &amp;eacute;cosyst&amp;egrave;mes parmi lesquels le milieu aquatique re&amp;ccedil;oit en permanence les effluents terrestres provenant des activit&amp;eacute;s humaines.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Pour sensibiliser les citoyens &amp;agrave; ce probl&amp;egrave;me, l&#039;Aquarium de Vancouver organise chaque ann&amp;eacute;e le &amp;laquo; Grand nettoyage des rives canadiennes &amp;raquo;, une initiative nationale incluant les 10 provinces et 3 territoires, et qui est raccord&amp;eacute;e &amp;agrave; un mouvement mondial de &amp;laquo; nettoyage de printemps &amp;raquo;.  Le ramassage de 2003 avait permis aux 20 000 b&amp;eacute;n&amp;eacute;voles de collecter environ 50 tonnes de d&amp;eacute;chets sur les 1 000 km de rivages parcourus. Un comptage minutieux des participants a r&amp;eacute;v&amp;eacute;l&amp;eacute; des chiffres &amp;eacute;tonnants : sur total de 213 000 objets recueillis, presque 160 000 &amp;eacute;taient des cigarettes ou des filtres de cigarettes.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;En vue de l&#039;ouverture du &amp;laquo; grand nettoyage &amp;raquo; de septembre 2004, des centaines d&#039;&amp;eacute;tudiants se sont r&amp;eacute;unis, en juin dernier, sur les plages de Vancouver et de Toronto. Les &amp;eacute;l&amp;egrave;ves ontariens ont ramass&amp;eacute; environ 10 000 m&amp;eacute;gots de cigarettes en moins d&#039;une heure, tandis que leurs coll&amp;egrave;gues de la Colombie Britannique ont collect&amp;eacute;, en aussi peu de temps, 38 kilos de d&amp;eacute;chets dont 2 100 m&amp;eacute;gots. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div class=&quot;imagebox&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;megot2.jpg&quot; src=&quot;http://dominionpaper.ca/img/francais/megot2.jpg&quot; width=&quot;250&quot; height=&quot;250&quot; /&gt;&lt;/div&gt;  Cette quantit&amp;eacute; impressionnante de m&amp;eacute;gots sur les rives canadiennes s&#039;explique par la d&amp;eacute;sinvolture des promeneurs, des rares baigneurs et des plaisanciers, mais surtout par le d&amp;eacute;versement, contr&amp;ocirc;l&amp;eacute; ou non, des &amp;eacute;gouts d&#039;eaux us&amp;eacute;es ou pluviales. Sa dur&amp;eacute;e de vie variant de 5 &amp;agrave; 10 ans, le m&amp;eacute;got a le temps de coloniser le milieu aquatique tr&amp;egrave;s loin en aval. Ainsi, on estime qu&#039;au moins 80 % des d&amp;eacute;chets marins proviennent de la terre via les r&amp;eacute;seaux de ruisseaux, rivi&amp;egrave;res, terres humides et lacs.  &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;h4&gt;Sympt&amp;ocirc;mes du m&amp;eacute;got&lt;/h4&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Face &amp;agrave; la duret&amp;eacute; des pollutions issues des rejets industriels et p&amp;eacute;troliers, des d&amp;eacute;chets domestiques, du ruissellement agricole et des mar&amp;eacute;es noires, l&#039;impact du m&amp;eacute;got sur le milieu aquatique semble d&amp;eacute;risoire. Cependant, l&#039;&amp;eacute;quilibre des &amp;eacute;cosyst&amp;egrave;mes est sensible &amp;agrave; toute intervention de l&#039;homme, et sa d&amp;eacute;t&amp;eacute;rioration s&#039;&amp;eacute;value &amp;agrave; long terme en prenant compte des moindres d&amp;eacute;tails, aussi insignifiants qu&#039;ils puissent para&amp;icirc;tre.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;De ce point de vue, Clean Ocean Action, une coalition qui travaille &amp;agrave; la protection des eaux de New York, consid&amp;egrave;re le m&amp;eacute;got comme un danger potentiel pouvant causer la mort d&#039;animaux par &amp;eacute;tranglement. Selon l&#039;organisation &amp;eacute;cologiste am&amp;eacute;ricaine Main county stormwater pollution prevention program, les oiseaux, les baleines et d&#039;autres cr&amp;eacute;atures marines peuvent succomber en avalant ce petit d&amp;eacute;tritus (en le confondant avec de la nourriture) dont les petites parties en plastique troublent le syst&amp;egrave;me digestif. Il convient &amp;eacute;galement de consid&amp;eacute;rer le m&amp;eacute;got comme un objet toxique car, selon les estimations de Ocean conservacy, le taux de nicotine captur&amp;eacute; dans 200 filtres est suffisant pour tuer un &amp;ecirc;tre humain. