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 <title>The Dominion - François-Marie Le Baud</title>
 <link>http://www.dominionpaper.ca/taxonomy/term/346/0</link>
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 <title>Se pourrait-il enfin que justice soit faite au Cambodge?</title>
 <link>http://www.dominionpaper.ca/francais/2005/01/10/se_pourrai.html</link>
 <description>&lt;fieldset class=&quot;fieldgroup group-content&quot;&gt;&lt;div class=&quot;field field-type-text field-field-extended&quot;&gt;
    &lt;div class=&quot;field-items&quot;&gt;
            &lt;div class=&quot;field-item odd&quot;&gt;
                    &lt;p&gt;	Le 4 octobre dernier, apr&amp;egrave;s plusieurs mois d&#039;&amp;acirc;pres n&amp;eacute;gociations entre les diff&amp;eacute;rents chefs politiques du pays, le Parlement cambodgien a ratifi&amp;eacute; une loi ouvrant la voie &amp;agrave; la mise en place d&#039;un tribunal avec la participation de l&#039;Organisation des Nations Unies. L&#039;objet de ce tribunal est le jugement des chefs khmers rouges responsables, durant le r&amp;egrave;gne du Kampuch&amp;eacute;a d&amp;eacute;mocratique, entre avril 1975 et janvier 1979, d&#039;un g&amp;eacute;nocide au cours duquel plus de 1,7 million d&#039;hommes, de femmes et d&#039;enfants trouv&amp;egrave;rent la mort - soit environ un quart de la population du royaume, &amp;agrave; l&#039;&amp;eacute;poque.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;	Jamais la pr&amp;eacute;paration d&#039;un proc&amp;egrave;s de ce type n&#039;aura &amp;eacute;t&amp;eacute; aussi longue et difficile. Il aura fallu plus de cinq ans de pourparlers pour que le Cambodge accepte de signer en juin 2003 un accord avec l&#039;ONU. Durant ce laps de temps, le gouvernement du premier ministre Hun Sen et les Nations unies - qui ne voulaient pas laisser le contr&amp;ocirc;le politique du proc&amp;egrave;s &amp;agrave; Hun Sen - se sont renvoy&amp;eacute;s les projets d&#039;accord. Seule l&#039;intervention pressante des Etats-Unis, de la France et du Japon aura permis de faire avancer le dossier. La ratification de l&#039;accord par le Parlement cambodgien avait &amp;eacute;galement &amp;eacute;t&amp;eacute; retard&amp;eacute;e &amp;agrave; cause d&#039;un blocage institutionnel interne - le corps l&amp;eacute;gislatif du pays ne fonctionnait plus depuis les &amp;eacute;lections l&amp;eacute;gislatives de juillet 2003 car les r&amp;eacute;sultats fortement contest&amp;eacute;s avaient emp&amp;ecirc;ch&amp;eacute; la formation d&#039;un gouvernement de coalition. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;	A ce jour, aucun des dirigeants importants du r&amp;eacute;gime des Khmers rouges n&#039;a encore &amp;eacute;t&amp;eacute; traduit en justice. Apr&amp;egrave;s tant d&#039;ann&amp;eacute;es, comment expliquer que nul proc&amp;egrave;s n&#039;ait &amp;eacute;t&amp;eacute; intent&amp;eacute; contre les pr&amp;eacute;sum&amp;eacute;s responsables d&#039;un des plus grands g&amp;eacute;nocides du vingti&amp;egrave;me si&amp;egrave;cle avec la Shoah, le Rwanda ou encore l&#039;ex-Yougoslavie ? &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;	Avant que des responsables de crimes de guerre, de crimes contre l&#039;humanit&amp;eacute; ou encore de g&amp;eacute;nocide puissent &amp;ecirc;tre inculp&amp;eacute;s, il faut que des