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Outre cette nicotine, le filtre est constitu&amp;eacute; d&#039;un m&amp;eacute;lange complexe appel&amp;eacute; goudrons dans lequel se dissimule plus de 4000 mol&amp;eacute;cules dont une cinquantaine est canc&amp;eacute;rog&amp;egrave;ne . Les risques d&#039;empoisonnement, de troubles digestifs et de probl&amp;egrave;mes intestinaux sont importants chez les personnes atteintes d&#039;un ph&amp;eacute;nom&amp;egrave;ne appel&amp;eacute; Pica. Il est d&amp;eacute;fini en tant que &amp;laquo; mourir d&#039;envie compulsive de manger, de m&amp;acirc;cher ou de l&amp;eacute;cher des substances &amp;raquo; qui ne sont pas d&#039;origine alimentaire. Comportement maladif chez l&#039;adulte, il est assez fr&amp;eacute;quent chez les femmes enceintes et les enfants de moins de trois ans, mais peut persister chez ceux qui souffrent de carences nutritionnelles, d&#039;un retard mental, d&#039;autisme ou d&#039;autres probl&amp;egrave;mes de d&amp;eacute;veloppement.  &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Ainsi, l&#039;enfant qui joue dans les airs de jeux ext&amp;eacute;rieurs (carr&amp;eacute;s de sable, plages, parcs) risque fort d&#039;avaler des restes de cigarettes, particuli&amp;egrave;rement entre 18 mois et 2 ans o&amp;ugrave; l&#039;acte est consid&amp;eacute;r&amp;eacute; comme &amp;laquo; normal &amp;raquo;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;S&#039;il est reconnu que la cigarette est n&amp;eacute;faste pour la sant&amp;eacute; humaine et la s&amp;eacute;curit&amp;eacute; des enfants, elle est &amp;eacute;galement responsable, chaque ann&amp;eacute;e, de nombreux incendies mortels et de feux de for&amp;ecirc;t.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div class=&quot;imagebox&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;megot4.jpg&quot; src=&quot;http://dominionpaper.ca/img/francais/megot4.jpg&quot; width=&quot;250&quot; height=&quot;250&quot; /&gt;&lt;/div&gt;  D&#039;apr&amp;egrave;s le Conseil canadien de la s&amp;eacute;curit&amp;eacute;, &amp;laquo; les incendies imputables &amp;agrave; la cigarette sont &amp;agrave; l&#039;origine d&#039;un d&amp;eacute;c&amp;egrave;s sur cinq alors que le tabagisme n&amp;eacute;gligeant demeure la principale cause des d&amp;eacute;c&amp;egrave;s attribuables aux incendies r&amp;eacute;sidentiels au Canada &amp;raquo;. En 2000, les articles pour fumeurs (principalement les m&amp;eacute;gots mal &amp;eacute;teints) ont provoqu&amp;eacute; 3 929 incendies et des pertes mat&amp;eacute;rielles se chiffrant &amp;agrave; 56,7 millions de dollars CAD. Sant&amp;eacute; Canada rapporte, pour sa part, que &amp;laquo; la cigarette engendre annuellement pr&amp;egrave;s de 3 000 feux qui occasionnent plus de 70 d&amp;eacute;c&amp;egrave;s, 300 bless&amp;eacute;s ainsi que des pertes mat&amp;eacute;rielles sup&amp;eacute;rieures &amp;agrave; 40 millions $ &amp;raquo;. Entre 1992 et 2002, les articles pour fumeurs ont &amp;eacute;t&amp;eacute; la cause de 4 % des incendies signal&amp;eacute;s &amp;agrave; la S&amp;eacute;curit&amp;eacute; publique du Qu&amp;eacute;bec. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;L&#039;analyse de l&#039;origine des 820 feux de for&amp;ecirc;t annuels au Qu&amp;eacute;bec, dont 70 % sont le r&amp;eacute;sultat de l&#039;activit&amp;eacute; humaine, t&amp;eacute;moigne de l&#039;inconscience qui existe autour des actes n&amp;eacute;glig&amp;eacute;s des fumeurs en milieu naturel. Les statistiques &amp;eacute;labor&amp;eacute;es par la Soci&amp;eacute;t&amp;eacute; de protection des for&amp;ecirc;ts contre le feu en montrent l&#039;ampleur : parmi les 27 % des feux issus des activit&amp;eacute;s li&amp;eacute;es &amp;agrave; la r&amp;eacute;cr&amp;eacute;ation, &amp;laquo; les articles de fumeurs sont nettement en t&amp;ecirc;te de liste. Les allumettes et les m&amp;eacute;gots de cigarette se retrouvent trop souvent au sol sans qu&#039;on ait pris la pr&amp;eacute;caution de les &amp;eacute;teindre &amp;raquo;. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;h4&gt;Petit &amp;eacute;cho pour un vaste probl&amp;egrave;me&lt;/h4&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;En consid&amp;eacute;rant l&#039;&amp;eacute;tendue de l&#039;impact du m&amp;eacute;got sur ces diff&amp;eacute;rents environnements (milieu aquatique, forestier et humain), ce petit objet n&#039;a plus rien d&#039;inoffensif et m&amp;eacute;rite d&#039;&amp;ecirc;tre jug&amp;eacute; selon son potentiel de destruction. Pourtant, personne ou presque ne semble s&#039;y int&amp;eacute;resser et encore moins &amp;agrave; r&amp;eacute;fl&amp;eacute;chir &amp;agrave; des solutions concr&amp;egrave;tes pour endiguer ce fl&amp;eacute;au.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div class=&quot;imagebox&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;megot1.jpg&quot; src=&quot;http://dominionpaper.ca/img/francais/megot1.jpg&quot; width=&quot;250&quot; height=&quot;250&quot; /&gt;&lt;/div&gt;  Le triste &amp;eacute;tat des rives canadiennes, r&amp;eacute;v&amp;eacute;l&amp;eacute; par le &amp;laquo; grand nettoyage &amp;raquo;, n&#039;a pas vraiment passionn&amp;eacute; la presse qu&amp;eacute;b&amp;eacute;coise &amp;agrave; gros tirage puisque aucun article ne fait directement r&amp;eacute;f&amp;eacute;rence aux programmes de 2003 et 2004 lanc&amp;eacute;s par l&#039;Aquarium de Vancouver. Les journaux n&#039;ont mentionn&amp;eacute; que d&#039;h&amp;eacute;t&amp;eacute;roclites initiatives locales (sans rapport apparent avec le mouvement national), &amp;eacute;voquant surtout des rassemblements de plusieurs dizaines de b&amp;eacute;n&amp;eacute;voles plus ou moins bien soutenus et aid&amp;eacute;s par leur municipalit&amp;eacute;. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Les m&amp;eacute;dias sont d&#039;ailleurs plus captiv&amp;eacute;s par les nuisances esth&amp;eacute;tiques qu&#039;aux probl&amp;egrave;mes intrins&amp;egrave;ques pos&amp;eacute;s du m&amp;eacute;got. Le lecteur doit se satisfaire de quelques coups de gueule de citoyens las de voir leur quartier envahi de d&amp;eacute;tritus et de m&amp;eacute;gots, et des rares articles critiques de journalistes tentant de r&amp;eacute;veiller l&#039;opinion publique quant &amp;agrave; l&#039;inexorable insalubrit&amp;eacute; citadine.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Dans La Presse du mois d&#039;avril 2004, deux articles questionnent sinc&amp;egrave;rement la politique d&#039;am&amp;eacute;nagement de la ville de Montr&amp;eacute;al, men&amp;eacute;e par le maire G&amp;eacute;rald Tremblay.   &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Pour rem&amp;eacute;dier &amp;agrave; cette insalubrit&amp;eacute;, la ville a lanc&amp;eacute;, au d&amp;eacute;but du printemps, &amp;laquo; une vaste campagne de publicit&amp;eacute; de 100 000 $ pour inciter les Montr&amp;eacute;alais &amp;agrave; remplir quelques sacs verts et &amp;agrave; &amp;eacute;viter de jeter papiers et m&amp;eacute;gots sur la voie publique &amp;raquo;. Initiative timide qui s&#039;ajoute &amp;agrave; l&#039;op&amp;eacute;ration &amp;laquo; grand m&amp;eacute;nage du printemps &amp;raquo; o&amp;ugrave; environ 700 &amp;laquo; cols bleus &amp;raquo; ont particip&amp;eacute; &amp;agrave; l&#039;exercice dans les 27 arrondissements.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;L&#039;armada de nettoyeur d&amp;eacute;ploy&amp;eacute;e sur quelques jours s&#039;apparente &amp;agrave; un leurre, une initiative sporadique qui r&amp;eacute;v&amp;egrave;le l&#039;absence d&#039;une politique antipollution exhaustive. Il s&#039;agit de r&amp;eacute;pondre &amp;agrave; la demande pressante des citadins et d&#039;effacer une salet&amp;eacute; trop voyante. Concernant les responsabilit&amp;eacute;s de chacun, M. Tremblay semble du reste avoir une vision r&amp;eacute;ductrice du probl&amp;egrave;me : &amp;laquo; C&#039;est vrai que vous payez des taxes, c&#039;est vrai que nous avons la responsabilit&amp;eacute; de tenir la ville propre, mais vous avez &amp;eacute;galement une responsabilit&amp;eacute; de faire un effort de mettre vos d&amp;eacute;chets dans la poubelle &amp;raquo;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Les pauvres r&amp;eacute;sultats de cette campagne 2004 ont r&amp;eacute;v&amp;eacute;l&amp;eacute; un manque flagrant d&#039;autorit&amp;eacute; politique en mati&amp;egrave;re de propret&amp;eacute;. D&#039;apr&amp;egrave;s le porte-parole du cabinet du maire de Montr&amp;eacute;al, Darren Decker, &amp;laquo; politiquement, il n&#039;y a aucun &amp;eacute;lu qui s&#039;occupe de cette question. Toutes les d&amp;eacute;cisions qui ont trait au nettoyage des rues et &amp;agrave; la propret&amp;eacute; rel&amp;egrave;vent directement des arrondissements &amp;raquo;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&amp;Agrave; Toronto, &amp;laquo; une ligne 1-800 servant &amp;agrave; d&amp;eacute;noncer les pollueurs et o&amp;ugrave; les personnes prises &amp;agrave; jeter leurs d&amp;eacute;chets dans la rue sont susceptibles de se voir imposer une amende de 325$ &amp;raquo; a &amp;eacute;t&amp;eacute; mis en place.