preuves soient r&amp;eacute;unies et port&amp;eacute;es &amp;agrave; la connaissance du public et des experts juridiques. Peu importe leur identit&amp;eacute;, les accus&amp;eacute;s sont consid&amp;eacute;r&amp;eacute;s comme innocents avant d&#039;&amp;ecirc;tre reconnus coupables. La recherche des preuves, dans un premier temps, aura accapar&amp;eacute; de nombreuses ann&amp;eacute;es. Un travail d&#039;autant plus fastidieux que les faits remontent &amp;agrave; plus d&#039;un quart de si&amp;egrave;cle et que tout, ou presque, a &amp;eacute;t&amp;eacute; fait pour qu&#039;ils restent enfouis au plus profond de la m&amp;eacute;moire collective.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une proc&amp;eacute;dure fastidieuse &amp;agrave; mettre en place&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;	Et l&amp;agrave; encore, l&#039;intervention internationale a &amp;eacute;t&amp;eacute; cruciale. En 1994, le Congr&amp;egrave;s am&amp;eacute;ricain a adopt&amp;eacute; une loi relative au g&amp;eacute;nocide commis au Cambodge. Cette derni&amp;egrave;re a permis la cr&amp;eacute;ation d&#039;un bureau sp&amp;eacute;cial au sein du D&amp;eacute;partement d&#039;Etat charg&amp;eacute; des enqu&amp;ecirc;tes. Le but &amp;eacute;tait de faire appel &amp;agrave; des organismes capables de r&amp;eacute;unir les &amp;eacute;l&amp;eacute;ments qui permettraient de juger les responsables. C&#039;est l&#039;Universit&amp;eacute; de Yale qui a gagn&amp;eacute; cet appel d&#039;offre et qui a mis en place, sous la direction du professeur Ben Kiernan, un programme permettant de r&amp;eacute;unir dans une banque de donn&amp;eacute;es des milliers de documents, de photographies et d&#039;autres pi&amp;egrave;ces probantes. Des fichiers qui sont d&amp;eacute;sormais &amp;agrave; la disposition des parties du futur proc&amp;egrave;s, mais aussi des familles des victimes cambodgiennes par le truchement du Centre de documentation du Cambodge, bas&amp;eacute; &amp;agrave; Phnom Penh.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;	Une fois les preuves r&amp;eacute;unies, restait &amp;agrave; d&amp;eacute;finir quelle juridiction aurait comp&amp;eacute;tence pour traiter ce type de crimes. La mise en oeuvre r&amp;eacute;cente des tribunaux p&amp;eacute;naux internationaux pour le Rwanda et l&#039;ex-Yougoslavie laissait pr&amp;eacute;sager la cr&amp;eacute;ation d&#039;une instance internationale sous l&#039;&amp;eacute;gide de l&#039;ONU. Il n&#039;en sera rien. Les n&amp;eacute;gociations avec le gouvernement local ont abouti &amp;agrave; un autre mode de fonctionnement : le &amp;laquo; tribunal cambodgien &amp;agrave; caract&amp;egrave;re international &amp;raquo;. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;	Arguant de sa souverainet&amp;eacute;, le Cambodge a tenu &amp;agrave; garder un contr&amp;ocirc;le sur la proc&amp;eacute;dure judiciaire, en particulier sur l&#039;instruction et l&#039;inculpation. Ainsi l&#039;organisation des Nations Unies accompagnera les proc&amp;eacute;dures mais sans les diriger. Des chambres extraordinaires seront cr&amp;eacute;&amp;eacute;es au sein des tribunaux cambodgiens et fonctionneront avec l&#039;assistance et l&#039;accompagnement de la communaut&amp;eacute; internationale. Les juges, les avocats et les procureurs, en grande majorit&amp;eacute; cambodgiens, se