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Un R&amp;egrave;glement sur la propret&amp;eacute; et la protection du domaine public et du mobilier urbain  existe bien &amp;agrave; Montr&amp;eacute;al, et il pr&amp;eacute;voit des amendes de 85 &amp;agrave; 225 $ pour les contrevenants. Mais aux yeux du maire, les mesures coercitives sont inad&amp;eacute;quates pour &amp;laquo; sensibiliser les Montr&amp;eacute;alais &amp;agrave; leur responsabilit&amp;eacute; en mati&amp;egrave;re de propret&amp;eacute; &amp;raquo;. Contrairement &amp;agrave; Toronto, M. Tremblay pr&amp;eacute;f&amp;egrave;re r&amp;eacute;soudre le probl&amp;egrave;me par une &amp;laquo; approche conviviale plut&amp;ocirc;t qu&#039;avec des menaces &amp;raquo;. Deux types de politiques jouant sur des extr&amp;ecirc;mes id&amp;eacute;ologiques et qui m&amp;eacute;riteraient plus de complexit&amp;eacute; dans leurs r&amp;eacute;flexions.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;h4&gt;Des infrastructures inadapt&amp;eacute;es&lt;/h4&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Face &amp;agrave; l&#039;agression esth&amp;eacute;tique des d&amp;eacute;chets, la r&amp;eacute;action est vive et consid&amp;eacute;r&amp;eacute;e, mais elle est reste ignorante des &amp;eacute;vidences du long terme. Si, par n&amp;eacute;cessit&amp;eacute; et dans un consensus st&amp;eacute;rile, on s&#039;accorde &amp;agrave; consid&amp;eacute;rer le m&amp;eacute;got comme une plaie visuelle dommageable &amp;agrave; la qualit&amp;eacute; de vie, en revanche, on tait avec laxisme la r&amp;eacute;alit&amp;eacute; sur la capacit&amp;eacute; d&amp;eacute;vastatrice de ce petit d&amp;eacute;tritus. Pourquoi ne pas &amp;eacute;voquer les cons&amp;eacute;quences perverses, notamment sur le milieu aquatique, des syst&amp;egrave;mes d&#039;&amp;eacute;vacuation des eaux urbaines par lesquels voyage entre autres le m&amp;eacute;got ?&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Au Canada, le drainage urbain se fait principalement par deux types d&#039;&amp;eacute;coulement des eaux. Dans les localit&amp;eacute;s un peu anciennes, le r&amp;eacute;seau d&#039;&amp;eacute;gouts unitaire transporte conjointement les eaux pluviales et les eaux us&amp;eacute;es vers une station de traitement. Dans les localit&amp;eacute;s plus r&amp;eacute;centes, on utilise des canalisations s&amp;eacute;par&amp;eacute;es pour les eaux pluviales, qui se d&amp;eacute;versent directement dans les cours d&#039;eau, et les eaux us&amp;eacute;es, qui sont achemin&amp;eacute;es jusqu&#039;&amp;agrave; la station de traitement.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;M&amp;ecirc;me si le r&amp;eacute;seau d&#039;&amp;eacute;gouts unitaire &amp;agrave; l&#039;avantage de permettre le traitement total des eaux &amp;eacute;vacu&amp;eacute;es, en cas de fortes pr&amp;eacute;cipitations, les eaux de d&amp;eacute;bordements fortement pollu&amp;eacute;es peuvent contaminer les eaux r&amp;eacute;ceptrices (lacs, rivi&amp;egrave;res, zones humides) pour plusieurs jours.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;De son c&amp;ocirc;t&amp;eacute;, le r&amp;eacute;seau d&#039;&amp;eacute;gouts s&amp;eacute;par&amp;eacute; &amp;eacute;carte tout danger de contamination par le d&amp;eacute;bordement des eaux. Par contre, la &amp;laquo; pollution diffuse urbaine, qui provient du ruissellement de surface, se trouve en tr&amp;egrave;s grande partie canalis&amp;eacute;e et rejet&amp;eacute;e au cours d&#039;eau de fa&amp;ccedil;on ponctuelle &amp;raquo;   par l&#039;interm&amp;eacute;diaire des &amp;eacute;gouts pluviaux. On imagine alors la quantit&amp;eacute; de d&amp;eacute;tritus et de substances toxiques que peuvent charrier ces eaux de pluie : canettes, plastiques, huiles automobiles, m&amp;eacute;taux lourds, peintures, produits nettoyants, insecticides, herbicides, m&amp;eacute;gots, etc. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;A l&#039;instar du programme environnemental du gouvernement qu&amp;eacute;b&amp;eacute;cois de 2002, la probl&amp;eacute;matique pos&amp;eacute;e par l&#039;impasse technique des r&amp;eacute;seaux d&#039;&amp;eacute;gouts n&#039;est malheureusement pas consid&amp;eacute;r&amp;eacute;e comme un enjeu de premier plan. La nouvelle politique &amp;laquo; l&#039;eau, la vie, l&#039;avenir &amp;raquo; est prometteuse puisqu&#039;elle pr&amp;eacute;voit d&#039;&amp;laquo; assurer la protection de cette ressource unique &amp;raquo;, de &amp;laquo; g&amp;eacute;rer l&#039;eau dans une perspective de d&amp;eacute;veloppement durable &amp;raquo; et de &amp;laquo; s&#039;assurer de mieux prot&amp;eacute;ger la sant&amp;eacute; publique et celle des &amp;eacute;cosyst&amp;egrave;mes &amp;raquo;. Cependant, et malgr&amp;eacute; un important projet d&#039;am&amp;eacute;lioration du traitement des eaux us&amp;eacute;es, les contrecoups de la g&amp;eacute;n&amp;eacute;ralisation du syst&amp;egrave;me en r&amp;eacute;seau s&amp;eacute;par&amp;eacute;  n&#039;y sont nullement abord&amp;eacute;s.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Autrement dit, il y a peu de chance que la pollution du milieu aquatique par les rejets urbains soit r&amp;eacute;duite &amp;agrave; court terme par l&#039;am&amp;eacute;nagement d&#039;infrastructures ad&amp;eacute;quates. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;h4&gt;Futilit&amp;eacute; du court terme&lt;/h4&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Si l&#039;invasion du m&amp;eacute;got donne cette impression d&#039;in&amp;eacute;luctabilit&amp;eacute;, il ne faut cependant pas oublier qu&#039;elle a une origine clairement identifiable : l&#039;homme, et en particulier le fumeur. Ce qui laisse au moins l&#039;espoir de s&#039;attaquer &amp;agrave; la cause premi&amp;egrave;re. D&#039;ailleurs, les solutions techniques et administratives ne manquent pas, et elles sont d&#039;autant plus performantes qu&#039;elles sont compl&amp;eacute;mentaires : mat&amp;eacute;riel et am&amp;eacute;nagement appropri&amp;eacute;s, pr&amp;eacute;vention et information, avertissement et contravention.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;L&#039;exemple est donn&amp;eacute; par un citoyen r&amp;eacute;volt&amp;eacute;  de voir Montr&amp;eacute;al en &amp;laquo; cendrier monstre &amp;raquo; : l&#039;installation de r&amp;eacute;ceptacles &amp;agrave; l&#039;entr&amp;eacute;e de chaque &amp;eacute;difice ou r&amp;eacute;sidence limiterait une partie de la pollution.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;L&#039;espace public d&#039;affichage pourrait &amp;ecirc;tre utilis&amp;eacute; comme un moyen d&#039;&amp;eacute;ducation et de sensibilisation, en esp&amp;eacute;rant un changement des comportements &amp;agrave; moyen terme. De nombreuses plages, notamment en Australie, sont d&amp;eacute;sormais interdites aux fumeurs. Investir tout d&#039;abord les forces de s&amp;eacute;curit&amp;eacute; d&#039;un devoir de pr&amp;eacute;vention qu&#039;ils transformeraient au fur et &amp;agrave; mesure en un r&amp;eacute;el pouvoir de coercition puis de contravention serait dissuasif sans &amp;ecirc;tre brutal.  D&#039;autre part, la loi sur les cigarettes peu combustibles, qui permettrait d&#039;imposer des normes en mati&amp;egrave;re de s&amp;eacute;curit&amp;eacute;-incendie, est toujours rest&amp;eacute;e &amp;agrave; l&#039;&amp;eacute;tat de projet au Canada. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La th&amp;eacute;orie du sang latin, des g&amp;ecirc;nes de l&#039;incivilit&amp;eacute;, est une l&amp;eacute;gende opportune au pessimisme et &amp;agrave; l&#039;immobilisme. Comme l&#039;a savamment montr&amp;eacute; Normand Maurice, &amp;laquo; le p&amp;egrave;re de la r&amp;eacute;cup&amp;eacute;ration et du recyclage &amp;raquo; au Qu&amp;eacute;bec, il suffit de donner aux citoyens les moyens d&#039;assimiler de nouvelles r&amp;egrave;gles soci&amp;eacute;tales pour changer leurs habitudes. Si le syst&amp;egrave;me suisse ou allemand sont reconnus pour leurs efficacit&amp;eacute;s, c&#039;est qu&#039;il est devenu plus difficile, mat&amp;eacute;riellement et psychologiquement, de jeter les d&amp;eacute;tritus que de recycler et de d&amp;eacute;poser son m&amp;eacute;got l&amp;agrave; o&amp;ugrave; il se doit. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Ironie de la situation, ce sont des int&amp;eacute;r&amp;ecirc;ts priv&amp;eacute;s qui ont su appr&amp;eacute;cier &amp;agrave; sa juste valeur la probl&amp;eacute;matique du m&amp;eacute;got en lan&amp;ccedil;ant sur le march&amp;eacute; des cendriers de poche sans odeur et facile &amp;agrave; transporter. De m&amp;ecirc;me, l&#039;Association canadienne des industries du plastique est presque la seule, sur Internet , &amp;agrave; souligner l&#039;importance du &amp;laquo; grand nettoyage &amp;raquo; national et &amp;agrave; inviter les citoyens &amp;agrave; y participer. Puisque le cynisme industriel est opportun lorsque la politique environnementale est d&amp;eacute;faillante, on peut s&#039;attendre &amp;agrave; voir les multinationales du tabac lancer une campagne de pr&amp;eacute;vention contre les m&amp;eacute;faits du m&amp;eacute;got sur l&#039;&amp;eacute;cosyst&amp;egrave;me. Avec l&#039;arriv&amp;eacute;e de gros capitaux, certains s&#039;engageront peut-&amp;ecirc;tre dans une politique environnementale rentable.&lt;/p&gt;        &lt;/div&gt;