verront &amp;eacute;paul&amp;eacute;s par des experts internationaux et du personnel judiciaire qui ne s&#039;impliqueront pas de mani&amp;egrave;re directe. Les verdicts seront rendus &amp;agrave; la majorit&amp;eacute; plus une voix et devront imp&amp;eacute;rativement inclure le vote, au minimum, de l&#039;un des juges internationaux d&amp;eacute;sign&amp;eacute;s par l&#039;ONU. Cependant, cette derni&amp;egrave;re aura la possibilit&amp;eacute; de se retirer si elle estime que le tribunal c&amp;egrave;de &amp;agrave; des pressions politiques ou si elle n&#039;est pas satisfaite du d&amp;eacute;roulement du proc&amp;egrave;s.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Trop peu de responsables soumis &amp;agrave; la justice&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;	D&#039;autre part, de nombreux aspects de la proc&amp;eacute;dure restent encore flous, comme par exemple la d&amp;eacute;signation des accus&amp;eacute;s ou encore la p&amp;eacute;riode couverte par l&#039;instruction. La loi pr&amp;eacute;voit que seuls &amp;laquo; les plus hauts responsables &amp;raquo; du r&amp;eacute;gime khmer rouge et les responsables &amp;laquo; des plus s&amp;eacute;rieux crimes commis &amp;raquo; seront jug&amp;eacute;s. En outre, seuls les crimes perp&amp;eacute;tr&amp;eacute;s sous le r&amp;eacute;gime de Pol Pot (d&#039;avril 1975 &amp;agrave; janvier 1979) rentreront dans le champ d&#039;application de la proc&amp;eacute;dure judiciaire.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;	Etant donn&amp;eacute; le temps &amp;eacute;coul&amp;eacute; depuis les faits, une petite dizaine de chefs tout au plus seraient concern&amp;eacute;s par le proc&amp;egrave;s et pourraient &amp;ecirc;tre mis en examen. Or, la majorit&amp;eacute; d&#039;entre eux coulent des jours paisibles en libert&amp;eacute;, &amp;agrave; Phnom Penh, la capitale, ou bien &amp;agrave; Pa&amp;iuml;lin, pr&amp;egrave;s de la fronti&amp;egrave;re tha&amp;iuml;landaise, qui abritait les bastions de la gu&amp;eacute;rilla et o&amp;ugrave; s&#039;&amp;eacute;tait r&amp;eacute;fugi&amp;eacute; Pol Pot avant sa mort myst&amp;eacute;rieuse en 1998. Seulement deux responsables sont aujourd&#039;hui incarc&amp;eacute;r&amp;eacute;s et en attente d&#039;un jugement : Ta Mok, surnomm&amp;eacute; &amp;laquo; le boucher &amp;raquo;, ancien chef de l&#039;arm&amp;eacute;e de la r&amp;eacute;gion du sud-ouest, et Kang Khek Leu, dit &amp;laquo; Doutch &amp;raquo;, en charge du tristement c&amp;eacute;l&amp;egrave;bre centre de d&amp;eacute;tention S21 o&amp;ugrave; ont p&amp;eacute;ri sous ses ordres plusieurs dizaines de milliers de personnes . Les autres membres importants appel&amp;eacute;s &amp;agrave; compara&amp;icirc;tre devraient &amp;ecirc;tre Khieu Sampan, l&#039;ancien chef d&#039;Etat, Ieng Sary, l&#039;ancien ministre des Affaires &amp;eacute;trang&amp;egrave;res et Nuon Chea, l&#039;ancien num&amp;eacute;ro deux et id&amp;eacute;ologue du r&amp;eacute;gime.