        &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/fieldset&gt;
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                    &lt;img alt=&quot;megot3_fp.jpg&quot; src=&quot;http://dominionpaper.ca/img/francais/megot3_fp.jpg&quot; width=&quot;230&quot; height=&quot;133&quot; /&gt; Le m&amp;eacute;got cause &amp;eacute;galement de s&amp;eacute;rieux dommages dans le milieu aquatique, forestier et humain, &amp;eacute;crit &lt;strong&gt;Vivien Jaboeuf&lt;/strong&gt;        &lt;/div&gt;
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 <category domain="http://www.dominionpaper.ca/author/vivien_jaboeuf">Vivien Jaboeuf</category>
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 <pubDate>Wed, 06 Apr 2005 04:38:37 +0000</pubDate>
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 <title>L&#039;Argentine: Survivre par le Troc</title>
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    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
            &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;
                    &lt;p&gt;Le 9 mars 2004, le gouvernement argentin et le Fonds Mon&amp;eacute;taire International sont parvenus &amp;agrave; un accord de derni&amp;egrave;re minute &amp;eacute;vitant ainsi la cessation du paiement de la dette de l&#039;Argentine &amp;eacute;valu&amp;eacute;e &amp;agrave; plus de 150 milliards de dollars. D&amp;eacute;consid&amp;eacute;r&amp;eacute; par la grande organisation financi&amp;egrave;re, en 2001, l&#039;ancien &amp;laquo; bon &amp;eacute;l&amp;egrave;ve &amp;raquo; du FMI avait sombr&amp;eacute;, du jour au lendemain, dans une crise &amp;eacute;conomique sans pr&amp;eacute;c&amp;eacute;dent. Les gouvernements sont tomb&amp;eacute;s les uns apr&amp;egrave;s les autres et les Argentins, apr&amp;egrave;s avoir tout perdu et s&#039;&amp;ecirc;tre vu refuser l&#039;acc&amp;egrave;s &amp;agrave; leurs &amp;eacute;pargnes banquaires, ont &amp;eacute;t&amp;eacute; forc&amp;eacute;s d&#039;imaginer des solutions pour survivre. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;A cause de ce d&amp;eacute;sastre &amp;eacute;conomique et social, le pays a m&amp;ecirc;me fini par &amp;ecirc;tre classer parmis les pays du Tiers Monde : 14 millions de d&amp;eacute;munis (sur 37 millions d&#039;individus), dont 5 millions vivant au-dessous du seuil de pauvret&amp;eacute;.  Plus de 200 000 argentins ont quitt&amp;eacute; le pays et 20 % de la population vit maintenant gr&amp;acirc;ce &amp;agrave; une &amp;eacute;conomie parall&amp;egrave;le ing&amp;eacute;nieuse o&amp;ugrave; l&#039;argent n&#039;existe pas : le troc, soit la forme d&#039;&amp;eacute;change &amp;eacute;conomique la plus vieille du monde. Totalisant des transactions d&#039;un montant &amp;eacute;quivalant &amp;agrave; 100 millions de dollars par an,  les &amp;laquo; clubs de troc &amp;raquo; semblent s&#039;imposer comme le rem&amp;egrave;de &amp;agrave; la pauvret&amp;eacute; et au ch&amp;ocirc;mage dans lesquels s&#039;enlise la population.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alternative &amp;agrave; une monnaie qui n&#039;a plus de valeur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;div class=&quot;imagebox&quot; style=&quot;width:200px;&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;trueque_web.jpg&quot; src=&quot;http://dominionpaper.ca/img/francais/trueque_web.jpg&quot; width=&quot;200&quot; height=&quot;267&quot; /&gt; Photo: Indymedia Argentine &lt;/div&gt; Le premier &amp;laquo; club de trueque &amp;raquo; (club de troc) est n&amp;eacute; en 1995 &amp;agrave; l&#039;initiative d&#039;une vingtaine de personnes pour pallier la crise mexicaine dont la rapide propagation, appel&amp;eacute;e &amp;laquo; l&#039;effet tequila &amp;raquo;, avait touch&amp;eacute; l&#039;Argentine de plein fouet. Le troc est vite devenu populaire aupr&amp;egrave;s des citoyens apeur&amp;eacute;s et ne pouvant plus faire confiance &amp;agrave; un gouvernement incapable de les nourrir. 

&lt;p&gt;D&amp;egrave;s 1999, plus de 150 000 personnes et plus du double apr&amp;egrave;s 2001 ont particip&amp;eacute; au syst&amp;egrave;me de troc. Tout est parti de la banlieue de Buenos Aires o&amp;ugrave; la population, &amp;agrave; d&amp;eacute;faut d&#039;argent, a commenc&amp;eacute; &amp;agrave; s&#039;&amp;eacute;changer des services. Par exemple, un jeune &amp;eacute;tudiant aidait une dame &amp;agrave; r&amp;eacute;parer sa plomberie et cette derni&amp;egrave;re, en guise de paiement, lui pr&amp;eacute;parait des plats cuisin&amp;eacute;s pour la semaine. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Rapidement, leurs id&amp;eacute;es ont &amp;eacute;volu&amp;eacute; en fonction des besoins de la population. Ce syst&amp;egrave;me d&#039;&amp;eacute;change touchant bient&amp;ocirc;t tous les secteurs d&#039;activit&amp;eacute;s (certains services de sant&amp;eacute; se troquant contre du pain ou des &amp;oelig;ufs), il est apparu n&amp;eacute;cessaire pour les citoyens de se constituer en club. Les clubs de troc ont encourag&amp;eacute; alors les ch&amp;ocirc;meurs et les plus d&amp;eacute;munis &amp;agrave; produire leurs propres biens et services puis &amp;agrave; les &amp;eacute;changer ensuite sur le march&amp;eacute; &amp;laquo; social &amp;raquo;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le nombre de personnes concern&amp;eacute;es par le troc augmentant de fa&amp;ccedil;on constante, les participants ont &amp;eacute;t&amp;eacute; oblig&amp;eacute;s de comptabiliser les &amp;eacute;changes et de les instrumentaliser. D&amp;eacute;sormais, des bons, portant le nom de &amp;laquo; creditos &amp;raquo;, sont &amp;eacute;mis sur une base de confiance,  principe fondamental du R&amp;eacute;seau Global de Troc regroupant tous les clubs de troc : &amp;laquo; Les seules conditions que nous demandons aux membres du R&amp;eacute;seau de respecter sont d&#039;assister aux r&amp;eacute;unions p&amp;eacute;riodiques des groupes, de s&#039;engager dans les programmes de formation, de produire, de consommer des biens et des services et d&#039;&amp;eacute;changer le savoir &amp;agrave; l&#039;int&amp;eacute;rieur du R&amp;eacute;seau. Nous soutenons que chaque membre est l&#039;unique responsable de ses actes, produits et services &amp;raquo;. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Les &amp;laquo; creditos &amp;raquo; sont des &amp;laquo; cr&amp;eacute;dits &amp;agrave; l&#039;heure &amp;raquo; qui permettent de revenir &amp;agrave; la v&amp;eacute;ritable &amp;laquo; monnaie &amp;raquo; d&#039;&amp;eacute;change qu&#039;est le travail : on &amp;eacute;change des heures de travail plut&amp;ocirc;t qu&#039;une monnaie abstraite. Il circule aujourd&#039;hui plus de 200 millions de cr&amp;eacute;dits, soit 80 % des monnaies existantes en Argentine (pesos, dollars, monnaies provinciales). &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une &amp;eacute;conomie parall&amp;egrave;le qui prend de l&#039;importance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Les r&amp;eacute;seaux de troc ont permis &amp;agrave; la population de rem&amp;eacute;dier &amp;agrave; ses probl&amp;egrave;mes d&#039;argent en jonglant avec deux syst&amp;egrave;mes &amp;eacute;conomiques : d&#039;un c&amp;ocirc;t&amp;eacute;, les pesos des salaires paient le loyer, les frais scolaires et les imp&amp;ocirc;ts ; de l&#039;autre, les &amp;laquo; creditos &amp;raquo; permettent de remplir le frigidaire et de s&#039;habiller.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Selon Eduardo Ovalle, du groupe de r&amp;eacute;flexion &amp;laquo; Nueva Mayoria  &amp;raquo;, &amp;laquo; rejoindre les milliers de gens qui vivent actuellement sans argent -ou presque- gr&amp;acirc;ce au troc, c&#039;est la seule mani&amp;egrave;re de subsister en Argentine. Celle-ci est assez commune dans la classe ouvri&amp;egrave;re, mais elle s&#039;est r&amp;eacute;cemment r&amp;eacute;pandue dans tous les &amp;eacute;chelons de la soci&amp;eacute;t&amp;eacute; et m&amp;ecirc;me dans les pays voisins &amp;raquo;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;En effet, des exp&amp;eacute;riences similaires se d&amp;eacute;veloppent au Br&amp;eacute;sil, en Uruguay, en Bolivie, en &amp;Eacute;quateur ou encore en Colombie. Synonyme de coup de pouce de fin de mois, les clubs de troc ont donn&amp;eacute; lieu, par la