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;	Ces septuag&amp;eacute;naires sont bien conscients du poids historique de leurs t&amp;eacute;moignages. Tous clament aujourd&#039;hui qu&#039;ils sont pr&amp;ecirc;ts &amp;agrave; &amp;laquo; d&amp;eacute;baller le pass&amp;eacute; comme le pr&amp;eacute;sent &amp;raquo;, tout en pr&amp;eacute;cisant ne pas avoir un quelconque lien avec la politique men&amp;eacute;e &amp;agrave; cette p&amp;eacute;riode. Durant toutes ces ann&amp;eacute;es, le proc&amp;egrave;s des anciens dirigeants khmers rouges s&#039;est donc heurt&amp;eacute; &amp;agrave; la crainte de ceux qui ont eu &amp;agrave; faire, de pr&amp;egrave;s ou de loin, avec ce r&amp;eacute;gime. Il est aujourd&#039;hui de notori&amp;eacute;t&amp;eacute; publique qu&#039;un grand nombre de dirigeants du pays sont d&#039;anciens khmers rouges. Ainsi, l&#039;actuel premier ministre, Hun Sen, &amp;eacute;tait chef de r&amp;eacute;giment (avant de faire d&amp;eacute;fection au Vietnam en 1977). De m&amp;ecirc;me, Chea Sim, le pr&amp;eacute;sident du S&amp;eacute;nat, est un ancien chef de district khmer rouge, tout comme les juges les plus hauts plac&amp;eacute;s de la magistrature ou encore certains membres du Parti du Peuple Cambodgien (PPC, ex-communiste). Les accus&amp;eacute;s seraient-ils donc en passe d&#039;&amp;ecirc;tre jug&amp;eacute;s par leurs anciens amis ?&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;	Rares sont les politiciens cambodgiens qui n&#039;ont pas eu de liens &amp;agrave; un certain moment avec les r&amp;eacute;volutionnaires polpotistes, qu&#039;ils aient &amp;eacute;t&amp;eacute; dans la r&amp;eacute;sistance anti-am&amp;eacute;ricaine pendant la guerre civile (1970-75), au pouvoir (1975-79) ou dans les maquis de l&#039;opposition au r&amp;eacute;gime provietnamien de Phnom Penh, apr&amp;egrave;s 1979. Mais ils ne sont pas les seuls, et un tel proc&amp;egrave;s risque d&#039;embarrasser &amp;eacute;galement la communaut&amp;eacute; internationale. La Chine, en premier lieu, l&#039;alli&amp;eacute;e id&amp;eacute;ologique de la dictature de Pol Pot et dont les milliers d&#039;experts militaires ont &amp;eacute;t&amp;eacute; tr&amp;egrave;s actifs dans &amp;laquo; les champs de la mort &amp;raquo; cambodgiens. Ou bien encore les pays occidentaux, comme la France et les Etats-Unis, qui ont soutenu &amp;agrave; des degr&amp;eacute;s divers la gu&amp;eacute;rilla khm&amp;egrave;re rouge lorsqu&#039;elle luttait contre le r&amp;eacute;gime provietnamien de 1979 &amp;agrave; 1989. De son c&amp;ocirc;t&amp;eacute;, la Tha&amp;iuml;lande a h&amp;eacute;berg&amp;eacute; sur son territoire des dignitaires polpotistes jusqu&#039;&amp;agrave; la fin officielle du mouvement en 1998. M&amp;ecirc;me l&#039;ONU n&#039;est pas exempt de critiques puisque les Khmers rouges ont conserv&amp;eacute; leur si&amp;egrave;ge &amp;agrave; New York des ann&amp;eacute;es apr&amp;egrave;s avoir &amp;eacute;t&amp;eacute; chass&amp;eacute;s du pouvoir en 1979.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un proc&amp;egrave;s co&amp;ucirc;teux &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;	Finalement, le dernier obstacle &amp;agrave; surmonter a &amp;eacute;t&amp;eacute; de trouver des volontaires cambodgiens ou internationaux qui seraient pr&amp;ecirc;ts &amp;agrave; financer le proc&amp;egrave;s. En effet, des fonds importants doivent &amp;ecirc;tre engag&amp;eacute;s pour donner &amp;agrave; l&#039;instruction puis, dans un second temps, &amp;agrave; un tribunal les moyens de fonctionner (interpr&amp;eacute;tariat, formation des avocats et des juges, protection des t&amp;eacute;moins et des accus&amp;eacute;s). D&amp;egrave;s le d&amp;eacute;part, le Premier ministre Hun Sen a fait savoir que le Cambodge, l&#039;un des dix pays les plus pauvres au monde, ne pourrait financer que les salles d&#039;audience et la s&amp;eacute;curit&amp;eacute;. L&#039;ONU, quant &amp;agrave; elle, estime que le proc&amp;egrave;s co&amp;ucirc;terait environ 60 millions de dollars am&amp;eacute;ricains sur trois ans. Ce chiffre exc&amp;egrave;de de beaucoup les sommes que les principaux pays donateurs (Japon, France, Etats-Unis, Australie) sont dispos&amp;eacute;s &amp;agrave; fournir. Les n&amp;eacute;gociations ont donc du reprendre.&lt;br /&gt;
	&lt;br /&gt;
	Quoi qu&#039;il en soit, les donateurs esp&amp;egrave;rent que l&#039;utilisation des fonds (quel que soit le montant finalement allou&amp;eacute;) fera l&#039;objet d&#039;un suivi bien particulier. Ils craignent en effet que le gouvernement cambodgien ne d&amp;eacute;tourne une partie des sommes comme il le fait depuis des ann&amp;eacute;es avec l&#039;argent de l&#039;aide internationale. A ce sujet, une &amp;eacute;tude de la Banque mondiale a d&amp;eacute;montr&amp;eacute; que les juges, dont le salaire mensuel est de 500 dollars am&amp;eacute;ricains, auraient besoin d&#039;un minimum de 4000 dollars pour assurer leur train de vie ! Dans la m&amp;ecirc;me veine, le pays d&amp;eacute;tient le record mondial du nombre de ministres et secr&amp;eacute;taires d&#039;Etat : 330.  Le Cambodge est ainsi r&amp;eacute;guli&amp;egrave;rement class&amp;eacute; par la Banque mondiale dans le top 5 des pays les plus corrompus au monde.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Rien ne garantit donc aux plaignants le droit &amp;agrave; un proc&amp;egrave;s juste et &amp;eacute;quitable. Et pourtant, toutes les parties en ont accept&amp;eacute; l&#039;id&amp;eacute;e. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une proc&amp;eacute;dure imparfaite pour satisfaire les int&amp;eacute;r&amp;ecirc;ts sup&amp;eacute;rieurs de la Nation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;	Pour le gouvernement du premier ministre Hun Sen, le proc&amp;egrave;s doit permettre au Cambodge d&#039;&amp;ecirc;tre accept&amp;eacute; comme membre &amp;agrave; part enti&amp;egrave;re au sein de la communaut&amp;eacute; internationale. Comme le pr&amp;eacute;cisait il y a quelques ann&amp;eacute;es le ministre tha&amp;iuml;landais des Affaires &amp;eacute;trang&amp;egrave;res, Surin Pitsuwan, &amp;laquo; si le Cambodge veut faire partie de la communaut&amp;eacute; internationale et &amp;ecirc;tre reconnu, alors il doit r&amp;eacute;gler le probl&amp;egrave;me &amp;raquo; du proc&amp;egrave;s des Khmers rouges. Les effets ne se sont pas fait attendre. En septembre 2003, trois mois apr&amp;egrave;s l&#039;accord pass&amp;eacute; entre les deux parties, la candidature cambodgienne aupr&amp;egrave;s de l&#039;Organisation Mondiale du Commerce &amp;eacute;tait approuv&amp;eacute;e. Le Cambodge frappait &amp;agrave; la porte depuis plus de 10 ans. Son entr&amp;eacute;e dans l&#039;organisation internationale a &amp;eacute;t&amp;eacute; officialis&amp;eacute;e le mercredi 13 octobre 2004, soit &amp;agrave; peine quelques jours apr&amp;egrave;s la ratification par le Parlement cambodgien de l&#039;accord avec l&#039;ONU. Hasard du calendrier, certains s&#039;empresseront d&#039;ajouter. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;	D&#039;un autre c&amp;ocirc;t&amp;eacute;, il est certain que les poursuites &amp;agrave; l&#039;encontre des anciens dirigeants Khmers rouges ne seront pas parfaites. Seul une poign&amp;eacute;e de grabataires seront jug&amp;eacute;s selon les termes de l&#039;accord quand on sait pertinemment que des milliers de Cambodgiens encore en vie aujourd&#039;hui ont particip&amp;eacute; d&amp;eacute;lib&amp;eacute;r&amp;eacute;ment aux massacres. Pol Pot, le leader embl&amp;eacute;matique de ce r&amp;eacute;gime sanguinaire est officiellement d&amp;eacute;c&amp;eacute;d&amp;eacute; en 1998 (sans que personne n&#039;ait jamais pu voir sa d&amp;eacute;pouille). Mais ce jugement apportera au pays un exemple du pouvoir de la justice dont il a bien besoin - la culture de l&#039;impunit&amp;eacute; faisant actuellement trop souvent force de loi - et devrait permettre une r&amp;eacute;forme profonde du syst&amp;egrave;me l&amp;eacute;gal.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;	Enfin, que dire des dizaines de milliers de victimes qui portent encore dans leurs chairs les s&amp;eacute;quelles de &amp;laquo; la r&amp;eacute;&amp;eacute;ducation polpotiste &amp;raquo;. Il suffit de se promener dans les rues de Phnom Penh pour croiser d&#039;anciennes victimes arborant des cicatrices &amp;agrave; hauteur de m&amp;acirc;choire ou encore de profondes balafres en travers du front. Presque toutes les familles cambodgiennes ont perdu des parents pendant cette p&amp;eacute;riode. Ils attendent au minimum une reconnaissance officielle des crimes dont ils ont &amp;eacute;t&amp;eacute; victimes. Selon un sondage publi&amp;eacute; derni&amp;egrave;rement, 80% des Cambodgiens seraient favorables au proc&amp;egrave;s. La tenue de ce dernier leur donnera le sentiment qu&#039;une certaine justice existe, m&amp;ecirc;me si l&#039;ampleur des crimes commis rend l&#039;id&amp;eacute;e d&#039;une peine proportionnelle illusoire. Ce sera alors l&#039;occasion de tourner enfin une page tragique de leur histoire. &amp;laquo; C&#039;est ce que j&#039;ai attendu depuis des ann&amp;eacute;es &amp;raquo;, a d&amp;eacute;clar&amp;eacute; l&#039;un des trop rares survivants du camp S21, &amp;agrave; l&#039;annonce du proc&amp;egrave;s qui pourrait d&amp;eacute;buter en 2005.&lt;br /&gt;
&lt;/p&gt;        &lt;/div&gt;
        &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/fieldset&gt;
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                    Le 4 octobre dernier, apr&amp;egrave;s plusieurs mois d&#039;&amp;acirc;pres n&amp;eacute;gociations entre les diff&amp;eacute;rents chefs politiques du pays, le Parlement cambodgien a ratifi&amp;eacute; une loi ouvrant la voie &amp;agrave; la mise en place d&#039;un tribunal avec la participation de l&#039;Organisation des Nations Unies. &lt;span class=&quot;author&quot;&gt;Par Fran&amp;ccedil;ois-Marie Le Baud&lt;/span&gt;        &lt;/div&gt;
        &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
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 <category domain="http://www.dominionpaper.ca/author/francois_marie_le_baud">François-Marie Le Baud</category>
 <category domain="http://www.dominionpaper.ca/section/francais">Français</category>
 <pubDate>Tue, 11 Jan 2005 04:47:54 +0000</pubDate>
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