suite, &amp;agrave; une v&amp;eacute;ritable &amp;eacute;conomie parall&amp;egrave;le qui a permis la participation d&#039;autres acteurs sociaux, en particulier l&#039;&amp;Eacute;tat. En 1997, le secr&amp;eacute;taire des Affaires sociales de Buenos Aires, ayant compris les b&amp;eacute;n&amp;eacute;fices des &amp;eacute;changes de biens et services, a &amp;eacute;tabli un programme d&#039;appui au troc multi-r&amp;eacute;ciproque qui l&amp;eacute;gitime implicitement les op&amp;eacute;rations en cr&amp;eacute;dits &amp;eacute;mis par les usagers. Le soutien officiel de la capitale &amp;agrave; ce syst&amp;egrave;me ouvre de nouvelles perspectives &amp;agrave; ce qui &amp;eacute;tait jadis consid&amp;eacute;r&amp;eacute; comme un &amp;laquo; march&amp;eacute; noir &amp;raquo;. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Ainsi, le gouvernement pousse-t-il les entreprises &amp;agrave; s&#039;adapter aux exigences d&#039;un syst&amp;egrave;me &amp;eacute;conomique &amp;agrave; deux march&amp;eacute;s autonomes. Certains maires acceptent m&amp;ecirc;me le troc direct en paiement des retards d&#039;imp&amp;ocirc;ts : un m&amp;eacute;canicien peut rembourser sa dette en r&amp;eacute;parant des voitures. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Selon Heloisa Primavera, professeur &amp;agrave; la Facult&amp;eacute; des sciences &amp;eacute;conomiques de Buenos Aires et participant actif au r&amp;eacute;seau, la &amp;laquo; victoire n&#039;est pas seulement d&#039;avoir r&amp;eacute;invent&amp;eacute; la vie en r&amp;eacute;inventant le march&amp;eacute;, nous avons surtout ouvert un chemin aux exclus du progr&amp;egrave;s social et de la croissance &amp;eacute;conomique &amp;raquo;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Solution vou&amp;eacute;e &amp;agrave; l&#039;&amp;eacute;chec?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Cependant les &amp;eacute;conomistes sont de plus en plus inquiets devant la mont&amp;eacute;e fulgurante de cette &amp;eacute;conomie o&amp;ugrave; l&#039;argent n&#039;existe plus. Selon  Marshall Goldman, &amp;eacute;conomiste am&amp;eacute;ricain, le troc pourrait avoir des cons&amp;eacute;quences aussi d&amp;eacute;sastreuses en Argentine qu&#039;en Russie il y a dix ans.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Avant la chute de l&#039;&amp;eacute;conomie russe, en 1998, le troc &amp;eacute;quivalait &amp;agrave; pr&amp;egrave;s de la moiti&amp;eacute; des transactions commerciales. Or, &amp;agrave; cette &amp;eacute;chelle, rappelle Goldman,  l&#039;&amp;eacute;change de biens et de services encourage l&#039;&amp;eacute;vasion fiscale, l&#039;inefficacit&amp;eacute; et la corruption. Mais, pour lui, tout n&#039;est pas sans espoir : &amp;laquo; Le troc est un signe que quelque chose ne tourne pas rond dans l&#039;&amp;eacute;conomie, mais c&#039;est aussi la preuve que les gens tentent de s&#039;en sortir et de relancer la production &amp;raquo;. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;L&#039;&amp;eacute;conomie argentine est en effet malade, mais le troc semble une solution plus que salutaire pour une population qui n&#039;aurait jamais pu survivre sans entraide. Aujourd&#039;hui, les &amp;laquo; creditos &amp;raquo; donnent acc&amp;egrave;s aux soins de sant&amp;eacute;, permettent de payer ses imp&amp;ocirc;ts et m&amp;ecirc;me de prendre l&#039;avion. C&#039;est &amp;agrave; se demander si le troc n&#039;est pas la solution d&#039;avenir&amp;hellip;&lt;/p&gt;        &lt;/div&gt;
        &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/fieldset&gt;
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                    &lt;img alt=&quot;trueque_fp.jpg&quot; src=&quot;http://dominionpaper.ca/img/francais/trueque_fp.jpg&quot; width=&quot;230&quot; height=&quot;133&quot; /&gt;  Le troc est vite devenu populaire aupr&amp;egrave;s des citoyens apeur&amp;eacute;s et ne pouvant plus faire confiance &amp;agrave; un gouvernement incapable de les nourrir. &lt;strong&gt;Par Rim Boukhssimi&lt;/strong&gt;        &lt;/div&gt;
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 <category domain="http://www.dominionpaper.ca/author/rim_boukhssimi">Rim Boukhssimi</category>
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 <pubDate>Wed, 23 Feb 2005 10:02:14 +0000</pubDate>
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